Même son mentor, feu Christian Bourquin, celui qui l’a mise en place, celui qui l’a élevée à la sauce catalane, celui qui l’a confortablement installée dans son fauteuil de Présidente du Conseil Général (Conseil Départemental désormais), lui assurant une « succession-assurance vie », n’aurait jamais agi de la sorte, politiquement s’entend…

21.11.2020. C’était il y a donc 10 ans, 4 mois et presque 20 jours. Hermeline Malherbe, PS, par la grâce Bourquino-jupitérienne, devient patronne du Département66. A peine familiarisée avec ses nouvelles fonctions, elle va se montrer d’une férocité insoupçonnable – car, quand on la connaît, elle est plutôt d’un caractère serein, zen, presque timide, d’une gentillesse exquise, en apparat en tous cas – pour ses adversaires politiques, certes, mais également avec celles et ceux qui sont plutôt proches de ses convictions idéologiques (elles et eux le lui rendront bien, d’ailleurs) : « Gardez-moi de mes amis je me charge de mes ennemis ». On y est.

Du côté de ses amis-tapis-dans-l’ombre compulsifs, il y a par exemple l’ancien député Jean Codognès. Il était dans la succession Bourquin. Les deux hommes se détestaient. C’était La Haine et ce n’était pas du cinéma ! Et ce n’est pas peu dire. Hermeline Malherbe a pris la suite, le relais. Obligée. Service minimum pour satisfaire les égos de quelques « amis » dormants. Suivez la Basse…

Dix ans plus tard, ça n’a pas changé, les deux clans continuent de s’affronter. Toujours, encore et encore. Ils n’y mettent pas de gants. C’est les Borgia (Borja) revisités sans empoisonnements, sans acédie ni simonie (on est tout de même chez les laïcs). Mais les couteaux, de cuisine, puisqu’on reste en famille politique ici, sont en permanence aiguisés. Okazou

Puis un matin, dans le camp d’en face, un autre son de cloche (c’est une image) s’est courageusement exprimé, manifesté. Un certain Daniel Mach*, alors maire de Pollestres 1995 – 2020), député UMP de la 1re circonscription des P-O (aujourd’hui squattée par Romain Grau**, LaREM), colosse aux pieds d’argile, n’a pas mâché ses mots pour reprocher à l’écolo-socialiste H&M son – devinez quoi ? – on vous le donne Hermeline : son sectarisme. C’était au tout début de la précédente décennie. Déjà. L’homme de Pollestres se plaignait que sa commune soit oubliée par Mme Malherbe au niveau des aides départementales : « Une sanction totalitaire politique », clamait-il haut et fort jusque dans les médias et les prétoires, « tout ça parce que je ne suis pas dans le clan idéologique de Mme la Présidente ! Maintenant, ça suffit, il faut le dénoncer ! ».

D’autres maires des P-O, estampillés « trop à droite » par Mme la Présidente, ont probablement connu, ou plutôt subi, les mêmes déconvenues, mais, à l’inverse de Daniel Mach, ils n’ont pas eu la force de caractère et l’audace de s’en offusquer. On pourrait multiplier les exemples, les situations, les dossiers. Désormais, il y a prescription.

Alors que feu Christian Bourquin avait de solides (et fraternelles) amitiés avec des élus de droite (à Banyuls-sur-Mer, Saint-Cyprien…), on en connaît aucun dans l’environnement d’Hermeline Malherbe. C’est peut-être là sa force, à savoir de limiter sa confiance à un cercle d’élus restreint. Cela lui a coûté son fauteuil de sénatrice (également bordé dans la succession par feu Christian Bourquin), boudée qu’elle a été par les grands électeurs (maires, adjoints, parlementaires, conseillers généraux, conseillers régionaux, personnalités diverses…).

Hier encore, jeudi 8 avril 2021, c’est Louis Aliot, maire « Rassemblement National » (RN) de Perpignan, qui a fait les frais de la politique politicienne de la patronne du Département66  : oublié sur les cartons d’invitation pour l’inauguration de la nouvelle Rocade… pourtant située sur le territoire de la ville. C’est incompréhensible. D’autant plus que nous sommes en 2021. Même dans les cours de récréation cela ne se fait plus.

En agissant de la sorte, en pensant ainsi sanctionner un élu RN démocratiquement élu par les urnes républicaines, l’ancienne sénatrice affiche surtout un mépris insupportable, inadmissible, voire insultant, pour le peuple de Perpignan. Il n’y a rien de plus stupide que de confondre le foie gras avec du pâté de campagne, le safari avec une vulgaire chasse au lapin.

Les Perpignanaises et les Perpignanais ont le droit de savoir ce qui motive Mme la Présidente du Département à leur égard, laquelle d’ailleurs a annoncé que pour les prochaines élections départementales elle prendrait la poudre d’escampette, en quittant Perpignan pour aller se présenter à Thuir ; commune où elle a été élue conseillère municipale lors des dernières élections, en accrochant son wagon poussif à la locomotive rayonnante René Olive.

Ajoutez à cela, toujours depuis les dernières Municipales, que son Directeur de Cabinet, Stéphane Babey, l’a quitté pour aller rejoindre le staff de Louis Aliot à la mairie de Perpignan – du jamais vu ailleurs dans l’Hexagone – cela interpelle sur le climat ambiant à l’Hôtel du Département.

 

L.M.

 

 

*Daniel Mach est le père du rugbyman Brice Mach, merveilleux et talentueux talonneur du Castres Olympique.

**Ironie de l’histoire, lorsque en 2012 Daniel Mach a été battu par le candidat socialiste Jacques Cresta, il avait pour suppléant l’avocat fiscaliste… Romain Grau, alors délégué départemental de l’UDI. Comme le monde est petit, non ?!

 

 

 

 

En agissant de la sorte, en pensant ainsi sanctionner un élu RN démocratiquement élu par les urnes, l’ancienne sénatrice affiche surtout un mépris insupportable, inadmissible, voire insultant, pour le peuple de Perpignan. Il n’y a rien de plus stupide que de confondre le foie gras avec du pâté de campagne, le safari avec une vulgaire chasse au lapin