Hier a eu lieu, dans l’amphithéâtre de la communauté urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), l’installation du nouveau Conseil communautaire. Les quatre-vingt huit conseillers communautaires représentant les trente-six communes du territoire de PMM étaient conviés à choisir leur président* et à élire la gouvernance de cette collectivité territoriale, la plus importante sous le soleil du Roussillon puisque pesant environ 280 000 des près de 490 000 habitants des P-O.

La face visible de l’iceberg électoral n’a pas été des plus reluisantes, quant au dessous des cartes…

Au 1er tour de scrutin pour la présidence communautaire :

-Louis Aliot (RN), maire de Perpignan, espérait rassembler sur son nom une fourchette de 34 à 40 voix, bien au-delà des seuls 31 conseillers municipaux de son groupe perpignanais. Il n’a obtenu que 30 suffrages. Même parmi les siens, une voix lui a fait défaut.

-Alain Ferrand (LR/ Les Républicains), maire du Barcarès, comptait mobiliser autour de sa candidature 22-24 conseillers communautaires. Il n’en a eu « que » 18… ce qui n’est tout de même pas si mal car ses « amis » politiques des LR’66 lui prédisaient la déroute avec seulement 5-6 voix.

-Robert Vila (LR), maire de Saint-Estève, pouvait lui compter sur une cinquantaine de voix, dont les 7 d’une Gauche sortie très affaiblie des urnes municipales. A l’arrivée de ce 1er tour de piste, ils n’obtient que 38 suffrages. Bien loin du compte ! Et cela ne va pas s’arranger au 2nd tour, même si Robert Vila sera élu Président.

Au final, que constate-t-on ?

-Que la droite, majoritairement représentée par les LR dans les P-O, est divisée, déchirée, à terre, affaiblie par des règlements de compte en interne. Cela est de mauvaise augure à quelques mois des prochaines échéances électorales, Départementales et Régionales de 2021 (si elles ne sont pas repoussées sur le calendrier).

-Que le nouveau maire de Perpignan, le député RN Louis Aliot a été adoubé – et cela ne peut souffrir d’aucune contestation à la vue du nombre de voix recueillies – par une grande partie dissidente des LR’66, ce qui légitime et entérine encore plus sa victoire aux municipales sur Perpignan, le 28 juin dernier… face au candidat LR et maire sortant, Jean-Marc Pujol, à nouveau humilié hier dans son propre camp. Louis Aliot, dans l’ordre protocolaire, décroche la 5e vice-présidence (sur 15), ce qui symboliquement n’est pas rien.

-Que comme dans la précédente gouvernance, il n’y aura aucune vice-présidence attribuée à la Gauche. Il serait temps que la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga, se méfie de ses relais politiques (à droite) sur le sol roussillonnais… et des abonnés téléphoniques à sa ligne privée !

Entrer dans les détails, les coulisses, les compromissions, par la porte, les fenêtres où par l’ascenseur pour décrire ce qui s’est réellement passé hier dans l’amphi et les étages de PMM, ne servirait (plus) rien. Depuis les « seventies », c’est toujours la même chanson, avec un refrain électoral bien huilé qui ne grandit pas certaines de nos institutions publiques, seuls les acteurs ont changé. Et encore… C’est toujours le même arbre généalogique qui produit le casting.

Parmi les bizarreries administratives de ce mode de scrutin (pur hasard on vous le jure), à PMM en tout cas : une commune comme Le Barcarès, avec ses 6 000 habitants** permanents (surclassée dans la tranche des villes de 80 000 à 150 000 habitants), n’a qu’1 seule voix au sein du Conseil communautaire… comme Calce (210 habitants), Montner (350 hab.), par exemples. Dès lors, peut-on réellement parler de « représentativité démocratique », quant ailleurs (Le Soler, Toulouges…) les conseils municipaux ont plusieurs voix au sein de PMM ? La question est posée.

 

L.M.

 

*Il s’agissait de trouver un successeur à Jean-Marc Pujol (LR)

**De plus, la commune du Barcarès compte 6 000 électeurs inscrits.