A l’origine de la convocation, ils devaient tous se retrouver, toutes tendances politiques confondues, en mairie de Saint-Estève, pour « en parler », pour entendre les candidats déclarés pour briguer la présidence de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM)  dans la succession à Jean-Marc Pujol (LR) défait à Perpignan le dimanche 28 juin par Louis Aliot, le député (RN) de la 2e circonscription des P-O.

PMM, c’est trente six communes, environ 285 000 habitants… et donc 88 délégués communautaires au total pour assurer la gestion de la gouvernance de ce vaste territoire qui s’étire de Ponteilla-Nyls jusqu’au Barcarès, en passant par Le Soler, Estagel… et évidement Perpignan.

C’est ce samedi 11 juillet, à partir de 9h, que tout ce beau monde est appelé à élire le nouveau président de la métropole Perpignan Méditerranée.

Sur le papier, Louis Aliot pèse très exactement trente-et-une voix, celles de son équipe perpignanaise au complet.

Restent donc cinquante-sept voix éparpillées entre la Droite, la Gauche, le Centre… et les Non Inscrits. Certains maires de PMM rêvent d’une sorte de « magma républicain » pour faire front à Louis Aliot. Nous y revoilà !

Chez Les Républicains des Pyrénées-Orientales (LR’66), deux maires, deux personnalités complètement à l’opposé, ont à ce jour candidaté : Alain Ferrand, le très entreprenant et bouillant maire du Barcarès ; et Robert Vila, le plus que discret maire de Saint-Estève malgré son imposante carrure de 3e ligne en Ovalie.

Depuis plusieurs jours, les deux élus déroulent leurs programmes, leurs ambitions. Coaché par Jean-Paul Billès, le maire de Pézilla-la-Rivière décidément très impliqué dans cette élection, Robert Vila incarne la continuité, la pérennité d’un système mis en place par Jean-Paul Alduy, du temps de l’Agglo, puis assumé avec rigueur par Jean-Marc Pujol jusqu’à sa défaite dimanche dernier. Alain Ferrand se situe à l’inverse de cet état des lieux, il veut tourner la page pour ancrer PMM dans de nouvelles attractivités en tenant compte de tous les choix exprimés par les électeurs lors des « municipales-COVID 19 ». Bref, on l’aura compris, il veut donner un coup de pied dans la fourmilière.

Et bien évidemment, cela ne plait pas à tout le monde, surtout à certains confortablement assis sur leurs acquis. Alain Ferrand en a fait les frais hier soir. Il s’est pointé à la fameuse réunion en « terrain neutre » chez les Stéphanois qui l’attendaient de pieds fermes – c’est une image – après avoir chamboulé l’ordre du jour de la soirée à la dernière minute pour y inclure le vote (qui n’était donc pas prévu) de celui qui poussé par tous dans le cadre d’une candidature unique, devra aller affronter ce samedi Louis Aliot.

Ni une ni deux, après avoir haussé le ton et vilipendé au passage « un déni de démocratie », le maire du Barcarès s’en est allé, non sans claquer la porte précautionneusement.

Même s’il n’en était pas question à l’ordre du jour initialement, un vote à bulletins secrets aurait quand même été organisé et, unique candidat unique : Robert Vila serait sorti grand vainqueur de l’urne.

De sources concordantes, on apprenait dans la soirée qu’Alain Ferrand maintenait ses ambitions pour PMM.

Un élu présent à cette soirée s’inquiète de la façon dont certains débats « dans les préparatifs de cette élection pour la présidence tentent d’isoler totalement Perpignan… On ne peut tout de même pas reprocher aux Perpignanais d’avoir voté. C’est un comble ! ». Un autre, qui n’a pas assisté aux joutes verbales d’hier, n’hésite pas à dénoncer « des conciliabules indécents, basés parfois exclusivement sur des intérêts personnels, de défense de pré-carré, au détriment malheureusement de l’intérêt général. Tout cela est bien dommage. Et dommageable. Vite, qu’on en finisse ! ».

L.M.