Motion présentée par l’Intersyndicale des professeurs « collège des personnels enseignants » du lycée Maillol (FO, CGT, FSU, Solidaires, SNETAA, CNT) à l’occasion du Conseil d’Administration du 23 janvier 2018. Elle a obtenu le soutien des représentants des trois collèges « personnels ATOSS », « parents d’élèves » et « élèves ».

La DHG (Dotation Horaire Globale) est l’enveloppe de moyens en heures attribuée chaque année aux établissements scolaires pour fonctionner l’année suivante. D’elle et de sa répartition dépendent la structure en classes, les effectifs des classes, la possibilité ou pas de dédoublements de cours, la mise en place de projets pédagogiques centrés sur la réussite des élèves etc. Ils résultent de choix effectués dans un cadre contraint.
La répartition de la DHG pour le lycée général et technologique a été ainsi repoussée à une large majorité.

Depuis 5 ans la prétendue priorité donnée à l’Éducation Nationale ne s’est traduite par aucune amélioration des conditions d’enseignement ni pour les élèves ni pour les professeurs.
Au lycée Aristide Maillol, comme dans d’autres lycées, la mise en place de la réforme des lycées a introduit un déséquilibre entre filières, réduit le nombre d’heures d’enseignement à effectif réduit, mis en danger l’existence d’options. L’introduction d’un accompagnement, qui n’a de personnalisé que le nom, a aussi introduit des inégalités entre classes, et ne répond absolument pas aux besoins du public spécifique que nous accueillons.
Dans les sections générales et technologiques, les enseignements à effectifs dédoublés ne correspondent toujours pas à la fragilité sociale de la population scolaire accueillie dans notre lycée.
La Dotation 2018 s’inscrit toujours dans une logique comptable qui s’affranchit des besoins réels de notre lycée, puisque malgré une augmentation des effectifs, c’est bien une diminution des moyens horaires que l’on nous propose avec une dizaine d’heures en moins pour la prochaine rentrée. Cette logique ne peut donc fonctionner qu’en alourdissant encore les effectifs dans les classes.
La prévision de structure qui conditionne la dotation en moyens, relève, elle aussi, d’une logique qui nous échappe, puisqu’elle entérine la création d’une nouvelle classe spécialité ES en 1ère et en terminale sur la base d’un pari sur les orientations des élèves, sans véritable préoccupation de leur réussite. Ce pari risqué, selon nous, valide un modèle qui entraine une sous-représentation de la filière STMG avec seulement deux classes pour 2 200 élèves.
Dans l’ensemble du lycée, et particulièrement dans les sections professionnelles, en première ligne des difficultés, ce sont les nombreuses heures supplémentaires que devront assurer un bon nombre d’enseignants qui vont alourdir les conditions de travail des élèves et des professeurs, aggravant un peu plus encore les tensions déjà présentes.
Autre illustration de cette déconnexion des moyens et des besoins, notre lycée, qui accueille une population de « CSP défavorisée » de 10 points plus élevée que la moyenne académique, est aussi celui qui figure en tête du classement des établissements avec les effectifs moyens par division les plus élevés.
Cette vision étriquée des besoins de notre établissement est une négation de la spécificité de la population accueillie au lycée Maillol, ce qui risque de décourager l’engagement reconnu de l’ensemble des équipes éducatives déjà sous tension et fatiguées par des conditions de travail en constante dégradation.
Au final, toute tentative de répartition, d’une dotation qui reste notoirement insuffisante, est une entreprise qui n’est pas en mesure de répondre à l’impérieuse nécessité d’un accompagnement de qualité pour tous nos élèves, et particulièrement pour ceux en situation de handicap social.
C’est la raison pour laquelle nous nous opposons à une dotation, qui loin de répondre aux besoins des élèves, entérine une situation de pénurie et des conditions d’enseignement dégradées.