Certes, Jean-Marc Pujol – le dernier dinosaure du Paysage Politique Roussillonnais (PPR), notamment depuis les adieux irrévocables prononcés le mois dernier de l’inoxydable sénateur François Calvet, avec lequel d’ailleurs il avait débuté sur scène dans les « années Farran » – nous a habitué dans sa longue carrière publique a de nombreux rebondissements, en sa faveur, se sortant des situations les plus fâcheuses, périlleuses et rocambolesques, tel un maestro ou le magicien d’Oz, sans toutefois, reconnaissons-lui ce talent, se compromettre comme l’exige une certaine tradition politicienne en Pays Catalan et dont « l’Alduyisme » a usé et abusé, pour au final dérouler le tapis rouge aux « Frontistes »… Lui, Jean-Marc Pujol, en revanche, il a toujours plus d’un tour dans sa besace et, surtout, des fidèles à ses côtés depuis plus de trente ans, nous pourrions citer par exemple les Danièle Pagès, Chantal Gombert

Mais là, comme le confie sur le ton de l’humour et sur son facebook une universitaire toujours prêt à souffler dans les trompettes de la renommée pour faire barrage au FN devenu Le RN : « les carottes sont cuites pour M. Pujol ! Cela lui sera difficile, pour ne pas dire impossible de remonter la pente ! C’est comme si Jean-Marc Pujol voulait quitter son bureau de l’hôtel-de-ville, place de la Loge à Perpignan, pour rejoindre les pistes de ski de Font-Romeu ou des Angles en moins d’une heure en passant par la RN-116… Défi et pari totalement irréalistes et surtout irréalisables par les temps qui courent ! ».

En tout cas, la semaine qui s’achève n’aura pas été un bon cru pour le maire de Perpignan. Il y aura eu d’abord, entre autre, ce meeting raté de Christian Jacob, le député de la 4e circonscription de Seine-et-Marne et président des Républicains (LR) venu le soutenir devant une salle qui aura rassemblé moins de militants que de familles pour un mariage gitan (à Saint-Jacques par exemple). On parle de 150 à 200 personnes, si vous enlevez les membres de la liste, cela ne fait pas beaucoup de sympathisants pour aller porter la bonne parole auprès des électeurs-trices perpignanais.e.s.

Il y aura eu également les résultats de ce sondage IPSOS publié ce vendredi 7 février 2020, par le journal de aqui L’Indépendant, et diffusé par la radio publique France Bleu – les deux médias avec France Infos étant les commanditaires dudit sondage réalisé entre le 1er et le 4 février – et qui place Jean-Marc Pujol à onze points derrière Louis Aliot. C’est beaucoup.

Calqué sur un sondage publié à la même époque, en février 2014, on constate que non seulement Jean-Marc Pujol est distancé de onze points – 30% pour Aliot et 19% pour Pujol – mais qu’en plus il est donné cinq points derrière en février 2020 alors qu’il était cinq points devant en février 2014.

Au final, cela ferait donc un (grand) écart d’une quinzaine de points, selon les fins limiers de la politique perpignanaise. Insurmontable, tout simplement. Car cette fois-ci, pour le second tour, si on lit bien entre les lignes de l’interview accordée hier à la radio RTL par la candidate soutenue par la présidente de la Région Carole Delga, l’écolo-socialiste Agnès Langevine n’est pas prête à se désister au second tour comme l’avait fait à l’époque le très courageux député socialiste, Jacques Cresta, tombé depuis dans l’escarcelle de Romain Grau.

Dans cet entretien d’hier sur les ondes de RTL, Agnès Langevine soutient que sur le terrain de l’actuelle campagne des municipales, nombre de militants de gauche et d’électeurs lui disent que le retrait de la gauche pour le second tour, en 2014 : « cela n’a servi à rien ! »

A cinq semaines du 1er tour, Jean-Marc Pujol a tout-intérêt à revoir sa copie électorale et mettre du fun dans son casting, s’il veut assurer sa réélection à La Loge. Il doit vite tourner la page de cette semaine pour le moins calamiteuse, « mais surtout il doit la tourner dans le bon sens », s’inquiète un de ses proches toujours en Cour.

La publication d’un tel sondage aujourd’hui, le jour où Jean-Marc Pujol préside le dernier conseil municipal de son mandat, est un véritable coup de massue, même si c’est dans ce genre de scénario que le maire de Perpignan nous a souvent démontré qu’il trouvait là le ressort qu’il faut pour émerger. Mais entre temps il y a eu la tempête Gloria…

 

L.M.