C’est un secret de polichinelle, le quartier de la gare de Perpignan, en haut de l’avenue Charles-de-Gaulle, est devenu la plaque-tournante de nombreux trafics en tous genres : shit, beuh, cannabis, coke, contrefaçons de cigarettes… bref, c’est le marché de plein vent des dealers, structuré et organisé ! Presque si ce n’est pas là que sont fixés quotidiennement les cours locaux de la drogue, utilisés par les filières traditionnelles en dehors des messageries internet cryptées.

Ce dimanche soir, deux commerçants – et non les moindres -, à la tête bar-restaurants très connus dans cette partie du centre-ville, « Le Paris-Barcelone » et « Le Perroquet », ont littéralement pétés les plombs, accablés, dépités et dépassés par la présence quotidienne et permanente de jeunes dealers qui n’hésitent plus à s’installer en terrasse de leurs établissements et à les narguer pour se livrer à leurs trafics.

Cela fait des années que cette situation insupportable perdure, que le quartier est gangréné par des bandes venues de quartiers sensibles opérant journalièrement pour s’approprier un territoire où la problématique sécuritaire demeure.

C’est en fermant son établissement, en rentrant sa terrasse afin d’empêcher les dealers de s’y attabler pour y ouvrir leur commerce illicite, que l’un des commerçants aurait été bousculé et insulté, l’un de ses agresseurs allant jusqu’à lui arracher sa chemise. C’est ce qui a mis le feu aux poudres.

Le second commerçant, découvrant la scène, se serait alors porté à son secours, puis les deux hommes auraient décidé de bloquer toute circulation sur l’avenue pour alerter l’opinion publique et solliciter l’intervention des forces de l’ordre. C’est ainsi que le patron du « Paris-Barcelone » s’est enfermé dans son véhicule pour n’en plus bouger.

Police Municipale, sapeurs-pompiers, fourrière et tout le bataclan ont été rapidement dépêchés sur les lieux, accueillis par des riverains qui n’ont pas manqué d’exprimer leur ras-le-bol et dénoncer « un quotidien invivable (…), où la violence semble être la loi ! ».

 

 

Les policiers municipaux ont réussi non sans efforts à extirper de son véhicule le patron du « Paris-Barcelone », qui s’était enfermé dans sa voiture (photo ci-dessus), en signe de cri de colère et de désespoir. Suite à ces événements, il a dû être hospitalisé. Il y a quelques années en arrière déjà, le restaurateur perpignanais avait procédé de la même manière, toujours dans l’espoir d’attirer l’attention des pouvoirs-publics, d’être entendu par la Municipalité.

-« Le quartier va exploser si on ne répond pas vite à cette angoisse », confie un riverain. « Cela n’a que trop duré jusqu’ici ; ça c’est la goutte d’eau, ou de sang plutôt, qui va faire déborder le vase. Les autorités, ici et maintenant, doivent passer à l’action. Faut-il attendre qu’il y ait un drame ?! Ces commerçants-là ne peuvent même plus travailler en toute sérénité, tellement ils sont tous les jours la cible d’actes d’intimidation ».

 

 

Le patron du restaurant « Le perroquet », qui venait de se faire agresser, a été sécurisé et embarqué pour livrer sa version des faits.