Toute la journée d’hier, vendredi 4 octobre 2013, le journal local avait mis en ligne sur son site un sondage (auprès de ses lecteurs) concernant les prochaines élections municipales sur la ville de Perpignan. Cinq listes étaient en lice, conduites respectivement par ordre alphabétique par : Louis Aliot (FN-RBM), Jean Codognès (EELV/ Divers Gauche), Jacques Cresta (PS-PCF-PRG), Jean-Marc Pujol (UMP/ UDI, CdC, Unitat Catalana) et Clotilde Ripoull (Centriste/ Sans étiquette).

A 18h, les résultats de ce « sondage » en ligne étaient :

– Jean-Marc Pujol : 33,4%

– Louis Aliot : 27,2%

– Jacques Cresta : 20,8%

– Jean Codognès : 7,7%

– Clotilde Ripoull : 2,4%

– NSP (Ne se prononcent pas) : 8,5%.

De l’avis des spécialistes de la politique locale, ce « classement » reflèterait une certaine réalité des résultats auxquels on pourrait s’attendre à la sortie des urnes, en mars 2014, à l’issue du 1er tour.

A la mi-journée, le classement était le suivant : Louis Aliot (FN), 36% ; Jacques Cresta (PS), 27% ; Jean-Marc Pujol (UMP), 17%…

Faut-il en déduire que les sympathisants de l’UMP’66 sont des lève-tard ? Pour avoir réagi aussi formidablement en fin d’après-midi à inverser la courbe en faveur de leur candidat-champion ?…

Que s’est-il passé exactement ?

Car en soirée la rédaction du journal local postait cette étonnante information à propos des clicks entourant ce sondage, laissant supposer une incroyable manipulation pour aboutir aux résultats communiqués ci-dessus :

« Bravo !
Vous êtes des milliers à avoir réagi à notre sondage sur les municipales à Perpignan.
Nous relevons cependant quelques curieux comportements qui nous laissent penser que les états-majors de certains candidats ont mobilisé leurs troupes pour venir cliquer sur lindependant.fr.
Allez ! On vous le dit, nous savons de façon certaine que ces partis ont mobilisé par texto leurs militants qui se sont empressés de voter pour leur candidat. Plusieurs fois ?
Ils devraient cependant revoir leurs fichiers, car même les ex-militants ont été démarchés, certains ont reçu jusqu’à 3 textos.
Ce sondage a donc le mérite de donner une tendance. Non pas du scrutin, mais de la capacité à mobiliser leurs troupes.
Un réflexe bien français, mais rien n’échappe aux mouchards informatiques !
Rendez-vous donc en mars 2014, mais d’ici-là, continuez à nous lire. Sur le papier et sur notre site ».

La rédaction du journal local ne va-t-elle pas un peu trop loin « en se félicitant (…) » d’avoir abrité malgré elle ce qui après tout  ressemble à une superbe tricherie ?…