Ce qu’il y a de (très) bien avec Jean-Paul ALDUY ex-sénateur-maire-conseiller-général-président-de-l’Agglo – c’est que chaque trimestre depuis bientôt trente ans il réapparait là où on ne l’attendait pas. Et, surtout, à chaque fois dans un rôle renouvelé, renouvelable à (ses) souhaits, maquillé comme une voiture volée dans le quartier du Haut-Vernet (c’est une image).

Jean-Paul ALDUY nous a attendri, séduit, ébloui même, en 1993, lors des municipales partielles suite à la démission de l’équipe en place dirigée par Paul ALDUY, lorsque courageusement, pour succéder donc à son papa dans le fauteuil de maire de Perpignan, il s’est levé, seul, et totalement novice en politique, sous la bannière de « Perpignan-Oxygène », contre les BARATE, BECQUE, CALVET, PUJOL and C°. Il a gagné haut la main quand tout le monde le donnait perdant, quand personne n’aurait parié un kopeck sur sa candidature venue de nulle part, sauf de la mémoire de son père nourrie par un seul objectif  : « Tuer politiquement, coûte que coûte et vaille que vaille, Claude BARATE« . Vaste programme, à l’époque. Mais c’était sans compter avec les réseaux de « Monsieur PAUL », bien plus efficaces que le « Muppet Show » Baratin… Sans compter surtout avec le fait que dans les pays latins même en politique on ne se sépare pas du « père » en le trahissant. D’ailleurs, très étonnamment, l’Histoire locale de 1993 pourrait bien se répéter en 2020, lors des prochaines élections municipales fixées au mois de mars, lorsqu’on observe ce radeau qui chaque semaine transporte les « traitres » de chez PUJOL vers chez GRAU. Romain ferait bien de s’en méfier !

Retour sur l’actualité. Et puis, et puis… On l’a connu, Jean-Paul ALDUY, ripoliné en Vert (et contre tous) tel le petit bonhomme de CETELEM, mais avec aucun crédit (sa parole) ; on l’a imaginé sur ses dires la main sur le cœur, en « Monsieur Loyal » sur une piste aux étoiles façon PINDER ou BOUGLIONE ; on l’a subi au cœur de l’Extrême-Droite lorsqu’il accompagnait Jean-Louis de NOËLL (secrétaire départemental du FN) le temps d’une élection cantonale sur le Vernet (ce dont bizarrement aucun media ne semble se souvenir !) ; on l’a cru lorsqu’il disait du mal de Romain GRAU alors aux côtés de Me Jean CODOGNES (PS)…

Bref, il y aurait une médiathèque virtuelle à ouvrir au nom de Jean-Paul ALDUY si ‘on voulait énumérer, compiler ses témoignages écrits et oraux à la sauce catalane, ses contradictions effrayantes et déroutantes (pour le moins), avec son style virevoltant, ses à-propos méprisants, le tout conditionné à sa manière dans un théâtre d’affabulations moralistes, avec, il est vrai, cela ne servirait à rien de le nier, une pointe de génie. Mais il n’en reste pas moins un grand endormeur, un vrai litier ! Sauf qu’en trois décennies, l’atmosphère a évolué, et que les Perpignanais d’aujourd’hui ne sont plus les « endormis » d’hier. Ils ont beaucoup changé. Les beaux discours n’y suffisent plus. Ils sont passés à vouloir des actes. Et ce qu’ils constatent après trois décennies « d’Alduyisme », c’est l’arrivée probable de Louis ALIOT sur la plus haute marche du podium l’an prochain. Ce ne sont pas les idées du Rassemblement National qui les y amèneront, mais bien une soif irrésistible de « dégagisme » vis à vis de cette classe politique locale bâtie au fil des décennies sur les fonds baptismaux de l’Aduyisme.

Désormais, lui aussi, Jean-Paul ALDUY, l’a compris. C’est peut-être trop tard. Pour lui, pas pour les Perpignanais-e-s.

Après avoir fait divorcer et s’entretuer (politiquement s’entend ici) tous les partis et toute la classe politique du Pays catalan, après avoir fait dérailler tous les trains « En Marche » (une autre image), l’homme des messages chiffrés, Jean-Paul ALDUY himself, s’attelle ce matin dans le quotidien L’Indépendant (son ultime planche de salut pour faire passer ses messages) à vouloir recoller les morceaux. Un morceau plus particulièrement en tout cas le titille : celui qui pourrait lier Romain GRAU à Clotilde RIPOULL dans la perspective des prochaines municipales.

Alors, comme à son habitude, ce type est formidapplement abracadrabrantesque – et il a sincèrement un incroyable talent qui ne repose en fait que sur une mémoire sélective – Jean-Paul ALDUY a décidé d’organiser tel un éléphant dans un magasin de porcelaine les épousailles politiciennes entre Romain GRAU et Clotilde RIPOULL. Et, s’intronisant à la fois prêtre et témoin de ce mariage, il ne trouve soudainement, subitement, que des qualités exceptionnelles aux futurs époux. Par un coup de baguette magique, Jean-Paul ALDUY oublie son rôle inavoué dans la défaite de Jérôme RIPOULL (l’époux de Clotilde) lors d’élections cantonales sur le canton de Sournia, dans les années 1990… Dans la foulée, il efface d’un trait de crayon ses propos virulents tenus naguère contre Clotilde RIPOULL.

Mais alors, que signifie ce rôle inattendu de « noceur-bailleur » ?

La vérité vraie est que Jean-Paul ALDUY n’aime (toujours) pas Clotilde RIPOULL mais c’est bien à la demande de Romain GRAU qu’il a entrepris cette démarche de rapprochement. Car Romain GRAU comme Jean-Paul ALDUY savent parfaitement que si Clotilde RIPOULL ne vient pas sur la liste du premier avant le 1er tour des prochaines municipales, alors Romain GRAU a peu de chance de figurer au second tour, si ce n’est à terminer seulement 3e ou 4e le soir du 1er tour, derrière Louis ALIOT, Agnès LANGEVINE et vraisemblablement Jean-Marc PUJOL.

Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre carrément Clotilde RIPOULL en tête de liste ? Elle peut s’appuyer sur ses près de 10% d’électeurs qui se sont rassemblés sur son nom lors du précédent scrutin, en 2014. Elle est donc légitime pour réclamer et occuper cette pôle-position.

Attendons voir. D’ici la quinzaine de semaines qui nous séparent des prochaines élections municipales, certainement que Jean-Paul ALDUY aura un autre duo à nous proposer, peut-être même un PACs entre Romain GRAU et Olivier AMIEL, sait-on jamais ? Car en politique aussi, le ridicule ne tue pas. Avec Jipihey on peut s’attendre à tout !

A suivre.

 

Luc MALEPEYRE