Suzy Simon-Nicaise, adjointe au maire UMP de Perpignan, nous prie d’insérer :

« Qui ment Monsieur Aliot ? Monsieur Aliot, vos propos me laisseraient de marbre s’ils n’étaient pas à la fois choquants et déplacés. Vous qualifiez de « fonds de commerce » mon engagement auprès de ma communauté, pieds-noirs et harkis unis par le destin tragique que l’on sait. C’est une véritable insulte faite à leur histoire et à leur mémoire. Le mépris que vous manifestez à leur égard en les assimilant à des ‘’marchandises négociables’’ me choque profondément.

Contrairement à vous Monsieur Aliot, je n’ai pas attendu des échéances électorales pour m’engager auprès de ma communauté. S’il est vrai que ma participation à la vie municipale, auprès de Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan, ne date que de 2009, mon engagement pour la reconnaissance du drame que nous avons vécu, nous autres pieds-noirs et harkis, date de près de quarante ans. Je n’ai pas durant ces années cherché à briller sur des plateaux de télévision ou ailleurs, j’ai œuvré au quotidien discrètement, efficacement, en travaillant beaucoup et en ne m’agitant pas inutilement à l’instar de certains de vos amis. C’est au sein de l’association Cercle algérianiste forte de ses 10 000 adhérents et auprès de toutes les associations de Pieds-Noirs et Harkis qui m’ont sollicitée que j’ai pu faire avancer et aboutir des projets, en collaboration avec toutes les bonnes volontés qui avec moi ont dépensé sans compter leur temps et leur argent. Non, Monsieur Aliot, tout cela n’est pas mon « fonds de commerce », car je n’ai rien à vendre moi ! Je n’en vis pas moi ! Mon engagement de 40 ans a débuté à Rivesaltes dans le camp, avec mon père auprès de nos compatriotes harkis.

Les résultats du travail mené depuis toutes ces années ne m’appartiennent pas, pas plus qu’à vous ; ils appartiennent à nos compatriotes pieds-noirs et harkis, leurs familles, leurs enfants et à la communauté nationale pour que perdure une page de son histoire trop souvent souillée par la bien-pensance de gauche. C’est la raison pour laquelle je considère que vous devez des excuses à tous les Français d’Algérie pour les avoir ainsi traités. Monsieur Aliot, vos propos agressifs pour tenter de justifier votre attitude déplacée et celle de vos amis à la suite de la commémoration officielle du 5 décembre, sont bien la preuve que c’est vous qui êtes vraiment fébrile. Quant aux lunettes dont vous me conseillez l’utilisation, je vous invite bien volontiers à prendre les vôtres pour relire mes propos. A l’évidence, vous vous êtes énervé et avez réagi bien vite en me traitant de menteuse.

Qui ment monsieur Aliot ? En l’occurrence vous ! Vous êtes très mal informé, car force est de constater que votre ‘’KGB’’ local n’est pas à la pointe du renseignement. Vous écrivez à l’envie que j’appartiens à l’UMP, c’est faux. Je ne suis encartée dans aucun un parti politique. Ce n’est pas nouveau, vous le savez bien puisque j’ai aussi refusé d’adhérer au vôtre !

Alors Monsieur Aliot, j’espère croire qu’il existe des moments, même pour un professionnel de la politique, où le respect et la dignité doivent prendre le pas sur la volonté de récupération systématique. Quant à la jugeote, ne m’en veuillez pas, mais j’ai la faiblesse de préférer la mienne à la vôtre car grâce à elle, mes choix, mes amitiés, mes engagements pour la communauté des Français d’Algérie, mais aussi au service de l’action municipale et des perpignanais me permettent d’être sereine mais déterminée à ne laisser quiconque nous salir et nous insulter ».