La fédération catalane PS des Pyrénées-Orientales serait-elle dans un tel état de déliquescence que ce serait Paris et, surtout, Toulouse, qui auraient de le dernier mot concernant le futur candidat socialiste à investir pour les prochaines élections municipales sur Perpignan, au mois de mars de l’année prochaine ?…

 

 

Acte I : Paris, par la voix de son 1er secrétaire national socialiste, Olivier FAURE, prend la main sur le choix du candidat aux municipales de mars 2020 sur Perpignan, comme d’ailleurs les statuts du PS le stipule bien pour les villes de plus de 100 000 habitants. Une indiscrétion filtre et annonce que le candidat préféré d’Olivier FAURE le mieux placé en tout cas pour conduire le PS dans le cadre d’une liste de rassemblement à gauche, serait l’avocat d’origine perpignanaise, Sofiane HAKIKI.

Acte II. L’ex secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion dans les gouvernements VALLS, Ségolène NEUVILLE, 1re secrétaire de la fédération catalane du PS, et l’ex sénatrice Hermeline MALHERBE, présidente socialiste du Département’66, rejettent en bloc ce qu’elles considèrent être un « diktat » parisien et rappellent que c’est la section locale perpignanaise du PS qui doit proposer et valider en première instance le choix du futur candidat socialiste pour la bataille des prochaines municipales. Une réunion avec les militants est organisée dans l’urgence.

Acte III. Cette réunion tourne-court. Olivier FAURE décrète que le choix sur Perpignan est bel et bien gelé (ce que ouillade.eu a toujours révélé)… et surtout que les instances nationales du PS à Paris gardent la main sur ce choix. Branle-bas de combat au PS des P-O. Finalement, une rumeur insistante fait ressortir (du chapeau) que les instances catalanes du PS auraient désigné pour les représenter… une candidature d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), une grande première chez les socialistes des P-O ! D’autant que la candidature proposée n’est pas n’importe qui : il s’agit d’Agnès LANGEVINE-CODOGNèS, vice-présidente EELV de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée. Elle est l’épouse de l’ancien député PS Jean CODOGNèS, célèbre et talentueux avocat perpignanais, qui fut un rival acharné a sein du PS des P-O de feu Christian BOURQUIN. Une guerre picrocholine qui a laissé des traces au sein des socialistes perpignanais et dont les plaies ne sont pas toutes refermées. Mais bon, là est une histoire de famille (politique), laissons-les se débrouiller entre eux.

ACTE IV. C’est là où interviendrait la présidente socialiste de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole DELGA. Elle soutient à fond, et depuis le début, la candidature de sa vice-présidente. Et elle a bien raison, car dans le contexte actuel, Agnès LANGEVINE-CODOGNèS apparaît comme la seule capable de porter le rassemblement à gauche pour les prochaines élections municipales sur Perpignan. D’abord parce que les Verts et les communistes sont à la gouvernance de la Région avec les socialistes. Ensuite, comme vient de le démontrer un sondage concernant la ville de Montpellier où les Verts sont en capacité de battre le maire sortant Philippe SAUREL, les Verts ont effectivement le vent en poupe (les dernières élections européennes l’ont démontré… tout comme les élections législatives qui se sont déroulées hier en Autriche)… Enfin, Agnès LANGEVINE-CODOGNèS aura aussi l’avantage non négligeable de pouvoir s’appuyer sur les réseaux de son époux, fin connaisseur de tous les rouages de la planète politique perpignanaise ; et ça c’est incontestable, c’est d’ailleurs incontesté.

Reste à savoir comment vont réagir les militants de gauche qui ont poussé et œuvré à l’élaboration d’une Assemblée nationale pour ces prochaines élections municipales et, surtout, quelle va être l’option de La France Insoumise qui dans les derniers scrutins ou intentions de vote connus devance largement le PS et le PCF. Une union de la gauche sur le dos ou sans la participation de La France Insoumise de Jean-Luc MéLENCHON serait une totale aberration, voire une erreur fatale, tant cette absence réduirait considérablement l’attractivité d’une liste de gauche.

ACTE VI. C’est une rumeur. Récemment, Carole DELGA serait montée au créneau à Paris, auprès d’Olivier FAURE, allant jusqu’à menacer de se mettre en retrait du PS (?)… s’il s’obstinait et persistait à vouloir imposer Sofiane HAKIKI. La présidente de la Région n’en démordrait pas : seule la candidature, à gauche, de sa vice-présidente Agnès LANGEVINE-CODOGNèS a des chances de renverser la table à Perpignan.

A suivre.

Luc MALEPEYRE