Communiqué.

 

« QUELLE MOUCHE A PIQUÉ MAHI BINEBINE ET DOMINIQUE FERNANDEZ DEUX LAURÉATS DU PRIX MÉDITERRANÉE ?…

« La comédie de la résistance. » – Une mini fronde guignolesque, orchestrée depuis son somptueux ryad de Marrakech par le sémillant Mahi Binebine, prix Méditerranée 2020 et relayé au Boulou (Pyrénées-Orientales) par Dominique Fernandez, prix Méditerranée 1988, agite le petit microcosme des biens pensants et donneurs de leçons depuis l’élection de Louis Aliot, nouveau maire de Perpignan, dont je m’honore d’être l’adjoint à la culture.

Le premier, ennemi juré du talentueux écrivain Tahar Ben Jelloun, prix Méditerranée 1994, a décroché cette année le très convoité prix Méditerranée grâce au soutien indéfectible du Centre Méditerranéen de Littérature (CML) qui a proposé sa candidature.

L’attribution du prix Méditerranée aura donné un sacré coup de projecteur à son livre passé quasiment inaperçu lors de sa parution en 2019. Son opération de boycott du prix n’a pas d’autre intention que de tenter de faire le buzz en s’offrant une bonne conscience et un peu de publicité sur le dos de ceux qui l’on consacré.

Pour le second, Dominique Fernandez, c’est beaucoup plus grave, car contrairement à Mahi Binebine qui n’a jamais mis les pieds à Perpignan, Dominique connait le CML depuis 1988, date à laquelle il a reçu le prix Méditerranée. Tombé amoureux du Roussillon, il choisit cette année-là de s’installer sur les hauts du Boulou, où il passe plusieurs mois de l’année.

Rappelons que Dominique Fernandez est le fils de l’écrivain Ramon Fernandez qui collabora avec l’Allemagne nazie de la France sous l’Occupation. Il lui a consacré un roman « Ramon » (Grasset), livre qu’il était venu présenter au CML. Raconter le passé sulfureux du collabo notoire qu’était son père fut accueilli comme un acte de courage.

On peut comprendre que le traumatisme soit, encore aujourd’hui, toujours présent. Cela n’autorise pas Fernandez à se prêter au jeu peu glorieux des amalgames.

Dominique Fernandez a été invité sans discontinuer par le CML à Perpignan et dans une trentaine de villes des P-O, durant plus de 30 ans pour tous ses romans.

Durant toutes ces années, il aura eu le temps de se faire une opinion sur le CML qu’il dénigre aujourd’hui, certainement poussé par son proche entourage qui avait dégainé avant lui lors de la campagne électorale…

Le CML s’enorgueillit d’avoir fait participer la Ville de Perpignan (Jean-Paul Alduy) et le Conseil Général (Christian Bourquin) à l’acquisition en 2007 de son épée d’académicien, à hauteur d’une participation financière dépassant largement toutes les autres en France.

Notre écrivain serait-il devenu amnésique ?

Faut-il rire ou pleurer de sa subite posture de donneur de leçon, lui qui a toujours choisi dans sa vie, parmi ses amis écrivains les plus proches, des personnalités « sulfureuses » comme Gabriel Matzneff et tant d’autres.

Il n’y a pas pire faute morale dans la vie que l’ingratitude.

« L’ingratitude demande sans peine, reçoit sans pudeur, et oublie sans remords. »

 

André Bonet