« Le rat et l’huître »… Ou tel est pris qui croyait prendre !

Sous ce titre, Fabrice LORENTE, président de l’Université Perpignan Via Domitia, répond à la Tribune Libre, intitulée « Le bonimenteur », signée par Me Jacqueline AMIEL-DONAT, et publiée dans ces mêmes colonnes hier…

Dans notre métier commun d’enseignant-chercheur, Madame le professeur, il n’y a pas de place pour l’approximation, l’ignorance ou l’accusation sans preuve. Je pensais d’ailleurs naïvement que cela faisait partie des principes que l‘on s’attachait à enseigner, tout particulièrement dans les disciplines juridiques ?!

A la lecture de vos quelques lignes, j’oscille entre plusieurs analyses. Faites-vous preuve d’une méconnaissance avérée des dossiers que vous évoquez ? Est-ce de la mauvaise foi caractérisée ? Est-ce de la désinformation gratuite et mal intentionnée ? ….Certainement un mélange savant de tout ceci qui aboutit à l’exploit d’asséner une erreur, faute ou ineptie à chacune des lignes que vous avez rédigées ! Performance rare Madame, chapeau bas.

Je pencherais d’abord pour de la méconnaissance lorsque vous indiquez que je me prends pour le Ministre de l’Education Nationale. En effet, vous n’avez pas saisi le changement (pourtant si important) de tutelle de nos institutions universitaires. Sachez que les universités ne dépendent plus du ministère de l’Education Nationale mais du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation depuis la mise en place du dernier gouvernement ! Je vous informe donc que notre ministre depuis plusieurs mois maintenant est le professeur Frédérique Vidal, ancienne présidente de l’université de Nice.

Allez, personne ne vous en voudra, vos diverses occupations extra universitaires ne vous ont certainement pas permis de suivre avec précision ce détail de l’histoire…

Pour attaquer à tout prix et sans la moindre idée des réalités, vous n’hésitez pas à asséner des contre-vérités. Je serai par exemple curieux que vous nous livriez votre analyse de l’évolution du budget de communication de l’université puisque vous sous-entendez une augmentation certaine au détriment des heures d’enseignement : j’attends également la démonstration chiffrée (toujours la précision tant attendue dans nos métiers commun) de l’évolution des heures d’enseignement en droit. Vous évoquez 1000 heures de baisse ? Allons, allons chère professeure, soyez un peu raisonnable pour être un peu crédible, cela correspondrait au volume horaire étudiant cumulé sur 2 années de licence ! J’aurai donc selon vous contribué à la suppression de 2 années de licence sur 3 pour chaque étudiant avec la complicité de l’ensemble des conseils des études et du Conseil d’Administration de l’université où siègent des enseignants et des étudiants de droit et des membres de l’opposition ? Madame, soyez agacée par le dynamisme que nous impulsons mais ne soyez pas ridicule, de grâce !

Je voudrais, puisque votre sens de la précision tout comme la profondeur de vos affirmations sont redoutables, que vous précisiez l’étendue des dégâts de mes soi-disantes somptueuses « décorations » du bureau que j’occuperai au campus centre-ville ? Je souhaiterais savoir ce que je suis sensé acheter pour ce bureau puisqu’à ce jour, nous n’avons pas lancé la moindre commande de décoration pour ces bureaux de la fondation et pour cause, les travaux ne sont pas totalement terminés (vous semblez ignorer qu’il s’agit bien du bureau du président de la Fondation UPVD car le siège de la fondation sera au campus Mailly et j’ai la chance d’avoir également été élu président de cette fondation par son conseil de gestion composé de membres externes fondateurs qui financent les actions !).

