Pour les uns, le conseil communautaire de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), qui se tenait ce lundi soir à l’Hôtel d’Agglo de Perpignan, avait des airs de tribunal, tellement l’atmosphère y était pesante, le climat lourd. Pour les autres, c’était plutôt « Au théâtre ce soir », avec la participation exclusive d’élus transformistes ayant revêtu le costume de dramaturge, en maîtres de l’épouvante. Pour d’autres encore, c’était « Ne dites pas… Dites… », le temps d’une autopsie de ladite collectivité territoriale. Rideau !

 

Robert Vila (LR/ Les Républicains), président de PMM, maire de Saint-Estève et conseiller départemental, a tout gagné ce lundi soir. C’est un sans faute. Il a fait d’une pierre… trois coups !

Successivement : il a fait voter son budget primitif (il y a peu encore c’était loin d’être gagné – nous en reparlerons) ; il a fait voter la mise sur rails du projet Ecole 42 porté par son 2e vice-président et patron des patrons à la Chambre de Commerce et d’Industrie des P-O (la CCI’66), le chef d’entreprise rivesaltais Laurent Gauze ; il a fait voter – par 51 voix pour contre 25 sur 87 votants – la destitution du maire du Barcarès, Alain Ferrand, de son poste de Premier vice-président.

Certes, parfois, les débats ont été particulièrement houleux : comme lorsque la maire du Soler, Armelle Revel-Fourcade, a quitté l’hémicycle en claquant la porte, furieuse de ne pas avoir réussi à renvoyer aux calendes grecques l’ouverture de l’Ecole 42 (qui pourrait faire de l’ombre à son IDEM solérienne). Cela n’a pas empêché, à la fin de la partie, plusieurs jeunes gens soutenant l’Ecole 42 d’aller complimenter Laurent Gauze.

Ou encore lorsque des intervenants, la main sur le coeur, estampillés jury version The Voice – ou casting Koh Lanta, on ne sait plus – « crocheteurs du Port au Foin » chers à notre bon La Fontaine, et néanmoins amis d’Alain Ferrand, sont allés jusqu’à maîtriser syntaxe et subjonctif pour lui épargner le fameux « retour de bâton » en famille politique, suite à ses démêlés judiciaires.

Dans les deux cas, rien y a fait. L’Ecole 42 verra bien le jour. Et Alain Ferrand devra faire ses valises, pour laisser vacant le plus tôt possible son bureau de Premier vice-président de PMM. Les temps sont durs (pour tout le monde si cela doit le rassurer).

Pareil au moment du vote du Budget Primitif, dit le « BP ». Alain Dario, son rapporteur, a été efficace, reconstituant des tableaux (financiers) avec une franchise et une loyauté qui ont fait mouche, en reconnaissant et en admettant des imperfections. Mais dans ce chapitre, c’est l’intervention de l’élue perpignanaise Marie Bach, 2e adjointe au maire de Perpignan (Louis Aliot, RN) déléguée aux Finances, qui a été la plus écoutée, en signant un discours remarquable qui fera date (dans l’hémicycle). Au final, le Groupe de Louis Aliot (31 élus) n’a pas voté contre, il s’est abstenu. C’était écrit.

S’il est un groupe en revanche, sur les bancs de l’Assemblée communautaire, qui donne des signes de faiblesse, qui aurait comme on dit « du plomb dans l’aile », c’est bien celui de l’ancien maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol (LR), le prédécesseur de Robert Vila au perchoir de PMM. S’agissant notamment du cas d’Alain Ferrand, le moins qu’on puisse relater c’est que le Groupe n’a pas fait montre de cohésion. La prudence n’était pas de mise, alors que Jean-Marc Pujol, prenant de la hauteur dans la discussion, avec éloquence, élégance et sincérité, venait de préciser son soutien au maire du Barcarès, « au nom de la présomption d’innocence », et d’inviter les élus communautaires à faire de même. Ils ne l’ont pas suivi. Pas cette fois-là en tout cas.

 

L.M.