En moins de quarante-huit heures, Josiane Cabanas, ex colistière du député Romain Grau (LaREM) arrivé 4e lors du 1er tour des municipales dur Perpignan et qui a jeté l’éponge pour le 2nd tour alors qu’il pouvait se maintenir, est devenue une sorte d’égérie des chroniqueurs politiques nationaux pour avoir osé dire : « Pour moi, c’est non au front républicain. Oui à Louis Aliot ». Et alors ? Tu parles d’un scoop !

Le Point, Le Monde, BFMTv, etc.-etc. tous les médias, ou presque, depuis, s’engouffrent dans la brèche ouverte sur la pseudo-digue-républicaine* par Josiane Cabanas, laquelle soi-dit en passant, avant de rejoindre ce que nous appelions déjà à l’époque à la rédaction de  Ouillade.eu « le radeau de la méduse du Capitaine Grau », figurait dans l’équipe municipale présidée par Jean-Marc Pujol (LR)…

Le journal Le Monde qui, décidément, après avoir annoncé il y a quelques mois le faux-décès de Bernard Tapie (!), semble souffrir d’une mal(in)formation incurable. Et dire que dans mes années d’étudiants en journalisme, à Bordeaux, c’était la référence, « LE » journal. Mais ça, c’était avant, il y a quarante ans…

Le Monde fait donc réagir Romain Grau à propos du choix de Josiane Cabanas qui convenons-en n’a rien de cornélien, surtout quand on connait ses convictions et son passé. Et le député-ami du Président Macron – c’est comme ça qu’il nous le vend à chaque fois – de déclarer « entre consternation et fatalisme… Je suis un peu étonné mais pas complètement surpris (…). Il y a un électorat pour qui les digues ont déjà sauté. Même dans le mien (…) ».

C’est affligeant, consternant et hallucinant d’entendre, ou plutôt de lire ça. Si le quotidien national avait fait son boulot sur le terrain, et pas depuis un smartphone, il aurait appris que pendant la campagne électorale c’est un certain Jean-Louis de Noëll qui tenait de temps en temps la permanence électorale du prétendant macroniste à la mairie de Perpignan. Jean-Louis de Noëll a été le secrétaire départemental du Front National de Jean-Marie Le Pen dans les P-O. Il a été le candidat du FN à des municipales (Perpignan), à des législatives… et même à des cantonales, certes à ce moment-là débarrassé de l’étiquette FN mais soutenu par un certain Jean-Paul Alduy qui aimait se décrire comme « le plus à gauche des élus de droite » à l’époque où ce dernier était maire de Perpignan (1993-2009), sénateur, président de l’Agglo… L’épouse de Jean-Louis de Noëll, Isabelle Marchesan-de-Noëll est même devenue en 2017 la suppléante du député de la 1re circonscription des P-O, un certain… Romain Grau. D’accord, on peut être l’épouse d’un brillant homme politique local à la carrière serpentine, sans pour autant partager ses idées. Chacun.e jugera. Et on ne nous dit pas tout.

Les Romain Grau et autres Jean-Paul Alduy sont vraiment très mal placés pour s’ériger comme d’habitude en donneurs de leçons et s’en prendre au choix – tout à fait Républicain ne leur en déplaise – de Josiane Cabanas.

Si vraiment, une fois de plus, ils n’ont que la couleur politique du candidat Louis Aliot à lui reprocher, alors cela nous promet une belle campagne en dessous de la ceinture. Les Perpignanais.e.s ont le droit d’avoir un vrai débat municipal, avec des idées, un programme… Ne leur volons pas cette bataille électorale !

On attend maintenant avec une légitime excitation et une très grande impatience la déclaration historique et idéologique de l’humoriste perpignano-perpignanais Jean-Paul Alduy pour faire barrage à Louis Aliot… Quelle sonnette d’alarme va-t-il tirer ? Sur quel bouton nucléaire va-t-il appuyer pour installer la peur et des migraines dans nos cerveaux de simples électeurs ?… That is the question. Dommage que celui qui rêvait de décoloniser Perpignan-la-Catalane en soit réduit à ne se produire sur scène qu’en période électorale.

L.M.

 

*Comme les médias en général et la presse française en particulier paraissent avoir si peu de mémoire, rappelons qu’en juin 2017, lors des élections législatives, Louis Aliot (RN) a été élu sur la 2e circonscription, dans le cadre d’un duel avec Christine Espert (estampillée MoDEM), malgré le front républicain et la descente sur le terrain du Premier ministre Edouard Philippe…