Jean-Paul Billes (Pézilla-la-Rivière), Robert Vila (Saint-Estève), Philippe Fourcade, Laurent Gauze (Rivesaltes)… peu importe les ambitions (et les soutiens) des uns et des autres pour succéder à Jean-Marc Pujol (LR), l’Encore président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), battu dans son fief perpignanais, hier dimanche 28 juin 2020, à l’occasion du 2nd tour des élections municipales.

D’abord, Jean-Marc Pujol n’a pas dit son dernier mot. Bien que défait à Perpignan et relégué au simple rôle de conseiller municipal dans l’Opposition, il peut toujours continuer de siéger dans les deux collectivités et, pourquoi pas, se présenter à sa propre succession à la présidence de PMM. C’est le scénario envisagé par certains délégués communautaires, toujours convaincu que Jean-Marc Pujol peut continuer de diriger la plus importante intercommunalité du département.

Ensuite, quelle est la réalité à la sortie des urnes municipales du 15 mars et d’hier ? Aucune formation politique, aucun groupe, ne peut se targuer d’avoir la majorité absolue dans l’hémicycle de PMM : ni l’équipe autour du nouveau maire de Perpignan, Louis Aliot, ni la Droite ni la Gauche qui n’ont plus de leaders charismatiques. A moins que dans le secret des coulisses de l’Occitanie ambiante, une alliance soit déjà scellée pour présenter une candidature unique, à la fois soutenue par la Gauche et par la Droite… Tout reste possible, à ce stade, et à moins d’un an d’autres échéances électorales (départementales et régionales) qui s’annoncent compliquées à étiqueter.

Enfin, dans ce contexte, en fonction des « troupes politiques » en présence, quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, c’est Louis Aliot qui aura toujours la main sur la partie. S’il n’obtient pas de majorité absolue au 1er tour, le nouveau maire de Perpignan pourra toujours « être faiseur de roi » les tours suivants et choisir par élimination un élu (hors de son équipe) dans le cadre d’une majorité relative… bancale !

Mais s’il y a une chose que les délégués communautaires de PMM doivent bien retenir de la leçon républicaine infligée à Jean-Marc Pujol par Louis Aliot, hier : c’est que les Perpignanais ont voulu dégager un système poussif, usé et biberonné au népotisme. Remettre en selle ce système simplement en le déplaçant, en le déménageant de La Loge (siège de la mairie) pour l’installer entre petits-copains-coquins (c’est ainsi que cela sera interprété) dans le quartier d’affaires Centre-Del-Mon (siège de la communauté urbaine), serait une erreur fatale. L’exemple de Béziers est révélateur à ce sujet.

Brillamment élu maire de Béziers en 2014, les communes satellites lui ont pourtant refusé par pure idéologie la présidence de la communauté Béziers-Méditerranée. Bilan : six ans plus tard, Robert Ménard est réélu maire de Béziers avec un score fleuve, digne d’un scrutin « à la Poutine », mais entièrement démocratique. En l’isolant, en tout cas en croyant le tenir à l’écart, les adversaires politiques de Robert Ménard n’ont fait que renforcer sa légitimité et, surtout, sa popularité. N’aurait-il pas mieux valu, dès 2014, lui laisser toutes les commandes pour mieux mesurer ses capacités à gérer – ou pas – une collectivité territoriale importante ?…

Nos élus de PMM devraient méditer ce petit rappel historique.

Hier, les Perpignanais ont tranché. Démographiquement, ces derniers pèsent près de la moitié de la population recensée dans les trente-six communes qui forment la Métropole.

L.M.

 

 

 

 

Louis Aliot, en route…