Vous indiquez par ailleurs que le Doyen de la faculté de droit « n’a droit qu’à un bureau de type administratif » dans les futurs locaux du centre ville. Je ne savais pas que mon collègue doyen avec qui je suis en contact toutes les semaines, avait des revendications en la matière et qu’il vous avait mandaté pour plaider auprès de moi en sa faveur ?! Vous semblez ignorer par ailleurs que ce dernier conserve son bureau de fonction de doyen sur le campus principal du Moulin à Vent jusqu’à ce que l’intégralité des activités de la faculté de droit soit transférée en centre ville (soit en 2020)…  mais à vous lire, je doute que vous ayez suivi la logique des 2 phases d’arrivée de la faculté en cœur de ville et le fait qu’à cette échéance, l’immeuble Delacroix sera entièrement dédié à l’administration de la faculté de droit (le doyen étant à la tête de cette administration). J’en profite pour préciser, puisque vous semblez manquer d’information, que les enseignants qui professeront en centre ville auront, dès 2017, des bureaux dédiés au sein du bâtiment dit de l’ancienne université alors même que les enseignants de droit n’en avaient pas vraiment jusqu’ici sur le campus principal !

Vous évoquez par ailleurs un soi-disant « hiver sans chauffage » sur le campus principal par manque de crédits … c’est une nouvelle fois inexact puisque les crédits pour réparer les canalisations enterrées qui ont été endommagées par le froid ont été immédiatement débloqués (je vous invite à consulter les données votées au Conseil d’Administration) et les travaux engagés. Il est lamentable et intellectuellement malhonnête de vouloir faire croire que cette panne a duré tout l’hiver (certaines pièces de remplacement manquantes ont été commandées et ont été livrées tardivement mais les services techniques tiennent les tableaux de suivi à la disposition de qui veut !!!) et encore plus lamentable et intellectuellement malhonnête de vouloir créer la confusion en évoquant les finances « pompées » par « une grande fête » pour célébrer la création de la 1ère école d ingénieurs de France dédiée aux Energies Renouvelables (là encore, soyez précise, j’attends les chiffres qui font scandale, Madame, …. Donnez donc les éléments précis qui attestent de votre connaissance du budget consacré à cette inauguration de septembre 2016)…J’imagine que vous ne tarderez pas à nous expliquer que la réussite de cette création ne m’est pas imputable et qu’il s’agissait certainement d’un projet que vous ou d’autres aviez dans les cartons depuis des dizaines d’années, comme le campus centre ville ! ). Je précise toutefois qu’il ne s’agissait (malheureusement pour votre argumentaire) pas de la même année budgétaire (mais cela doit vous dépasser certainement) d’une part et que vous semblez confondre Fonctionnement (une inauguration par exemple) et Investissement (l’achat de pièces de chaudières et de raccordement de fluides) qui ne correspondent pas aux mêmes lignes budgétaires…mais vous ne vous encombrez pas de ce genre de détail correspondant aux règles de la comptabilité publique (manque de pratique, vous êtes « presque » excusée !)

Comme si les aberrations, inepties et mensonges que vous réussissez à déballer en si peu de lignes (belle performance et bel exemple madame le professeur) ne suffisaient pas, vous en rajoutez une (allez … c’est le persil que le commerçant vous offre quand vous avez terminé d’acheter vos légumes !) en évoquant les prétendus cours qui auraient été tout bonnement annulés pour cause de locations de salles que j’aurais orchestrées ? Allons Madame, une nouvelle fois vous vous tournez en ridicule ! Vous ne trouverez pas un exemple de l’énormité que vous assenez car l’équipe de la présidence a toujours donné comme mot d’ordre et priorité de placer d’abord les enseignements Puis les autres activités (souvent des opérations de valorisation partenariale des activités de l’université d’ailleurs) sur les créneaux libres.

Je vous invite à vérifier vos sources, à aller au fond des dossiers pour en connaître les détails et subtilités et à ne pas juger à la hâte à partir de quelques représentations non fondés qui vous traversent l’esprit.

