« La faiblesse de l’Etat tue la nation »

Sous ce titre, Me Pierre Parrat (UMP), adjoint au maire de Perpignan, ancien bâtonnier, nous communique avec prière d’insérer :

« La nation française s’est forgée au cours des siècles passés. Chaque période de notre histoire a participé à son délicat édifice. La conscience de l’homme a chassé la barbarie. Les individus ont compris que la nécessité de vivre ensemble imposait le respect de l’autre. La couleur du drapeau s’est créée au creuset des régimes politiques. L’hymne national est né pendant la période révolutionnaire et immédiatement  reconnu comme l’élément fédérateur du peuple. La laïcité, fruit d’un combat homérique à la fin du XIXème et au début du XXème siècle s’est imposée, sans pour autant gommer les racines judéo-chrétiennes de notre chère France et la liberté de penser ou croire. La famille, l’école et l’armée ont su transmettre à toutes les générations, quelles que soient leurs origines, ethnies, religions ou diversités, ces éléments fédérateurs. Force est de reconnaître que nous nous retrouvons tous dans le respect du prochain, la Marseillaise, le drapeau et la liberté.

La France s’est constituée au fil du temps. Les monarchies, les empires et les républiques ont su faire croître ce pays aussi bien en superficie, qu’en population. Tous l’ont fait dans le dessein de fédérer nos provinces, de façonner l’image de notre nation en nous donnant une même langue, un même territoire, des mêmes valeurs et une conscience d’appartenir à la même communauté.  L’éducation, quelle soit familiale ou scolaire, enseignait les mêmes valeurs. Déjà, enfant, chacun connaissait les règles et les appliquait. La société et ses institutions les rappelaient régulièrement et au siècle dernier, le service militaire obligatoire rattrapait ceux qui y avaient échappées.

La nation française a raison de se féliciter d’avoir su intégrer de multiples peuples ou immigrants. Elle y a trouvé sa richesse et la justification de son existence.  Elle a assimilé tous ceux qui ont désiré en faire partie. Les fortes immigrations récentes, qu’il s’agisse des italiens, des polonais, des espagnols ou même des malheureux rapatriés d’Algérie, se sont fondues dans la nation française. Tous parlent le français; tous ont appris les paroles et la musique composées par ROUGET de LISLE; tous saluent notre drapeau; tous respectent nos règles de vie, travaillent et considèrent leur voisin.

Pourtant, cette dernière décennie nous laisse quelque peu perplexe. L’individualisme forcené écrase la vie collective pour privilégier l’individu au détriment du groupe. Certains individus rejettent délibérément nos règles qu’ils ne connaissent pas ou méprisent pour assurer la satisfaction immédiate de leurs désirs. L’insécurité rôde de manière aléatoire au détriment d’une majorité silencieuse mais excédée. Le bleu, le blanc et le rouge sont parfois écartés. Le rassemblement populaire qui s’est tenu à Paris, le jour de l’élection du président de la République était coloré de vert et blanc, couleurs jusques là jamais assemblées, dans les joutes politiques françaises. Certaines cérémonies de mariage manifestent bruyamment et ostensiblement une revendication étrangère à nos habitudes L’hymne national n’est plus connu, ni même enseigné. Nos ambassadeurs sportifs l’ignorent pour la plupart et l’on a pu constater qu’il était parfois sifflé dans des stades par un public ignorant et provocateur. Le prosélytisme religieux devient agressif et parfois intolérant obligeant certaines femmes au port de tenues qui n’ont pour effet que de nier leur condition et  tuer toute expression personnelle. Les volontés tendant à dénoncer ces dérives sont bâillonnées quand elles ne sont pas sanctionnées.

Ce siècle montre l’éclatement de la famille, l’incapacité de l’éducation nationale à palier les carences éducatives et la disparition du service national obligatoire. Lorsqu’un enfant échappe à l’éducation de ses parents qui ont perdu toute autorité, à ses maîtres qui n’osent plus le sanctionner de peur d’être vilipendés, voire même poursuivis pénalement, on peut comprendre les dérives actuelles.

Les signes qui ont été donnés par l’ETAT ne permettent pas de  penser que l’on veut sauver notre nation.

La famille, déjà mise à mal par l’éclatement des  couples, vient d’être dynamitée par l’invention du mariage pour tous. Les aspirations des couples homosexuels qui veulent vivre ensemble, peuvent et doivent être entendues. Elles ne doivent cependant pas détruire cette communauté familiale millénaire au sein de laquelle s’acquiert l’éducation, se construit l’être humain et se transmettent nos valeurs. L’immigration n’est plus contenue et l’assimilation abrogée. Le communautarisme s’installe. Pire, certaines pratiques religieuses s’imposent dans la rue, intolérantes et provocatrices, sous le regard lâche des dirigeants de ce pays. Enfin, le laxisme du ministre de la justice qui privilégie les délinquants sur les victimes et qui veut à toute force, vider les prisons, doit être combattu. 

L’Etat est faible, trop faible. Il faut sauver la nation française et s’en donner les moyens. Au delà de toute conception politique, c’est l’aspiration des citoyens de France. Il est demandé à nos représentants nationaux de réagir avec fermeté et rapidement. Les mesures qui seront prises seront nécessairement plébiscitées car elles n’auront pour effet que de faciliter les relations entre individus et de permettre ce « vivre ensemble » dont on nous parle si souvent sans y mettre le moindre contenu ».