« L’épidémie de coronavirus et le confinement conduisent forcément à un déferlement de peurs et de paniques.

Le caractère exceptionnel de ce que nous vivons et le manque de transparence de nos gouvernants qui à force de vouloir tardivement « nous protéger » finissent surtout par « nous infantiliser », ne peut que conduire au doute des citoyens.

Plusieurs faits ont été analysés afin de dissiper toute exagération ou affabulation.

Parmi ceux-ci on trouve le rassemblement évangélique de Mulhouse entre le 17 et le 22 février dont on sait aujourd’hui qu’il a eu effectivement des conséquences en matière de propagation du virus. Après quelques retards à l’allumage, l’enquête des services sanitaires a pu suivre ce que le gouvernement a nommé « le point de bascule » de l’épidémie avec 2 000 participants ayant répandu le virus en France dans d’autres régions et à l’étranger.

Autre événement très commenté et analysé : la rencontre de football entre Lyon et Turin le 26 février. On se souvient de la querelle entre ceux qui voulaient maintenir la rencontre et ceux qui craignaient l’arrivée de 3 000 supporters italiens alors que leur pays devenait déjà l’épicentre européen de l’épidémie. Mais la semaine dernière l’Agence Régionale de Santé (l’ARS) et les Hospices Civils de Lyon ont expliqué que l’enquête menée sur chaque malade du COVID-19 ne mettait pas en évidence de lien entre le match et la contamination localement.

Ce qui a été réalisé pour un rassemblement de 2 000 personnes du 17 au 22 février ou pour un déplacement de 3 000 supporters le 22 février devrait être fait pour un rassemblement de plus de 100 000 personnes : le meeting politique de Carles Puigdemont à Perpignan le 29 février.

En effet, ce week-end là plus de 100 000 personnes sont venues de toute la Catalogne du Sud pour assister à cet événement en France autorisé par le Préfet des Pyrénées-Orientales et voulu ardemment par le Maire de Perpignan et certains élus.
Aujourd’hui la Catalogne est la seconde région la plus touchée d’Espagne par le COVID-19, et le département des Pyrénées-Orientales est particulièrement touché avec un « cluster » épidémique à Perpignan.
Rien ne peut dire qu’il y a un lien avec l’organisation de ce rassemblement, mais que cela soit pour confirmer comme avec le rassemblement évangélique à Mulhouse (2 000 personnes) ou infirmer comme avec le déplacement de supporters italiens à Lyon (3 000 personnes) il serait tout de même normal de savoir si un déplacement de 100 000 personnes a pu avoir des conséquences sur la propagation du virus et si le souhait d’accueillir et de maintenir cet événement était irresponsable ou pas.

Ce sujet de l’organisation du meeting en plein début d’épidémie fait l’objet de polémiques entre pro et anti indépendantistes en Espagne, et inversement d’un silence plutôt gêné en France.
Il s’agit pourtant d’une question légitime à laquelle il faudra bien finir par répondre« .

 

 

Olivier Amiel
Conseiller municipal et communautaire de Perpignan