« Populisme et désinformation

L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Artistique et Historique Roussillonnais, l’ASPAHR, vient de produire à nouveau un communiqué publié ce mercredi 6 juin dans les colonnes du journal L’Indépendant, sous le titre : « Révision du Plan de sauvegarde du centre ancien, carton jaune pour la mairie de Perpignan ».

Si, en tant que maire de Perpignan et simple citoyen, je ne peux que me réjouir du dynamisme du tissu associatif perpignanais, et plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’associations qui oeuvrent à la défense du patrimoine de la ville, de son identité, de sa qualité de vie, en revanche je reste perplexe et inquiet sur les moyens qu’utilisent certain(e)s pour arriver à leur fin.

L’ASPAHR annonce la couleur de son combat, soit. Je n’ai rien à (re)dire sur les actions qu’elle mène. Mais il n’aura échappé à personne que ses dirigeants ont dans leur viseur l’échéance électorale des municipales de 2020. C’est de bonne guerre, diront quelques initiés.

Oui, mais dans ce cas-là il faut savoir écrire la vérité, et pas « sa » vérité, il faut savoir s’appuyer sur des faits réels et pas virtuels, pour bien informer et non désinformer. Sinon, comme disait l’humoriste Pierre Dac, je le cite : « Si avec un si, on peut mettre Paris dans une bouteille, on doit pouvoir aussi, avec un si bémol ou naturel, mettre une contrebasse dans un porte-documents ou un hélicon dans un carton à chapeau » !

Justement, à propos de « carton », l’ASPAHR a décidé d’infliger un « carton jaune » à la municipalité que je dirige. Et pour cela, l’ASPAHR n’hésite pas à balancer pêle-mêle tout un tas d’inepties : « il faut pour Perpignan un plan de sauvegarde respectueux de l’histoire de son bâti (…) ; il faut que s’engage vraiment, dans le centre ancien, une véritable réhabilitation, associant étroitement la population (…) ; Perpignan ne doit pas être livrée aux bulldozers et à des opérations immobilières ».

D’abord, c’est à se demander si les dirigeants de l’ASPAHR vivent (encore) à Perpignan. Ou plutôt : aiment-ils vraiment leur ville ? Car si à chaque coin de rue de Perpignan le patrimoine nous rappelle aux souvenirs des décennies et des siècles passés, c’est aussi parce que la municipalité s’attache à faire bouillonner la culture. L’ouverture du nouveau Musée d’Art Hyacinthe Rigaud et le retour de la faculté de droit en centre-ville avec la création du Campus Mailly en sont les deux premiers piliers. Je ne crois pas que ces choix de la municipalité ont défiguré le patrimoine de notre cité, bien au contraire ils l’enrichissent, j’en suis convaincu.

On ne décide pas par hasard de transformer un espace public, d’aérer le centre urbain, d’ouvrir une « porte » pour rendre la ville plus accessible. Tout cela se discute, avec les riverains, avec les habitants, avec les acteurs, qu’ils soient professionnels ou associatifs. Chaque année, à l’occasion de la période des vœux, lors de réunions publiques de proximité pour la présentation d’un projet, pour régler un problème, je vais des dizaines de fois à la rencontre des Perpignanaises et des Perpignanais. Depuis mon entrée sur la scène publique, le dialogue a toujours motivé mes interventions, mes choix pour la ville, j’ai toujours privilégié ce mode de contact. Je n’ai pas attendu les réseaux sociaux pour créer du lien social.

Par ailleurs, je note que le président de l’ASPAHR siège au sein de la Commission Locale des Sites Patrimoniaux Remarquables. Récemment, lorsque cette Commission s’est réunie, il n’a pas voté contre nos projets municipaux. Il s’est simplement abstenu. Que faut-il en déduire ? Ou en conclure ?… Qu’il ne se trouve bien qu’où il n’est pas.

L’équipe municipale qui m’entoure a véritablement Perpignan au cœur. Elle se démène quotidiennement pour l’embellir, pour l’ouvrir au nouveau monde, en concentrant tous ses efforts, laissant entrevoir de réelles perspectives de développement. C’est lui faire un procès d’intention injuste et ridicule que de laisser penser et croire qu’elle serait guidée par un objectif purement mercantile autour de l’immobilier.

L’ASPAHR serait mieux inspirée de cesser d’épier la ville au travers de son kaléidoscope déformant. Cela, peut-être, pourrait dépoussiérer une bonne fois pour toutes sa vison erronée sur le centre historique de Perpignan ».