Lorsque le député de la 2e circonscription des P-O, Louis Aliot, tête de liste aux prochaines élections municipales sur Perpignan, a dévoilé devant la presse locale, vendredi dernier, un premier groupe de ses colistiers baptisés « candidats de l’ouverture », les projecteurs médiatiques ont notamment ciblé André Bonet, l’entr’autre talentueux fondateur du Centre Méditerranéen de Littérature (CML), et à l’origine de nombreux prix littéraires qui ont permis à divers auteurs francophones à la dimension (inter)nationale de venir animer en Roussillon des conférences de haut-niveau.

Mais dans le microcosme politique influent dans les réseaux nord-catalans, il y a surtout un nom, et bien évidemment un prénom, qui a fait sensation dans l’univers cloîtré des « frères ». C’est celui de Jacques Palacin.

Si pour le grand public ce nom-là ne jouit pas d’une grande popularité au sens d’une quelconque renommée dans l’opinion publique, en revanche dans les espaces philosophiques et les ordres initiatiques où l’on œuvre pour le progrès de l’humanité, Jacques Palacin est loin d’être un inconnu. Et, parmi les francs-maçons, son arrivée sur la liste conduite par Louis Aliot, un haut dirigeant du Rassemblement National, a(ura) une signification particulièrement importante.
Certes, les frontières politiques n’existent plus depuis que la météorite Macron a réduit comme peau de chagrin les formations politiques classiques que sont les socialistes (PS) et Les Républicains (LR).
Ces dernières ne survivent que sur les fondations de plusieurs décennies de clientélisme, de clanisme, avec d’un coté, par exemple, le Conseil Départemental et ses satellites – le Centre de Gestion, l’ex Comité départemental de Tourisme, l’association des maires-adjoints et Intercommunalité des P-O, etc.- et, de l’autre côté, pour la Ville de Perpignan, la Communauté d’Agglo devenue Communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), le SYDETOM’66, etc. là encore, lieux locaux de pouvoir qui permettent d’asseoir une forme de féodalisme.
Aujourd’hui, la prise de la ville de Perpignan est un des derniers bastions du système actuel, prise de la Bastille ou tour de Babel inaccessible ?… Nous constatons que le même personnel politique tente une ultime recomposition  derrière les uns et les autres, avec comme seul et unique discours : « la peur de Louis Aliot » ; et surtout l’objectif de continuer de bénéficier d’une image, d’une rente ou de petits services, bien évidemment.
Le problème est que tout ce personnel politique qui se dit de gauche ou de droite, ou d’ailleurs d’ailleurs, n’a pas répondu aux attentes de la population de la ville de Perpignan, et que sa population est de plus en plus inquiète. Inquiétude malheureusement confirmée par les indicateurs du dernier rapport de la Caisse d’Allocation Familiale (CAF) des Pyrénées-Orientales, ou encore par la Commission départementale du surendettement qui, réunie en préfecture des P-O hier mercredi 19 février 2020, a rendu publics les résultats de son rapport annuel (2019) qui montrent bien l’enfoncement et la précarité de notre département.

Alors que les dites « élites locales » continuent à être nombrilistes et introverties, toutefois certains détails nous semblent intéressants à analyser.
La recomposition politique qui est en cours et qui tolérait des vases communicants dits jusqu’ici « acceptables ». Cette frontière, la digue, que les gouvernants veulent maintenir pour assurer leurs pouvoirs personnels serait-elle contre toute-attente en train de céder ?

Le cas de Jacques Palacin n’est pas anodin. Il est, localement en tout cas, une partie de la réponse.

Comme nous l’indiquions au début de cette article, il n’est pas une personnalité connue ou vraiment représentative du grand public, mais plutôt « un second couteau » (en tout bien tout honneur), membre du Parti Socialiste pendant des décennies, homme des réseaux Hollande, qui a fréquenté le siège parisien du PS de la grande époque (Rue Solférino), dans les heures sombres et/ou glorieuses…  Homme de l’ombre, particulièrement habile et fin stratège, l’ancien président du Club des 50 a largement soutenu Désirs d’Avenirs de Ségolène Royal.
Plus intéressant encore, celui-ci est également membre du puissant ordre maçonnique du Grand Orient de France (GOF), tant dans l’Aude, où il a longtemps été membre de la loge Libre Pensée que dans les P-O à L’Athénée.

Si de tels rapprochements étaient plutôt réalisés auprès de la GLNF (autre grande famille maçonnique), le passage du Rubicon du frère du GO interpelle dans le Landerneau.

Le constat a déjà été fait en maçonnerie spéculative, sur le département de l’Hérault, depuis quelques années, avec  des frères tel Georges Fontès à Béziers, même constat dans l’Aude, à Carcassonne. « Nul doute, nous confie l’un des leurs, que les vieux frères soigneusement dissimulés derrière chaque candidat, et qui doivent ressortir (élections obligent) pour rallier « frères et sœurs », vont demander sa démission pour crime de lèse majesté, l’inverse serait un comble… Le GO peut-il s’embarrasser de brebis galeuses ? ». Le ton est donné.

Mais nous n’en croyons rien : son sort est scellé ! Nous ne doutons pas que le malicieux Jacques Palacin saura justifier son départ ou sa mise en sommeil… Car pour beaucoup de francs-maçons, encore en 2020, « il n’est pas compatible de fréquenter au grand jour le RN et de chercher à améliorer la société ».
Nous pouvons nous mettre à penser que si des socialistes rejoignent Louis Aliot, c’est que l’influence de ce dernier à encore passer un cap, en réussissant à débaucher dans le Temple de la vertu.

 

L.M.