Jean Vila, maire de Cabestany et conseiller communautaire, communique :

 

-« Après le séisme de l’élection de Perpignan, l’installation de la communauté urbaine « une véritable charlotade ».

Le titre du journal L’Indépendant d’hier dimanche 12 juillet 2020, résume la journée d’installation, « journée de dupes ».

Pour mieux comprendre les évènements de cette mémorable journée, il faut savoir que l’installation du conseil communautaire avait nécessité, depuis des semaines, plusieurs rencontres de maires de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM). La toute dernière a eu lieu le mardi 7 juillet, à 20h, à Saint Estève, à laquelle pour la première fois j’étais invité :

La désignation des vice-présidents a été arrêtée et surtout la décision la plus importante, celle de présenter un candidat unique à la présidence et d’acter son nom. C’est à une très large majorité que Robert Vila* a été proposé, avec trois abstentions et le maintien de la candidature d’Alain Ferrand**.

Forts de ce consensus de l’ensemble des maires de PMM, c’est l’esprit serein que nous nous rendons samedi à la séance d’installation.

Les trois candidats s’expriment pour présenter leur programme avec une volonté commune, que l’exécutif soit ouvert aux maires quel que soit leur engagement politique.

Présentations faites, je demande à intervenir pour exprimer le choix de ma candidature. Refus du président de séance, le doyen d’âge RN refuse malgré la légitimité de ma demande conformément aux textes. Cela présage des jours compliqués pour le débat des conseils municipaux de Perpignan.

Premier vote pour la présidence, Robert Vila est en tête mais pas de majorité pour être élu au premier tour, Alain Ferrand ayant obtenu 18 voix.

Suspension de séance et Robert Vila, comme beaucoup d’élus, sont surpris de ce premier résultat.

Robert Vila déplore que certains élus promis à une vice-présidence aient soutenu Alain Ferrand. Vote qui pourrait nécessiter de revoir leurs candidatures aux vice-présidences, déclare-t-il.

Nous retournons en séance, n’ayant pu obtenir un accord pour la candidature unique au second tour face au RN.

A peine installés, 2e interruption de séance demandée par Alain Ferrand pour possibles négociations.

Effectivement, dans les couloirs de PMM, j’apprends par L’Indépendant de dimanche, que le maire battu à Perpignan, Jean-Marc Pujol, avait conclu un accord avec Robert Vila et Alain Ferrand pour le deuxième tour.

La très grande majorité des conseillers communautaires ne connaissent pas le contenu de cet accord, et sans les réunir, la séance reprend. Alain Ferrand prend la parole et annonce son désistement.

Robert Vila siégeant à mes côtés m’annonce laconiquement, « Jean, je n’ai pu te sauver », car, à la réunion de Saint-Estève, il avait été acté une vice-présidence pour Cabestany.

Je décide alors d’être candidat à une vice-présidence face au maire d’Espira-de-l’Agly*** qui, le mardi, à Saint-Estève, avait renoncé à toute vice-présidence, très certainement en soutien à Alain Ferrand.

Dans l’accord conclu entre Jean-Marc Pujol, Robert Vila et Alain Ferrand, il est récupéré pour une vice-présidence.

J’obtiens 18 voix, le même score qu’Alain Ferrand à la candidature de la présidence. Louis Aliot est en tête, je décide dans une courte déclaration, de retirer ma candidature pour éviter l’élection de Louis Aliot et je quitte la séance.

2e et 3e tour, Louis Aliot toujours en tête et le maire d’Espira-de-l’Agly est battu. Son attitude durant les diverses réunions, et ses ambitions d’être vice-président après la tractation en coulisse, le rendent co-responsable de l’élection de Louis Aliot à cette vice-présidence.

Co-responsable, car à la lecture et à l’analyse des votes pour Louis Aliot, il est évident qu’il a eu le soutien et la complicité d’élus « Les Républicains ». Le vote à la 5e vice-présidence en est le témoignage.

Une première séance qui augure des jours difficiles à PMM, car malgré toutes les déclarations de bonnes intentions souhaitant une gouvernance partagée faisant fi des appartenances politiques, Cabestany est une des rares communes de la 1re couronne à ne pas avoir de vice-présidence, la présence de l’ancien président de PMM aux négociations n’y est sans doute pas étrangère.

C’est dans la continuité du passé. Jean-Marc Pujol n’aime pas les communistes, c’est un gène qu’il a en commun avec Louis Aliot.

Cet épisode de la vie politique de ce département ne peut être qu’un encouragement au vote abstentionniste des électeurs. Je peux comprendre leur dégoût pour toutes ces magouilles électorales. C’est un spectacle lamentable de petits arrangements entre amis pour une gouvernance entre copains qui dure ici depuis des années. Tous les élus ne sont pas pareils et si les habitants étaient associés citoyennement parlant aux décisions comme devrait le faire la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole, nous n’en serions pas là ».

 

Jean Vila, maire de Cabestany

 

*Robert Vila, maire de Saint-Estève, conseiller départemental.

**Alain Ferrand, maire du Barcarès.

***Philippe Fourcade, maire d’Espira-de-l’Agly.