« Dire que je m’attendais à un tel succès, au niveau de l’affluence des électeurs, pour cette « primaire » du PS… Disons plutôt que je l’espérais ! », savoure Me Jacqueline Amiel-Donat, conseillère municipale d’Opposition de la Ville de Perpignan, responsable départementale du PS et défendant très énergiquement sa candidate dans ce scrutin, Martine Aubry, dont elle est, assure-t-elle, la déléguée pour les Pyrénées-Orientales. « Je le sentais parce que pendant toute cette semaine qui a précédé le scrutin, j’ai été attrapée dans la rue par plein de gens qui m’ont posé tout un tas de questions sur cette initiative. J’ai même vu des gens de droite venir me féliciter, nous encourager, tellement ils sont séduits par la démarche, me disant « je trouve que c’est bien de pouvoir décider ». Ce qui est surprenant aussi, c’est de constater, ce matin, dans les bureaux de vote, à Perpignan en tout cas, que tout le monde se sent concerné ; jeunes et aînés, ouvriers et cadres d’entreprise ; depuis ce matin j’ai vu défiler toutes les couches sociales et générationnelles de la société… ».
Depuis l’ouverture des quatre bureaux de Perpignan, Me Jacqueline Amiel-Donat s’active, en bas et en haut des escaliers qui mènent aux isoloirs, sur le trottoir pour diriger les nombreux électeurs un peu paumés dans cette ambiance parfois surréaliste, tellement les organisateurs semblent avoir été pris de court par la popularité du mouvement !
C’est que les quatre bureaux de vote cumulés pour cette « primaire » qui doit choisir le candidat socialiste (et de la gauche plus largement) pour l’élection présidentielle de 2012, représentent une « force de frappe » électorale d’environ 52 000 électeurs-trices : 15 000 pour le Bureau 1 ; 22 000 pour le Bureau N°2 ; 7 000 pour le Bureau 3 et 8 000 pour le Bureau N°4. « Cela fait un nombre d’électeurs potentiels considérable », reconnait Me Jacqueline Amiel-Donat, qui de par ailleurs s’inquiète « d’une regrettable confusion… Au N°2, notamment, où tous les moyens n’ont pas été mis en place pour assurer une bon déroulement du scrutin, en tout cas du côté de la fluidité de la circulation, on assiste à des queues spectaculaires, ça bouchonne en permanence, les gens se marchent dessus… C’est infernal ! De par ailleurs, les habitants de la commune du Soler ne comprennent pas pourquoi ils doivent venir voter à Perpignan, tandis qu’une dizaine de milliers d’électeurs perpignanais doivent aller voter à Bompas ou à Cabestany, selon le bureau de vote où ils sont inscrits… Tout cela reste confus et c’est dommage… ».
Comment Jacqueline Amiel-Donat explique-t-elle cet engouement ? « Je pense que l’engouement est né des débats télévisés, car contrairement à ce qu’a raconté une certaine presse nationale de droite, dans ces débats il s’est dit beaucoup de choses, il y a eu du fond ! ».
Alors, qui sera l’heureux élu de la journée : Martine Aubry (la favorite de Jacqueline Amiel-Donat) ? François Hollande (le favori de Christian Bourquin et d’Hermeline Malherbe) ? Jean-Michel Baylet ? Arnaud Montebourg ? Ségolène Royal ? Ou Manuel Valls ?