Communiqué de presse.

 

« L’extrême droite : la combattre (d’abord) politiquement pour la battre (ensuite) électoralement

Le risque d’une victoire du candidat de l’extrême droite Louis Aliot aux élections municipales de Perpignan existe. Il ne doit pas être sous-estimé. Pour autant, il ne doit pas être notoirement instrumentalisé comme c’est le cas actuellement. Ce serait contre-productif.

 

Le Rassemblement National (il y encore peu appelé Front National) ne peut être agité comme un chiffon rouge de manière intéressée et politicienne. C’est ce qui se passe trop souvent pour incapaciter toute réflexion et, surtout, occulter à bon compte ses propres insuffisances. Car cela confine bien souvent à de l’hypocrisie. Beaucoup, en affectant de transformer le RN en épouvantail, voudraient passer du duel publiquement promis au duo exclusif secrètement espéré.

Chacun vise à se retrouver au second tour contre le RN, ceci pour une victoire garantie au nom du front républicain à réaliser ensuite autour de soi.

Le stratagème est grossier, et plus encore dangereux.

Il en va ainsi du maire sortant Jean-Marc Pujol qui veut faire bis repetita : en 2014 il en avait bénéficié. C’est le cas également de Romain Grau qui, en bon macroniste, souhaite décliner à Perpignan le schéma installé nationalement par La République en Marche.

De son côté, Agnès Langevine, avec son allié du parti socialiste, a construit sa stratégie sur cette espérance pour tout viatique, sans doute pour mieux faire oublier le décalage de ses promesses et de ses actes et des insuffisances de son programme.
Il s’agit d’un jeu particulièrement dangereux qui place l’extrême droite en position centrale. Il alimente de surcroît son discours de victimisation consistant à se présenter comme « seuls contre le reste du monde coalisé ». Il rehausse en conséquence dangereusement le plafond de verre du RN. En définitive, cette tactique est celle des prétendus pompiers qui sont en réalité les véritables pyromanes…
Car se contenter d’espérer battre électoralement l’extrême droite de Louis Aliot n’est pas suffisant, surtout par des tactiques à la petite semaine comme la configuration d’improbables fronts républicains qui ne résolvent en rien les questions de fond. Ce qui est nécessaire de faire, c’est de le combattre politiquement.

Trois conditions apparaissent comme absolument nécessaires et incontournables, préférant s’attaquer aux causes profondes plutôt qu’agir (timidement) sur les effets. Cela passe d’abord par la sincérité de la démarche qui ne transige pas avec le respect des promesses, à tous les échelons (commune, intercommunalité, département, région, échelons national et européen compris).

Dans cette optique, il n’est pas possible de faire l’impasse sur le rejet (résolu) des politiques d’austérité (et leur déclinaison à tous les échelons locaux) engendrant précarité, pauvreté et colère. Enfin, il s’agit de réaffirmer pleinement avec conviction la force propulsive des principes républicains qui nous séparent ad vitam aeternam des discours de haine de l’extrême droite. Et le faire sans propos à géométrie variable.
Pour battre de manière durable électoralement le Rassemblement National, il faut donc commencer par le combattre politiquement de façon résolue. Et certainement ne pas faire l’inverse. C’est à cela que l’on reconnait les démarches bassement politiciennes. C’est qu’il s’agit de ne pas jouer avec le feu. C’est à cela qu’on reconnaît les tenants du prétendu « cercle de la raison du vieux monde politique composé de petits notables locaux » (signalons que Louis Aliot cherche à intégrer ce cercle et que les relations courtoises au sein du conseil municipal sortant donnent hélas du crédit à cette stratégie de dédiabolisation). Ce sont d’authentiques pyromanes. Car les cris d’orfraie n’ont jamais concouru à faire une politique sincère qui soit réellement chevillée au corps.
Ce n’est pas le parti pris par la liste citoyenne « L’Alternative ! Perpignan écologique et solidaire » qui préfère agir au quotidien sur les causes par une campagne de terrain et avec un programme, « Pour un printemps perpignanais », en résonance avec les aspirations des populations. Elle constitue le meilleur rempart contre l’extrême droite à Perpignan ».

 

Francis DASPE, animateur de groupe d’action de La France Insoumise (LFI)