Il se dit en hauts lieux qu’en cas d’annulation du 1er tour des élections municipales, dans les communes où l’on attend encore de voir venir le second tour, l’Elysée-Matignon souhaiterait remplacer Romain Grau par Jean Castex lors des prochaines élections municipales sur Perpignan, à la tête d’une liste LaREM-LR-Centre droit

Tentative d’explication…

Romain Grau, député LaREM (La République En Marche) de la 1re circonscription des P-O, conseiller départemental, avocat de formation et vigneron par passion, ex 1er adjoint « alduyiste »* de Jean-Marc Pujol à la Ville de Perpignan, est arrivé seulement en 4e position, lors du 1er tour le dimanche 15 mars dernier, avec 13,17% des suffrages exprimés (soit 3 425 voix dans une ville de plus de 120 000 habitants). Il concourait à la tête d’une liste fourre-tout** estampillée Divers-Centre soutenue par le parti de la Majorité présidentielle, LaREM. La liste de Romain Grau a été largement devancée et distancée par celles de : Louis Aliot (RN), député de la 2e circonscription des P-O avec 35,65% ; Jean-Marc Pujol (LR), maire sortant, avec 18,43% ; et Agnès Langevine (EE-LV, PS, DvG), vice-présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée), avec 14,41%

Jean Castex, membre du parti Les Républicains (LR), qui se présentait en Conflent pour sa réélection dans son fief, à Prades, sous-préfecture des P-O, a lui fait un carton : avec une participation qui s’est élevée à 53,69%, il a obtenu 75,72% des suffrages exprimés ! Un record sur la vaste scène politique régionale pour une commune de cette dimension démographique, environ 6 200 habitants.

Haut-fonctionnaire, maire de Prades depuis mars 2008, conseiller départemental depuis mars 2015, ex conseiller régional (mars 2010 – avril 2015) et ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la république (février 2011-mai 2012) sous Nicolas Sarkozy, Jean Castex aura 55 ans le 25 juin prochain. Bien que né dans le Gers, à Vic-Fezensac, il s’est vite imposé, à droite, dans le paysage politique roussillonnais, bousculant les éléphants et autres dinosaures du coin.

Il est surtout sous la rampe des feux de l’actualité depuis que l’Elysée-Matignon l’a nommé, l’an passé, délégué interministériel aux grands événements et président de l’Agence nationale du sport (l’ANS)… et, notamment, depuis le 2 avril de cette année, il est le « Monsieur Déconfinement » du Gouvernement d’Edouard Philippe, imposé par le Président Macron, chargé de coordonner la sortie progressive de la France du confinement dû à la pandémie du COVID-19 (coronavirus).

A Paris, dans les coulisses du pouvoir, Romain Grau serait devenu un fardeau trop encombrant au sein de la diplomatie bilatérale franco-espagnole. En quelques mots : Paris et Madrid ne le voudraient plus car jugé trop indépendantiste. Il en va de même pour Jean-Marc Pujol dont les gestes répétés et réguliers d’honneur et de soutien en faveur des séparatistes catalans nuiraient, empoisonneraient en tout cas les rapports entre la France et l’Espagne.

Paris, du côté de l’Elysée-Matignon***, aurait donc tranché : ni Romain Grau ni Jean-Marc Pujol, si on devait refaire le match électoral. De toutes façons, les résultats du 1er tour de ces municipales inachevées sont sans appel pour le premier (R. G) comme pour le second (J-M. P) : les électeurs ont (déjà) tranché, même si en politique il ne faut jamais vendre la peau de l’Ours avant de l’avoir tué.

A Perpignan, une candidature Jean Castex pourrait avoir de la gueule, d’autant plus qu’elle rassemblerait plus largement (et en cohérence) sur l’échiquier politique local. On sait, par exemple, que Jean Castex et la candidate Clotilde Ripoull (5,99% le 15 mars dernier). Dans les allées du pouvoir local, fréquentées par des dignitaires du régime, on fait remarquer : « Pourquoi pensez-vous que le Gouvernement n’en finit plus de faire des courbettes médiatiques à LR et de hisser Jean Castex à la Une ? Le Gouvernement, à la vue des résultats du 15 mars dernier, a compris que Romain Grau, son poulain étiqueté LaREM, et Jean-Marc Pujol, qui se voulait inoxydable, n’ont aucune chance de l’emporter face à Louis Aliot ! Aucune. A ses yeux, seule une candidature venue de l’extérieur du marécage politico-perpignanais, celle par exemple de Jean Castex, pourrait sauver les meubles. Et encore… Le Président Macron ne veut surtout pas rester dans l’histoire comme celui qui a remis les clés d’une ville française de plus de 100 000 habitants, Perpignan en l’occurrence, à l’extrême-droite. Mais dans ce jeu politicien de cache-cache, je note que Louis Aliot a déjà la clé dans la serrure de l’Hôtel-de-Ville… ».

A suivre.

Et surtout à vérifier, car ce n’est là qu’une rumeur, certes insistante, mais une rumeur.

 

* »Alduyiste » = par rapport à Jean-Paul Alduy, ex-sénateur-maire de Perpignan, ancien conseiller général des P-O, ancien président de la Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA).

**Liste fourre-tout composée avec d’anciens transfuges du FN, du PS, de LR, du MoDEM, etc.-etc.

***N’oublions pas qu’au sommet de l’Etat LaREM (le parti d’Emmanuel Macron) et LR (le parti d’Edouard Philippe) font déjà cause commune…