« Monsieur Le Préfet des Pyrénées-Orientales, Philippe Chopin

C’est avec la plus grande attention que nous avons pris connaissance de votre communiqué paru sur le site de l’Ouillade mardi 7 juillet dernier.

Lors de la visite de Monsieur le maire de Perpignan, le 6 juillet 2020, à la Résidence Les Oiseaux, le Collectif du Quartier des Oiseaux a tenu à saluer l’action des forces de l’ordre (police municipale et police nationale).

Nous avons insisté sur le fait que les policiers intervenaient fréquemment mais que manifestement cela n’était pas suffisant.
Les témoignages que nous vous avons adressés durant le confinement suffisent à appuyer ce constat.

Concernant le recrutement d’un médiateur, cette création de poste avait été annoncée dès décembre 2019. Or, au 8 juillet 2020, cet agent n’a toujours pas pris ses fonctions.

Vous évoquez également sans le nommer le Plan de sauvegarde pour lequel la copropriété Les Oiseaux peut prétendre.

En effet, le 31 octobre 2019, lors d’une réunion avec la Direction des Solidarités de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM) et l’Administrateur Judiciaire, la Direction des Solidarités nous avait informé que la Résidence Les Oiseaux avait une note de 11/20 et qu’une simple vigilance devait être observée. Cependant, après avoir indiqué à la Direction des Solidarités que la Résidence Les Oiseaux était sous administration judiciaire depuis 2011, et qu’à ce jour existait encore un fort taux d’impayés, cette dernière nous avait informé que la Résidence Les Oiseaux serait éligible à la mise en place d’un Plan de sauvegarde (que de temps perdu…).
En décembre 2019, votre Directeur de Cabinet, qui nous avait proposé une rencontre peu de temps après sa prise de fonction, nous avait confirmé cette possibilité.

A ce jour, et malgré l’envoi de courriels à la Direction des Solidarités, l’Administrateur Judiciaire n’a aucune information sur l’avancée du dossier.

Monsieur le préfet, permettez-nous également de relever le décalage qu’il existe entre le délai des procédures et la réalité du quotidien des habitants du Quartier des Oiseaux lorsque nous lisons « …a été récemment proposée en février… ».

Monsieur le préfet, nous sommes le 8 juillet 2020 et depuis février 2020 :
– un couple sous tutelle de l’UDAF continue à payer un loyer car il a été contraint de quitter leur logement au bâtiment 1 de la Résidence Les Oiseaux en août 2018 alors qu’il en était propriétaire ;
– un couple avec enfants continue à vivre chez le frère du mari dans un T3 (8 personnes au total) car depuis une agression subie dans la nuit du 31 décembre 2016 le couple a été contraint de fuir leur appartement du bâtiment 1 de la Résidence Les Oiseaux ;
– les copropriétaires du bâtiment 1 de la Résidence Les Oiseaux continuent à régler les charges de gestion de la copropriété alors que l’immeuble est condamné depuis août 2018 ;
– les bâtiments 11 et 12 de la Résidence Les Oiseaux se dégradent de jour en jour et les occupants vivent dans la peur,
– des individus occupent des espaces de la Résidence Heredia (devant la caméra de vidéosurveillance …) obligeant les copropriétaires à leur demander de se déplacer ;
– des signalements démontrant le déplacement des désordres dans les rues adjacentes de la rue des Oiseaux, du chemin du Sacré Cœur et de la rue Max Jacob vous ont été adressés.

La paupérisation du Quartier des Oiseaux s’est clairement accentuée du fait de la lenteur des décisions qui doivent être engagées et la sécurité des biens et des personnes n’est toujours pas assurée.

Monsieur le préfet, nous vous rappelons qu’une ordonnance du Tribunal Judiciaire de Perpignan donne à l’Administrateur Judiciaire en charge de la gestion de la Résidence Les Oiseaux tous les pouvoirs de l’assemblée générale.
Les décisions urgentes pour la mise en sécurité de la Résidence Les Oiseaux dans l’anticipation du plan de sauvegarde peuvent donc être validées sans attendre.

Avec nos salutations, »

 

Le Collectif du Quartier des Oiseaux