La rédaction de Ouillade.eu s’est procurée la lettre que la maire du Soler, Armelle Revel-Fourcade (LR/ Les Républicains), a adressé aux 88 délégués consulaires répartis dans les trente-six communes qui forment le territoire de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), ainsi qu’à la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga PS (dont nous avons publié la réponse aujourd’hui même dans ces colonnes)…

 

 

« Chers collègues,
Je me permets de vous alerter sur le contenu du budget principal de PMM qui sera mis au vote lundi 15 mars lors du conseil de communauté. Comme cela nous a été annoncé le 5 mars dernier en conférence des maires, 300 000 € de subventions à l’Ecole 42 seront inscrits à titre prévisionnel.
Lors de cette séance, vous avez entendu mes inquiétudes quant aux modalités de financement public de cette école privée.

J’ai également fait part de ces inquiétudes à Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie que j’ai alerté sur le mode de financement de cette école:

En effet, l’annonce de l’implantation prochaine de l’Ecole 42 à Perpignan a déjà des conséquences mesurables sur la filière économique numérique et des industries créatives implantée au Soler depuis plus de 20 ans.

Le budget prévisionnel fourni par la société EURXPERT, porteuse du projet est de 7 377 000 € sur 5 ans plus le loyer de 150 000 € par an (chiffre estimé pour 1 000 m2 et non confirmé) soit 8 127 000 € pour 5 ans (avec un coût moyen sur les 5 ans de 15 000 € par étudiant et par an). Ce plan étant établi pour 5 ans à 1 400 000 € de subventions publiques par an, que se passera-t-il dans 5 ans ?

L’implantation est également soumise à la création d’une association « Ecole 42 Perpignan Occitanie » en charge de payer le fonctionnement de l’école et qui percevra les subventions publiques.

Le plan de financement de cette nouvelle structure fait état de 85% de fonds publics quand les autres Ecoles 42 de France sont financées à plus de 80% voire à 100% par des fonds privés (Ecole 42 de Lyon). Ce plan de financement est ainsi établi pour 5 ans : l’Etat (4% : 295 080 €), La Région Occitanie (47% : 3 467 190 €), le Département (14% 1 032 780 €), la Communauté Urbaine (15% : 1 106 550 €), la ville de Perpignan (4% : 295 080 €). Le reste étant financé par la CCI (2%) et des fonds privés (14%).

On peut légitimement s’interroger sur l’origine de la décision de cette clé de répartition.

L’investissement nécessaire à la mise aux normes et à l’aménagement des locaux (non encore chiffré à ce jour) doit également être pris en charge par les collectivités territoriales selon le cahier des charges imposé par EURXPERT. Je vous rappelle qu’il s’agit de financer des travaux sur un bâtiment privé qui appartient à la Caisse des Dépôts et à la Caisse d’Epargne.

Mes inquiétudes portent également sur le peu d’emplois créés (un responsable de la structure et des agents de nettoyage et de sécurité) par cette structure dénuée de professeurs et qui ne délivre aucun diplôme reconnu par l’Etat alors même qu’elle doit être financée par des subventions publiques. On peut alors comprendre que d’autres centres de formation du département réclament légitimement un même niveau de subvention de leurs dépenses de fonctionnement d’autant qu’ils créent de l’emploi direct et délivrent des diplômes reconnus par l’Etat.

Enfin, il a été annoncé que l’ouverture de l’Ecole 42 sur les 1000 m2 du premier étage du bâtiment des Dames de France s’accompagnerait de l’implantation de l’Ecole Régionale du Numérique et d’une pépinière dédiée au numérique sur les 1000 m2 du second étage.

Or, ces deux structures sont actuellement des piliers de la filière d’excellence du Soler. Les déménager à Perpignan n’a aucun sens alors que nous allons ancrer définitivement cette filière économique dans le cœur de ville du Soler avec l’ouverture en septembre prochain du nouveau bâtiment du pôle numérique.

Les acteurs économiques sont aussi inquiets de voir cette filière être éclatée alors même que le principe de fonctionnement en réseau est la base de leur collaboration au sein du cluster du Pôle Action Média qui compte aujourd’hui 70 entreprises.

Je souhaitais vous alerter et attirer votre vigilance sur ces points afin que vous puissiez avoir connaissance de l’ensemble des éléments de ce dossier ».