« Alors que va débuter à Perpignan la 31èmeédition du festival international de photojournalisme Visa pour l’image il faut envisager une amélioration de son impact sur l’économie locale inspirée des Rencontres de la photographie d’Arles qui cette année encore, prolongent les accrochages et les visites.

L’intérêt de Visa pour l’image n’est plus à démontrer, grâce à son fondateur Jean-François Leroy le festival est depuis de nombreuses années un événement incontournable dans l’agenda culturel de notre pays. Il accueille 200 000 visiteurs et anime notre ville au moment de la rentrée scolaire.

L’impact financier de Visa n’est pas à démontrer non plus, avec 4 millions d’euros de retombées pour près d’1,5 millions d’euros de budget.

Cependant, nous restons très loin des 30 millions d’euros de retombées d’un autre grand événement photographique français : Les rencontres d’Arles qui fêtent cette année leur 50èmeanniversaire.

Si on compare tous les chiffres : il y a certes une différence de budget avec 1,5 millions à Perpignan et 7 millions à Arles grâce surtout à la billetterie payante pour Les Rencontres (sauf pour les arlésiens) alors que Visa est gratuit, mais aussi à deux fois plus d’interventions publiques. Cependant, même si Arles attire moins de visiteurs (140 000) son festival génère 30 millions d’euros de retombées. Cela veut dire que le rapport budget/retombées est de 4,3 à Arles contre seulement 2,6 à Perpignan.

Si le sujet photographique est bien sûr très différent (plutôt artistique à Arles et journalistique à Perpignan) la différence politique majeure est celle de la place donnée au festival par les deux villes.

Le festival d’Arles dure trois mois, alors que Visa ne dure que deux semaines…

L’installation « dans le temps » du festival des Rencontres a aussi favorisé sur Arles un changement en profondeur de la ville « dans son espace ».

Le nombre de restaurants, de cafés, d’hôtels… a été multiplié sur Arles s’accompagnant d’une montée en gamme incontestable des établissements.

La cité provençale a ainsi également pu attirer des fondations privées prestigieuses comme la fondation Fragonard, la fondation Manuel Rivera-Ortiz ou la fondation Van Gogh qui vont animer culturellement la commune une grande partie de l’année au-delà des trois mois des Rencontres de la photographie.

Mais Arles et son festival ont surtout permis l’installation de la fondation LUMA par Maja Hoffmann, héritière des laboratoires Hoffmann-La Roche avec la construction en cours de la tour – voire la sculpture – de l’architecte Frank Gehry (à qui on doit la fondation Louis-Vuitton à Paris ou le musée Guggenheim de Bilbao) pour un montant de 200 millions d’euros dans le quartier des anciens ateliers de la SNCF, accueillant déjà des expositions des Rencontres et destiné à devenir un espace culturel avec un important aménagement végétal et paysager autour.

Toutes ces opportunités qu’Arles a su saisir, viennent d’une confiance dans l’impact «dans le temps et dans l’espace» d’un événement culturel majeur que sont Les Rencontres, et par la confiance dans l’initiative privée pour accompagner ce mouvement.

De la même manière, sans remettre en cause la gratuité de Visa pour l’image, mais en finançant davantage celui-ci pour augmenter sa durée, nous pouvons permettre une emprise plus grande « dans le temps et dans l’espace » du festival qui pourrait mieux profiter aux perpignanais avec des retombées économiques et des occasions de réhabilitation plus importantes pour notre ville ».

Olivier AMIEL
Conseiller municipal de Perpignan
Candidat aux élections municipales de 2020