Comme nous vous l’annoncions dans nos colonnes, des changements étaient en préparation au sein de l’administration du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, présidé par la sénatrice socialiste Hermeline MALHERBE.

Les nominations de deux nouveaux directeurs généraux adjoints (qui devraient être effectives dans les premières semaines de 2016) ont été annoncées cette semaine aux élus de la majorité.

Bernard LE FLOCH, ancien Directeur général des services de l’agglomération de Carcassonne, qui s’était exilé au Conseil Général de Saône-et-Loire, où il a occupé les fonctions de Directeur général-adjoint « Ressources », remplacera Jérémie LE FOUILLER à la tête de la direction des Solidarités.

Coucou le revoilou : Jérémie LE FOUILLER, après un passage éclair au poste de Directeur de la Compensation de la perte d’autonomie de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), reviendrait quelques mois après son départ en terre catalane et serait en charge des « Ressources », comprenez ici « Ressources Humaines et Finances » !

Un Directeur général-adjoint Ressources pour remplacer un spécialiste des politiques sociales et vice-versa, il fallait oser y penser tout de même.

Mais certains élus voient dans le retour de Jérémie LE FOUILLER, un fidèle de la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, Ségolène NEUVILLE, la mainmise de cette dernière sur l’administration départementale… C’est en tout cas les commentaires qui allaient bon train, hier à midi, à table dans le Hall Guy Malé de l’Hôtel du Département (voir l’article précédent à ce sujet).

Le voilà en tous cas dans les pas d’Henri LEBEAU, actuel Directeur Général des Services (DGS) du Département, qui avait occupé le poste de Directeur général-adjoint aux Ressources avant de devenir le chef de l’Administration départementale.

Cela s’appelle de « l’innovation permanente ».

L’avenir nous dira si c’est bien Jérémie LE FOUILLER qui sera le futur DGS lorsque que M. LEBEAU fera valoir ses droits à la retraite (vraisemblablement nous a-t-on dit hier à midi, au cours du second semestre 2016).

En tout cas, nous sommes là bien loin des propos tenus par le secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et  la Simplification, Thierry MANDON, qui a déclaré maintes et maintes fois dans les médias : « Il faut diversifier le recrutement de la haute fonction publique ».

Mais une opposition perceptible monte dans les rangs de la Majorité départementale de gauche (PS/ PCF/ PRG/ DvG) au vu de la reprise en main de l’institution par la dynamique et décidément ambitieuse secrétaire d’Etat : « On nous cache tout, on n’est jamais consulté mais cette fois-ci on ne va pas se laisser faire », nous confiait un élu qui a participé au déjeuner d’hier.

A l’heure où les tensions semblent se cristalliser entre Ségolène NEUVILLE et Hermeline MALHERBE, certains proches de la présidente expliquent volontiers aux journalistes « qu’Hermeline va de plus en plus se consacrer à son mandat de sénatrice en vue de sa réélection et qu’après celle-ci, elle abandonnera la Présidence du Conseil Départemental à Ségolène NEUVILLE. » Loi anti-cumul de mandats oblige. Mais Mme MALHERBE a-t-elle la moindre chance d’être élue sénatrice, en 2017, tout en étant plus à la tête du Département ?

S.B.