Si vous souhaitez vous intéresser un peu à la vie de l’université qui vous emploie (je sais que vous l’avez tant délaissée depuis de très nombreuses années et je ne vous ai croisée qu’une ou deux fois en réunion en plus de 10 ans de responsabilités au sein de l’équipe dirigeante, nouvelle performance pour un professeur d’université , vous avez la palme Madame…. mais je respecte vos activités connexes d’avocate et de politicienne durant ces années : je suis effectivement de ceux qui pensent qu’on ne peut pas tout faire et bien le faire !), n’hésitez pas à venir me rencontrer, je peux vous recevoir au bureau de la présidence au moulin à vent ou bientôt, si vous préférez au campus centre ville …. Nous pourrons échanger sur la précision de vos données et la(les) source(s) de vos (dés)informations en se prélassant sur un canapé de haute couture, en sirotant un grand cru classé et en se faisant masser les pieds par nos nombreux fonctionnaires que nous aurons dérouté de leur tâche première …je suis sûr que vous pourrez encore faire preuve d’un peu d’imagination !

Sachez que je ne poursuivrai pas d’échange autrement que lors d’un éventuel rendez-vous (si vous me le demandez) car mon équipe et moi avons énormément de travail pour cette rentrée et ne prendrons plus de ce temps précieux pour répondre par écrit et sur la place publique à vos éventuelles autres provocations.

Je vous encourage donc vivement à cesser ces provocations pitoyables, elles sont indignes de ce que vous avez tenté de représenter et de la mission qui vous est confiée au sein de l’institution universitaire perpignanaise.

Le projet centre ville serait  » un vieux projet municipal » ? Vous semblez madame confondre projet et fantasme… c’est bien à l’invitation de l’université durant la campagne des municipales que Monsieur Pujol, qui ensuite a été élu maire, s’est engagé à « rendre à notre institution « , à ma demande (ne vous déplaise), l’ancienne université puis nous avons ensemble construit le projet qui aujourd’hui devient réalité ! Je ne vous ai jamais vu ni lu à ce sujet lorsque je menais, avec l’appui du doyen de la faculté de droit et mon vice président du conseil d’administration (un autre juriste d ailleurs) ce dossier vers la réussite….

Vous avez enfin le culot et la prétention de signer vos remarquables analyses « fondatrice de l’IAE » : je précise que si vous avez été nommée 1ère administratrice lors de la création de cet institut, je crois que vous vous êtes pris pour le président de l’université de l’époque et/ou pour le ministre de tutelle de l’époque …. car eux seuls, appuyés par les instances décisionnaires, ont été les « véritables fondateurs » de cet institut. Cessez je vous prie de vous arroger les lauriers d’autrui.

Vous n’hésitez pas non plus à signer  » ancienne doyenne de la fac de droit » … mais puisque vous vous permettez de donner des leçons à ceux qui font, permettez-moi une interrogation : qu’avez-vous fait de remarquable ou de remarqué durant le mandat que vous évoquez ? Quelque chose dont la communauté universitaire ou les perpignanais se souviennent ? Personne ne m’en a jamais parlé !

Pour tout vous dire, Madame, vos seuls faits d’arme qui sont arrivés jusqu’à mes oreilles concernent les 27 recours que vous avez déposés il y a près de 15 ans devant le tribunal administratif contre l’élection d’un président d’université (recours que vous avez tous perdus d’ailleurs pour l’anecdote)… la procédure et la défaite, deux spécialités que je vous reconnais sans mal madame!

Je vous souhaite une bonne rentrée. Qu’elle soit l’occasion de vous centrer sur vos activités d’enseignement et de recherche au service de nos usagers, missions ô combien importantes qui justifient auprès de la population la rémunération que vous percevez.

Après vous avoir lu, j’espère simplement que vous êtes bien meilleure enseignante qu’analyste et qu’il y a plus de véracité et de fondements dans vos contenus d’enseignements que dans ces quelques malheureuses lignes dans lesquelles vous faites la démonstration de vos connaissances approximatives voire fausses de la gestion, du fonctionnement et de la réalité de notre belle université de Perpignan.

Bien cordialement

Fabrice LORENTE, Professeur des universités, Président de l’université de Perpignan (second mandat électif 2012-2020), Président de la fondation UPVD.