Le fait qu’à ce jour deux colistiers du député Romain Grau (La République En Marche/ LaREM), annoncent pour le second tour des élections municipales (le dimanche 28 juin), qu’ils voteront pour la liste du député Louis Aliot (Rassemblement National/ RN), met en panique les rédactions parisiennes.

Dans un communiqué transmis hier soir à l’AFP, Romain Grau se voit dans l’obligation de rédiger une explication de texte pour ne pas froisser son ami Emmanuel Macron, le président de la République : « Des membres de la liste que je conduisais, qui ne sont pas adhérents de LaREM, ont exprimé, à titre individuel, un autre choix pour le second tour, il s’agit de démarches individuelles qui ne peuvent engager ni la liste que j’avais l’honneur de conduire, ni la République en marche dont ils ne sont pas membres ».

Et voilà, le job est fait ! Du moins c’est ce que doit penser Romain Grau. Car il fait là le minimum syndical pour ne pas passer sous les fourches caudines élyséennes.

Mais s’il croit, avec cette précision en guise de « démenti officiel » le dédouanant, réussir à convaincre les médias nationaux et la direction de LaREM, ce ne sera  pas le cas localement.

Dans le microcosme perpignanais, on n’imagine pas une seule seconde que Romain Grau ignorait les convictions politiques – plus proches de celles de Louis Aliot que des siennes – de Josiane Cabanas, ancienne journaliste de L’Indépendant, élue perpignanaise sortante dans l’équipe de Jean-Marc Pujol (LR/ Les Républicains), et d’Alain Cavalière, l’ex président du Tribunal de Commerce de Perpignan, lesquels figuraient respectivement à la 10e et 3e place sur la liste conduite par Romain Grau.

Pas plus, d’ailleurs, qu’en prenant Isabelle de Noëll-Marchesan comme suppléante à la députation dans la 1re circonscription des P-O, ainsi qu’en binôme au Département, puis 2e sur sa liste pour les municipales en cours, il ne pouvait pas ne pas savoir que celle-ci était alors l’épouse de l’ancien secrétaire départemental du Front National (FN), Jean-Louis de Noëll (ce dernier a même été soutenu à des élections antérieures par l’ex sénateur-maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy… et il était présent régulièrement dans la permanence électorale du député-candidat Romain Grau).

En prenant sur sa liste de « gros poissons » tels que Josiane Cabanas, Alain Cavalière et Isabelle de Noëll-Marchesan, entre autres, Romain Grau a fait le calcul de la notoriété professionnelle de ces personnalités locales, il s’est adjoint de leurs expertises diverses et reconnues pour accompagner son programme et, surtout, séduire lui le centriste de gauche (ancien collaborateur des parlementaires socialistes Henri Sicre et Me Jean Codognès) une partie de l’électorat perpignanais plus à droite, et même très à droite, qui lui échappait. Point à la ligne.

Justement, pour ce second tour des municipales, les Perpignanais.e.s apprécieraient de connaître le choix maintenant d’Isabelle et de Jean-Louis : le maire-sortant, Jean-Marc Pujol (LR/ Les Républicains)… ou l’outsider Louis Aliot ?…

A suivre.

 

L.M.