Pendant les semaines qui ont succédé au 1er tour de ces élections municipales, nous avons entendu, lu, soupçonné, imaginé, vrai ou faux, intox ou info, assisté (…) à des discussions de marchands d’armes, de sommeil, des marchands de mort subite, plus souvent de marchands de tapis « à la sauvette » au pied de l’immeuble Betriu (c’est une image), entre les uns et les autres, entre les uns et les uns, entre les autres et les autres, entre camelots (dé)ambulants, entre grossistes électoraux…

Depuis quelques jours, de nombreux articles, communiqués, rumeurs en tous genres, sur les tractations d’entre deux tours ont fait la Une sur les réseaux sociaux, dans des brèves de comptoir virtuelles (les bistrots ayant leurs volets clos pour cause de COVID-19), dans ce qu’il reste encore de médias d’information au plan local. Mais c’est surtout au bal (masqué) des égos que nous avons assisté.

« Mme Ripoull refusant 40% des places de la liste Grau pour finalement partir seule… avec quel succès, moins de 6% des voix ? », fustige-t-on aujourd’hui dans le (très) proche entourage du député LaREM de la 1re circonscription des P-O. Les langues se délient.

Mais, toujours selon les Amis du parlementaire En Marche! perpignanais : « Les tractations de la liste Romain Grau les moins avouables – menées par un trio infernal – ont été menées avec la Gauche et par l’intermédiaire d’un conseiller municipal de Toulouges, lui qui annonçait partout avoir un deal avec le maire de Toulouges qui soit-dit en passant aurait promis de lui céder la place dans trois ans… ».

Confidences pour confidences. D’après un colistier de Romain Grau : « Ce Toulougien était le lien avec la Gauche qu’il n’a jamais quittée. Tout ceci en vue des élections départementales et régionales. « Je te donne ça, tu me laisses ça… ». Plaçons nous entre nous, gardons nos indemnités d’élus avec un jeu des chaises musicales et, surtout, pas de vague ! Les gens sont cons disent-ils, Frêche* a été leur maître à penser. Alors ils nous ont promis tant et tant avant le 1er tour pour mieux nous abandonner après… et essayer à nouveau de se replacer entre eux. Le changement ce n’est vraiment pas pour maintenant ! ».

Ce colistier de poursuivre : « Et de toutes façons, il est où d’ailleurs M. Grau maintenant ?… Ah oui à Paris, essayant de se trouver un parachute doré de strapontin ministériel ? Lui qui soi-disant a l’oreille du Président en personne, « en live », mais ça ressemble plus à l’oreille cassé de Tintin. En tout cas son téléphone, à Grau, doit être cassé car Môôôssieu ne nous répond plus ».

Rassurons ce colistier. Nous l’avons croisé, Romain Grau, sur sa page Facebook. Justement, hier soir il y a annoncé qu’il jetait l’éponge. Qu’il ne serait pas présent au 2nd tour des municipales, mais qu’à l’avenir il ne lâcherait pas le morceau pour autant (se réservant une place dans la future partie, 2026 ?). Ce que la rédaction de Ouillade.eu prédit depuis deux semaines. Pas un scoop ! Il se (la) raconte que pour le 2nd tour, programmé pour le dimanche 28 juin, Romain Grau va publier une tribune dans un grand journal français pour apporter son soutien à Jean-Marc Pujol, au nom du sacro-saint front républicain, contre le député Louis Aliot (RN) qui, au soir du 1er tour, a déjà en main la clé de la serrure de l’Hôtel de Ville de Perpignan…

Air (re)connu, ou plutôt simple rappel : les promesses n’engagent que ceux qui les croient, et qui y croient, « mais il peut partir se cacher avec tout ce qu’il a promis aux uns et aux autres, en totale contradiction entre les uns et les autres ». Bon certains y auront au moins gagné un wok…

 

L.M.

 

*Georges Frêche (PS rebelle), président du Conseil régional Languedoc-Roussillon (de mars 2004 à octobre 2010), maire de Montpellier (1977-2004), député de l’Hérault (1997-2002)… Né le 9 juillet 1938 à Puylaurens dans le département du Tarn, il est décédé à Montpellier le 24 octobre 2010 à l’âge de 72 ans).