Mardi à 15 h 30, salle Erignac de la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot à Perpignan, avait lieu une réunion dans le cadre du Schéma départemental de coopération intercommunale (SDIC)…

Parmi les personnalités locales qui y siégeaient : René Bidal, préfect des P-O, Jean-Paul Alduy (Parti radical), président de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération (l’agglo PMCA) et 1er adjoint de la Ville de Perpignan, Paul Blanc (UMP), ex-sénateur et toujours maire de Sournia, Jean Vila (PCF), maire de Cabestany et conseiller général du canton Perpignan III,  Guy Ilary, maire de Tautavel et président de l’association départementale des maires et des adjoints des P-O, Jean-Louis Démelin, maire de Font Romeu-Odeillo-Via, José Puig (MoDem), maire de Claira et président de la communauté de communes Salanque-Méditerranée, Mme Damienne Beffara (PS), maire de Millas, Robert Olive (PS), maire de Saint-Féliu d’Amont…

En introduction à la réunion, le nouveau préfet René Bidal a tenu à faire remarquer que la carte actuelle du SDCI datait déjà d’un an et qu’il envisageait à l’avenir de la réactualiser « tous les trois ou six mois » pour lui conserver une certaine dynamique et fiabilité.

Premier point examiné à l’ordre du jour : le souhait de la commune de Font Romeu-Odeillo-Via de quitter l’intercommunalité Pyrénées-Cerdagne, présidée par Georges Armengol (maire de Saillagouse et conseiller général) pour rejoindre la communauté de communes Capcir-Haut Conflent, présidée par Raymond Trilles (maire de Matemale).  Jean-Louis Démelin, maire de Font Romeu-Odeillo-Via, a souligné que l’ensemble des acteurs de Pyrénées-Cerdagne avait validé ce départ à l’unanimité – ce qu’a d’ailleurs confirmé Georges Armengol – du coup le préfet des P-O n’a eu qu’à faire passer ce choix au vote des membres du SDCI qui ont accepté, également à l’unanimité, que la commune de Font Romeu-Odeillo-Via accomplisse ce transfert.

Vint le second point conséquent de l’ordre du jour : il concernait l’extension de la communauté de communes Salanque-Méditerranée, présidée par José Puig (maire de Claira et conseiller général du canton de Saint-Laurent de la Salanque)… Extension dans le département voisin de l’Aude ! En fait, pour ceux qui s’apprêteraient à crier « à l’annexion du Pays Cathare ! », à proprement parler et à vrai dire au plus près de la réalité, c’est la commune audoise du Fitou qui a souhaité adhérer à Salanque-Méditerranée, argumentant du fait entre autres que son quotidien était plus près de celui de Perpignan (située à un quart d’heure de bonne route) que de celui de Narbonne (à une bonne demi-heure). D’ailleurs, avant d’en arriver là, à la réunion du SDCI des P-O, les représentants de la commune du Fitou ont rappelé à juste titre que le SDIC de l’Aude avait déjà validé ce choix, à l’unanimité.

C’est naturellement José Puig, sur ce dossier, qui a pris le premier la parole (tandis que les observateurs notaient que JeanPaul Alduy restait inhabituellement muet comme une carpe…), pour se féliciter « Qu’on tienne enfin compte du bassin de vie et des sensibilités de sa population dans l’approche territoriale », expliquant à son tour que « si Fitou se sentait plus proche de Perpignan que de Narbonne, malgré le découpage administratif, c’est qu’il devait y avoir une raison certes économique, mais également une dimension sociale et humaine (…) ». Jean Vila et Mme Damienne Beffara lui ont également emboité le pas sur ce point de vue, ainsi que Paul Blanc qui n’a pas manqué d’introduire une dose d’humour dans le débat, pour dire : « C’est la toute-première fois, depuis la Révolution Française, que le département des Pyrénées-Orientales s’agrandit d’un village ! Et je suis pour à fond, bien sûr ! D’autant qu’avec la commune du Fitou, c’est une appellation viticole prestigieuse que nous ramenons dans le département ».

L’expression « bassin de vie » a incontestablement séduit l’auditoire. Et c’est à l’unanimité, une fois de plus, que les membres du SDCI ont voté cette extension, laquelle sera effective à la date du 1er janvier 2012.

Cette décision, qui consiste à mettre en place pour l’avenir une communauté de communes « à cheval » sur deux départements, le « 66 » et le « 11 », constitue à l’évidence une première dans la région. « Première » dont José Puig n’est pas peu fier, parce qu’il sait, lui, qu’en mettant un pied dans l’Aude de la sorte sa communauté de communes Salanque-Méditerranée n’est pas prête maintenant à être absorbée par l’agglo PMCA. Fallait y penser. Il en avait rêvé, il l’a osé !