Forum FERRMED-TGV Développement Languedoc – Roussillon – Energie TGV a Perpignan. Comment assurer la réalisation des objectifs du livre blanc du transport de la commission Européenne entre Barcelone et Montpellier ? Le maire de Perpignan, Jean-Marc PUJOL a inauguré le Forum

 

 

La conférence qui a réuni autour d’une centaine de participants, experts, institutionnels et chargeurs, inaugurée par le maire de Perpignan, Jean-Marc PUJOL, en présence du conseiller européen, coordinateur du corridor méditerranéen, Wojciech SOPINSKY, a permis de prendre en compte les problèmes existants et définir les actions à mener à court, moyen et long terme pour faciliter la circulation du fret et la mise en place d’horaires plus appropriés pour les passagers de cette zone clé du Corridor Méditerranéen (Montpellier – Barcelone).

Coté trafic potentiel de marchandise entre la section Montpellier et Barcelone, l’on note selon les chiffres et les estimations de l’OCDE, 53 ÷ 63 millions de tonnes aujourd’hui, et 68 ÷ 82 en 2030 soit une augmentation de 30%. L’impact du transport de marchandises sur l’environnement est massif : 275 millions de tonnes de CO2 par an.

Le transport routier de marchandises contribue considérablement à la congestion routière et est responsable de décès prématurés dus à la pollution et aux accidents, principalement sur les routes. Le rail a une consommation spécifique d’énergie et des coûts externes 6 fois moins élevés que la route, mais il n’y a pas eu d’augmentation de la part du fret ferroviaire au cours des quinze dernières années!

Joan AMOROS, président de FERRMED a indiqué comment agir dans cette section spécifique, en tenant compte du fait qu’il a une frontière interétatique et un écartement des voies ferroviaires différents de chaque côté de la frontière. Seule la ligne LGV Barcelone –Toulouges est à écartement international UIC.

L’étude « analyser l’ensemble du réseau TENT-T du Core Nerwork » cherchera à identifier les sections où le trafic est le plus important. Dans ces domaines, des actions seront entreprises afin d’atteindre les objectifs du Livre blanc sur les transports de l’UE à savoir 30% du transport de marchandises terrestres sur des distances de plus de 300 km par rail ou par barge pour 2030.

Optimisation également des transferts modaux. « Nous n’avons pas l’intention d’avoir la route en concurrence avec le rail, nous considérons le rail comme le principal complément du trafic routier. Dans la grande majorité des cas, la route est la meilleure pour le dernier kilomètre. » Il pourrait y avoir une économie de plus de quarante millions de tonnes d’émissions annuelles et contenir la croissance du nombre de camions sur les autoroutes, à ce jour 13000 camions/jour sur l’AP7/A9.

L’urgence climatique et énergétique est évidente, il est donc urgent de prendre les mesures nécessaires pour passer du trafic routier au chemin de fer. Bruno BEAUCHET, Chef Unité Vision Transverse & Expertise, SNCF Réseau, a révélé les différentes études effectuées récemment pour améliorer le nœud ferroviaire autour de l’emprise de la gare de Perpignan de manière à avoir une meilleure interopérabilité au niveau des systèmes de sécurité et d’alimentation. « Au vu des investissements, couteux, il est préférable d’attendre que les opérateurs ferroviaires, face à la libéralisation prochaine du marché, s’équipe de matériels de tractions adéquats, résolvant ainsi cette interopérabilité. »

Pour conclure, Joan AMOROS a souligné que la nouvelle présidente de la CE, Ursula von der Leyen, dans son discours inaugural, a donné la priorité aux questions environnementales. Par conséquent, il faut passer des mots aux actes, et, en particulier, ce fameux chainon manquant Montpellier-Perpignan.

Claude AUGER, Président d’Energie TGV, dira également « Faire le chainon manquant rapidement, imposé par le réchauffement climatique, a la suite de « l’épisode méditerranéen » que nous venons de vivre ne devait être qu’une banalité; c’était oublié que LGV pouvait devenir un support électoral et faire Montpellier-Villeneuve les Béziers seulement n’apportera que peu d’amélioration pour le fret si dans le même temps on ne réalise pas Toulouges-Rivesaltes. Si l’objectif est vraiment de contrarier le réchauffement climatique et d’arriver au 30% de fret par le rail c’est dans les campus et les lycées qu’il faut aller chercher les appuis indispensables, les décideurs pouvant être freinés dans leurs décisions par des priorités annexes. Que nous propose-t-on: un chainon manquant pour 2030, 2040, on a le temps d’en voir passer des « épisodes méditerranéens ». En 2030 voire avant tous les moteurs à énergies fossiles fonctionneront à l’hydrogène ou seront électriques. Nous risquons même de voir se développer le « Platooning » (train de camions) qui devrait entrer prochainement en essai sur l’autoroute bordeaux-Hendaye. Profitons de notre expérience qui devrait être : une lampe accrochée sur le front, pour avoir une vision de l’objectif à atteindre et non sur le dos pour éclairer le chemin parcouru. Pour terminer? nous souhaitons à Energie TGV que sur les billets d’avions, de train, et de cars on inscrive l’émission de CO2 par passager comme cela existe déjà pour le fret ».