Dimanche 28 juin 2020, 2e tour des élections municipales…

 

-« En ce 28 juin, je suis accesseur dans un bureau de vote perpignanais, depuis 8h les votants arrivent de façon régulière et vers 11h 30 un petit bouchon (distanciations respectées) naît devant l’urne.

Rentre un photographe équipé d’un grand appareil. Il prend ses aises sans demander autorisation au président du bureau. La presse a tous les droits, c’est bien connu… L’impoli fait sa visite, je l’observe. Il flashe les lieux. Puis il contourne les isoloirs, là, difficile de l’apercevoir. Il finit par rejoindre la poubelle : un sac fixé sur un support servant à récupérer les bulletins de vote non utilisés et les lingettes de décontamination.

Pendant que le curieux fouille sans honte, nous sommes à l’enregistrement des votes. Tel un SDF affamé, il persiste dans sa manœuvre et termine en photographiant le contenu. C’est à ce moment précis que j’interviens avec le président. Nous stoppons l’intrigue.
– Que faites-vous?
– Rien ?… Son nez commence à s’allonger.
-Vous venez de prendre des photos dans la poubelle, pourquoi ?
« Je peux prendre des photos comme je le veux je suis pigiste », dit-il sur un ton presque agressif.
– « Prenez également mon cul si vous le souhaitez ! »…  Là vous avez dépassez vos limites autorisées, il me semble que votre statut ne vous autorise pas à filmer les papiers rejetés de nos isoloirs », lui dis-je.
« J’ai rien fait de mal », rétorque t-il bien maladroitement.
Pris en flagrant délit, le tartuffe montre des airs hautains, toutefois il commence à manquer d’arguments et baisse pavillon peu à peu ; sa seule défense reste sa carte de presse.
Rapidement il est entouré par les délégués. Je vais voir ce qu’il a bien pu prendre comme cliché. C’était un bulletin qu’il avait soigneusement placé au dessus de la pile. L’individu est journaliste détenteur d’un agrément. Son geste était pour moi délibéré. Sa situation devient pathétique.
S’agissait-il de faire croire que le perdant des élections était dans les ordures. Certes, cette photo n’aurait probablement pas été diffusée sur un site officiel mais les réseaux sociaux auraient pu en être destinataires…avec comme hashtags –regardez dans le sac qui est perdant-
S’agissait-il d’un espion de l’ennemi désirant connaitre les résultats de l’élection avant l’heure ? Ou tout simplement un excès de zèle ? Quel était le but recherché ?
Après s’être assurés que les photos aient été supprimées, c’est la queue entre les jambes que notre pied nickelé peut rejoindre ses éventuels commanditaires.
Son employeur mettrait-il une telle pression sur ses collaborateurs pour qu’ils en arrivent à de telles bassesses ?
En fin de journée électorale, je fais mention des faits sur le PV signé par toute l’équipe.

Heureusement que le ridicule ne tue pas, maintenant que j’y repense, quelle bouffonnerie ! Quel mauvais scoop ! Quelle farce !

J’en garderai un souvenir impérissable ».

F.R.