L’implication, le mois dernier, d’un adulte-relais dans une affaire de délinquance à Perpignan, continue de susciter de nombreuses réactions. La question est de savoir si le maire, Jean-Marc Pujol (UMP), a-t-il bien été informé de curriculum-vitae de la personne qu’il a embauché ?

Une enquête au sein des services de l’Etat de la préfecture des Pyrénées-Orientales – Qui n’ont jamais contribué au financement de la rémunération de l’intéressé, aujourd’hui incarcéré après avoir tabassé des gendarmes du GIGN à la sortie d’une discothèque perpignanaise – et de la Ville permet d’affirmer aujourd’hui que la Municipalité de Perpignan était au courant du casier judiciaire de la personne (un caïd des quartiers) embauchée…

Les faits : la préfecture avait une ligne budgétaire pour des emplois « adulte-relais ». Les services ont relancé la mairie de Perpignan afin qu’elle propose des noms. La mairie a fait parvenir une liste de noms à la préfecture des P-O, parmi lesquels figurait un « caïd des quartiers », avec un casier judiciaire long comme un bras !…

Un jury a été organisé auquel a participé naturellement la représentante du préfet des P-O, en charge du service concerné et compétent pour donner une réponse administrative.

Lors de l’audition des candidats, justement cette représentante du préfet a émis un avis réservé concernant l’embauche de la personne aujourd’hui aux arrêts. Une enquête a été confiée aux serrvices de Police à propos de tous les postulants, et cette enquête a confirmé les doutes de la représentante du préfet, en indiquant « Que cette personne n’avait pas le profil pour être recrutée en tant qu’adulte-relais, car manque de compétences pour tenir le poste et connu très défavorablement des services de Police »

Sur ce, la représentante du préfet des P-O a rédigé une note, en direction du Secrétaire général de la Préfecture, pour émettre un avis défavorable concernant ce recrutement.

Ce dernier a transmis un courrier au maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol (UMP), l’alertant sur le passé judiciaire de cette personne et lui indiquant que « si la commune maintenait son choix, l’Etat alors ne participerait pas à la prise en charge de son salaire (…) ».

Jean-Marc Pujol a-t-il pris connaissance de ce courrier ? L’a-t-il eu en main, ou est-ce l’adjoint en charge de la Sécurité publique, voire un chargé de mission qui a traité directement l’affaire ?

En tout cas, la municipalité de Perpignan a bel et bien été informée, par écrit, par la Préfecture des P-O, du passé de l’adulte-relais qu’elle a quand même décidé d’embaucher à plein temps, en en prenant en charge 100% de son salaire sur le budget communal… « c’est la raison, fait-on remarquer dans les service de l’Etat, pour laquelle il s’agit-là d’un « médiateur de rue » et non d’un « adulte-relais »… ».