A en juger par le déferlement de réactions  – et le torrent de boue et de haine sur les réseaux sociaux qui ne grandit pas leurs auteurs, surtout de la part de quelques individus qui n’ont pas de leçon à donner – la décision d’André Bonet, entre autre fondateur du Centre Méditerranéen de Littérature (CML) et des nombreux prix littéraires qui en découlent, de rejoindre l’équipe de Louis Aliot fait débat dans le landernau catalan… qui n’est autre qu’un vulgaire espace dans le microcosme politique perpignano-perpignanais. Comme dirait l’Autre : « la calomnie la plus vile ne peut ternir une réputation sans tache ».

C’est la raison pour laquelle nous publions ci-dessous l’intégralité de l’intervention d’André Bonet, ce matin, lors de la conférence de presse animée par le député de la 2e circonscription, Louis Aliot (RN), qui dirigera donc une liste aux prochaines élections sur Perpignan, les 15 & 22 mars…

 

 

« Je suis né à Perpignan, au cœur du quartier Saint-Jacques. Ma mère est une enfant de la Retirade. Elle a connu la soupe populaire. Je sais d’où je viens. Le monde de mon enfance c’est celui de l’univers d’une extrême pauvreté. Nous étions pauvres mais il y avait une grande solidarité dans le quartier entre les différentes communautés. Cet apprentissage de la misère m’a rendu fort. C’est Albert Camus qui a écrit dans Les justes : « L’honneur est la dernière richesse des pauvres ».

Vous le savez tous, l’histoire de ma vie se confond depuis bientôt 40 ans avec celle du CML.

A compter de ce jour je me place en réserve de la présidence du CML et j’ai demandé à ma vice-présidente Françoise Claverie d’en assurer l’intérim.

Il fallait quand même être un peu fou pour créer à 20 ans un cercle littéraire à Perpignan, au moment même où le salon du livre de Paris venait lui aussi de naître ! Comment imaginer alors que Perpignan deviendrait au fil des ans une destination littéraire incontournable.

Saint-Exupéry a dit « fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité ».

J’ai acquis depuis tout ce temps la conviction qu’il n’y a que deux conduites dans la vie ou on la subit ou on l’accomplit.

La politique a toujours été l’autre passion de ma vie. J’ai grandi dans une famille gaulliste. Mon père aimait le Général de Gaulle, c’était son modèle. Mon modèle à moi à cette époque était Jacques Chirac.

Carte du RPR en poche, j’ai fait la campagne de Jacques Chirac en 1981. Nous étions jeunes et un peu fous, nous rêvions de changer le monde.

A 18 ans, j’ai découvert la vie militante au siège du RPR, rue de l’Ange à Perpignan et je me suis retrouvé propulsé « délégué départemental des jeunes du RPR ». Notre délégué national à Paris n’était autre qu’un jeune homme de 24 ans, un certain Nicolas Sarkozy à qui Jacques Chirac venait de confier la mission de s’occuper de la jeunesse.

J’ai suivi avec bonheur son ascension de la conquête de la mairie de Neuilly jusqu’à la Présidence de la République. Il est un modèle pour moi.

Par la suite je suis devenu Sarkozyste et je le suis toujours aujourd’hui.

D’ailleurs je connais beaucoup de Sarkozyste à Perpignan et je ne vois pas comment un Sarkozyste ne peut pas ne pas voter pour Louis Aliot.

Pour revenir à Perpignan, Jean-Marc Pujol m’a remis, il y a quelques jours, la Médaille de la Ville à l’occasion de la cérémonie des vœux au monde culturel. Cette médaille a une valeur symbolique pour moi. Son attention m’a touchée et je l’en remercie.

Lorsque Jean-Marc m’a proposé il y a quelques jours de rejoindre sa liste pour l’élection municipale de mars 2020, j’ai décliné sa proposition.

Nous nous sommes toujours parlé avec franchise et à cœur ouvert avec Jean-Marc. Nous sommes amis depuis 40 ans et nous le resterons.
Le temps politique est un temps différent de celui que nous avons vécu ensemble, il ne doit pas nous empêcher de rester amis.

J’ai justifié mon refus de rejoindre son équipe car je ne partage pas son slogan de campagne : « Je suis le rempart contre les extrémistes ». Louis Aliot n’est pas un extrémiste c’est tout le contraire.

J’ai dit à Jean-Marc Pujol dans son bureau qu’il avait tort de prendre cette posture.

Louis Aliot et Jean-Marc Pujol sont deux hommes de grande valeur. Ils ont siégé ensemble pendant six ans au conseil municipal et j’ai cru comprendre que les relations humaines avaient été respectueuses.

La gauche part unie avec Les Verts et le Parti Socialiste et Agnès qui est une femme de conviction est une bonne candidate pour défendre leurs idées de gauche.

Je souhaite à présent vous parler des raisons de mon engagement aux côtés de Louis Aliot.

Je suis heureux de le rejoindre dans une liste d’ouverture et de droite pour les élections municipales de mars 2020.

Entre Louis et moi, c’est l’histoire d’une rencontre. J’ai appris à le connaitre et j’ai découvert au fil de nos échanges qu’il était tout le contraire de la caricature politique dont il est souvent la victime. Louis c’est un homme honnête et franc, bienveillant et même réservé et timide. Tout le contraire d’un homme brutal. C’est un homme de cœur. Il est tout sauf sectaire. Ce qui le passionne c’est la confrontation des idées. Il ne confisque jamais le débat démocratique, car il sait que la confiscation de tout débat est le propre des gens qui n’ont rien à dire. Ceux qui se réfugient derrière le terrorisme des bavardages en le traitant d’extrémiste ou de populiste sont à bout d’argument.

Il est tant d’ouvrir les yeux ! Mais enfin regardez nous ? Nous avons des têtes d’extrémistes ?

Je le pense sincèrement les Perpignanais n’en peuvent plus d’être les otages d’une dictature morale.

Je me suis pleinement retrouvé dans son ambition culturelle pour Perpignan, mais nous aurons l’occasion d’en reparler à une autre occasion.

L’offre politique de cette élection municipale à Perpignan est riche, à gauche comme à droite. C’est une chance. Personne n’a le monopole de la victoire et je pense que cette élection se jouera sur le terrain des idées et des projets et non sur celui de l’invective et de la haine. Je sais que la plupart des candidats et notamment Jean-Marc Pujol, qui a toujours été un homme courtois, partage mon sentiment.

Il n’est pas sain de monter les perpignanais les uns contre les autres et les divergences d’opinion ne doivent jamais justifier l’invective et la haine dans le débat public.

Rendez-vous compte : près de 500 Perpignanais, à travers leur engagement sur l’ensemble des listes vont participer à cette élection. Cela témoigne d’une vie politique et démocratique riche et vivante à Perpignan.

En ce jour de la fête du Saint patron des amoureux, je voudrai terminer mon propos en faisant miens ceux du Pape François qui s’est exprimé l’an passé devant des milliers de fiancés qui fêtaient la Saint-Valentin dans l’euphorie sur la place Saint-Pierre. Le souverain pontife les a exhortés « à ne pas avoir peur des choix définitifs »

Alors n’ayons pas peur ! Bonne fête des amoureux à tous ».

 

André Bonet.