Communiqué de presse de Bruno LEMAIRE, conseiller municipal et communautaire de Perpignan (Groupe Perpignan Ensemble avec Louis ALIOT).

« Après un long préambule expliquant que le contexte français, et les consignes de la nouvelle administration Macron, allaient réduire encore davantage les marges de manœuvre de Perpignan Méditerranée Communauté Urbaine, l’adjoint aux finances de PMCU, par ailleurs maire de Canet, nous a fait part des 3 préconisations principales de la CRC (Chambre Régionale des comptes)

1) Organiser un suivi régulier des emprunts « structurés »
2) Construire une « trajectoire de désendettement »
3) Réduire le niveau d’investissements de PMCU
Sur le point 1, le maire de Canet paraissait très heureux de dire qu’il n’avait plus lieu d’être, puisque les derniers emprunts structurés avaient été « désensibilisés » en 2017. Jolie litote pour dire, ou plutôt ne pas dire, qu’un emprunt, initialement de 20 millions d’euros, allait finir par coûter au contribuableprès du triple dont plus de 27 millions au contribuable ‘national’, en espérant sur ce dernier point que l’Etat, coupable implicite d’avoir laissé une collectivité s’endetter aussi bêtement auprès du Crédit foncier de France, tienne ses engagements.
Sur le deuxième point, on ne peut qu’être d’accord avec la CRC, à savoir que l’endettement de PMCU étant déraisonnable, près de 1900 euros par habitant, auquel il faut ajouter les impôts particuliers à chaque commune, à peu près 1800 euros pour un perpignanais, il est plus que temps, effectivement, de commencer à diminuer le montant de cette dette. Mais peut être aurait-il été sage d’expliquer aux conseillers communautaires, et, au-delà, à l’ensemble de la population vivant dans l’une des 36 communes de PMCU pourquoi la dette de la toute nouvelle communauté urbaine avait atteint de tels sommets. Comment faire confiance à des élus de la nouvelle majorité, élue en 2014, très proche de la majorité élue en 2008 et 2009, si ces élus ne prennent pas leur part de responsabilité et ne nous expliquent pas en quoi ils vont mieux gérer PMCU que leurs prédécesseurs.
Sur la dernière préconisation de la CRC, du moins la dernière que Monsieur Dupont a mentionnée, à savoir la réduction des investissements, nous sommes plus dubitatifs.
De fait, le critère retenu pour montrer la bonne volonté de bonne gestion de la majorité actuelle est la capacité de désendettement, telle qu’elle est mesurée par le ratio « encours de la dette » divisé par montant de l’épargne brut. Acceptons ce ratio comme critère, même s’il y en a beaucoup d’autres, mais encore faudrait-il se mettre d’accord sur la dette à prendre en compte. Est-ce la dette du seul budget principal, ou bien au contraire la dette portant sur l’ensemble des budgets, le principal plus les annexes.
Pour l’habitant de PMCU, ce qui compte, c’est la dette qui le concerne, mais pour le vice-président de la communauté urbaine, il est évidemment plus commode de choisir comme encours de dettes les 260 ou 270 millions d’endettement du budget principal que les 561,346 millions de l’ensemble des budgets.
Mais même en retenant cet artifice comptable, la vraie question devrait porter sur la façon dont on peut faire baisser ce ratio. On peut certes augmenter l’épargne de l’exercice budgétaire concerné, soit en diminuant les frais de fonctionnement, soit en augmentant les recettes fiscales, ce qui peut avoir un effet de court terme, mais sans doute difficile à maintenir dans la durée. Mais on peut aussi essayer de changer l’optique des investissements, sans nécessairement diminuer leur montant mais en s’abstenant de se lancer dans des investissements de prestige, qui n’apportent pas grand-chose d’autre que la satisfaction de l’ego de certains élus, même s’il n’y a pas nécessairement de soupçons de corruption ou d’électoralisme derrière certains chantiers.
De fait, notre position est que l’on ne doit pas sacrifier des investissements à une contrainte purement comptable, mais que ces investissements doivent être consacrés au bien commun, et pour cela doivent être décidés après une concertation la plus large possible, et pas dans le secret de certains cabinets ou pour plaire à tel ou tel lobby. Espérons que ce sera bien le cas dans l’avenir, pour le bien de tous. Mais, pour cela, faudrait-il que les responsables de la situation présente, ou plus précisément les responsables des 10 dernières années, reconnaissent leurs erreurs, voire leurs échecs. Les échanges de ce jeudi 15 février ne nous ont pas rendu optimistes sur ce point, le maire de Cabestany feignant même de n’avoir aucune responsabilité, ni locale ni nationale, dans la gabegie locale et nationale d’un gouvernement Hollande qu’il avait appelé de ses vœux, ou de celui d’un Macron pour qui il a voté, en tant que représentant d’une sensibilité « progressiste » ».