« Pourquoi j’ai finalement dit « NON » à Jean-Marc Pujol »

Sous ce titre, Frédéric Gonano (ex-PS), nous communique avec prière d’insérer :

« Je ne figure pas sur la liste de Jean-Marc Pujol. Pressenti pendant un temps au titre de « l’ouverture » et annoncé par la presse en bonne place pendant quelques jours, c’est moi qui ai décliné l’offre qui m’a été faite par l’actuel maire de Perpignan. Pour couper court à toutes les interprétations, je souhaite en exposer, brièvement, les raisons.

Il m’a été proposé de participer à une démarche d’ouverture et de rassemblement. De gauche, je considère qu’il est des situations où l’intérêt général doit amener à réfléchir « aux essentiels » sans rejeter, de façon pavlovienne, « ce qui vient de l’autre côté de l’échiquier politique républicain ». J’y voyais ainsi une dynamique, organisée avec une équipe plurielle et engagée autour de quelques axes forts pour faire évoluer la ville et donner les impulsions nécessaires à son essor. Je n’en ai donc pas écarté l’idée.

Dans cet esprit, il m’a été proposé, en cas d’élection, une délégation (à l’environnement) et une certaine liberté de vote. Une proposition très correcte, presque impossible à refuser….

Pourtant, au-delà de mon propre sort qui est, en soi, sans importance, c’est la démarche globale qui m’a amené à quelques réflexions :

 

  • Je n’ai jamais été associé, en aucune manière ni à aucun moment, à l’élaboration de la moindre proposition programmatique. Dans mon esprit, l’ouverture nécessite de la discussion, des consensus voire de la « co-élaboration ». Ici, ça n’a pas été le cas.
  • L’ouverture à gauche a peu à peu disparu au profit d’un rassemblement marqué vers la droite. Autrement dit, la démarche d’ouverture n’était finalement pas celle que j’avais pu envisager.
  • Enfin et surtout, la présence de certains noms sur la liste m’est apparue comme envoyant un signal contraire à mes valeurs fondamentales et/ou à l’exact opposé de ce que j’estime être le minimum nécessaire en matière d’éthique, de probité ou de désintéressement dans l’engagement public.

Ainsi, si le principe en était partagé, l’ouverture ne revêtait, pour Jean-Marc Pujol et moi-même, ni les mêmes contours ni les mêmes principes. Il ne s’agit pas de savoir qui a tort et qui a raison ; j’ai simplement fait le constat d’une différence d’approche.

Dès lors, le choix que je devais faire était simple : accepter le poste proposé pour agir autant que possible mais sans être trop regardant sur le reste ou, au contraire, refuser la proposition parce que les limites avec lesquelles je ne veux pas transiger ont été atteintes en laissant peut-être passer une occasion d’agir.

Je n’ignore pas qu’une équipe, quelle qu’elle soit, nécessite des compromis et emmène des personnes différentes. J’ai estimé que, pour ce qui me concernait, l’écart était parfois trop grand. Un tel engagement doit se faire, selon moi, pour la durée d’un mandat, et non pas pour changer de « camp » à peine élu en jouant une partition personnelle. N’étant pas certain de pouvoir être loyal avec l’équipe sur la totalité d’un éventuel mandat, estimant que certaines orientations étaient contraires aux besoins de Perpignan et des Perpignanais, étant en contradiction, voire en opposition totale, avec les pratiques éthiques ou les ressorts idéologiques de certain(e)s, mêmes minoritaires, j’ai fait un choix personnel, basé sur mes propre réflexions, valeurs et doutes. Ce choix n’engage donc que moi.

Ainsi, plutôt que d’accepter pour de mauvaises raisons, j’ai préféré renoncer en essayant de rester fidèle à ma conscience et aux valeurs auxquelles je crois.

A la présentation officielle de la liste, ma décision s’est trouvée renforcée en constatant que plusieurs colistiers étaient en situation de cumul de mandat. Si le maire a été très clair en matière de non cumul entre la fonction de maire et celle de président de l’Agglo, et c’est le seul à l’avoir fait, j’attache une importance réelle au non cumul strict des mandats. Un signal fort qu’il convenait, selon moi, d’envoyer pour une équipe engagée à 100% pour Perpignan et ses habitants ».