Certains auraient pu jouer le ticket perdant pour les Gilets jaunes en ces veilles de Noël. Il en est rien. Au rond-point nord, le jaune reste la couleur dominante.

Samedi 22 décembre, dès le petit matin, de Saint-Paul-de-Fenouillet, de Caudiès, de Rabouillet, d’Estagel, de Latour-de-France, etc, ils sont venus rejoindre et réconforter par leur nombreuse présence, un des locataires des lieux depuis le 17 novembre, sans discontinuer : Denis PIGOUCHE qui légitimement, et affectivement dirons-nous, à hérité du nom de « Papi courage ».

Des gilets jaunes toujours déterminés

À l’arrivée des motards sur le rond-point, les muscles des manifestants tendus par la nervosité devaient se détendre. Leurs yeux embués par la soif de voir le mouvement perdurer, s’éclaircir. La ride au coin des lèvres, devait se transformer en rire empreint de cette joie enfantine du devoir accomplie. Oui, l’acte VII allait être la démonstration de la poursuite des revendications portées par le mouvement.
Ces dernières, animent tous les débats des groupes qui se forment. Il y a ceux qui sont devenus de vielles connaissances et d’autres, qui rejoignent encore aujourd’hui, le rond-point pour la première fois.
Tous, sont heureux de renouer avec le dialogue. C’est la sincérité dans la voix, que quelques nostalgiques, évoquent un temps où ces rencontres étaient la réalité journalière sur la place de nos villages. Parfois, il arrive même que la passion l’emportant, certains Gilets jaunes se transforment en orateurs venus tout droit des agora de la Grèce antique.
Les motards grâce à leur organisation sans faille, ont fait le reste. Ils ont joué leur rôle fédérateur à merveille. Leur efficacité dans l’action, grâce à leur organisation dans la lutte était reconnue par tous. La journée pouvait commencer sous les meilleurs hospices.

 

Quelles sont les revendications ?

Si les revendications sur le pouvoir d’achat des différentes composantes de la société sont toujours avancées avec force, même si elles ne sont pas relayées par des pétitions ou autre, elles sont le motif principal de mobilisation. Pour les salariés présents, les agriculteurs, les artisans, les commerçants, les retraités, le pouvoir d’achat est la revendication première.
Depuis quelques jours, celle sur le RIC ( Référendum d’Initiative Citoyenne) vient donner un autre tempo.
Sur ce point aussi, parfois, les passions enflamment l’atmosphère.
Certains, carrément, ne veulent pas en entendre parler et souhaitent surtout voir les problèmes du revenu mis sur le devant de la scène. D’autres, n’ont que ce terme sur les lèvres qui pourrait apparaître de ce fait, comme le remède miracle à tous les problèmes présents et futurs. D’autres enfin pensent, que les choses ne sont pas incompatibles, que toutes les revendications sont légitiment exprimées par un peuple en souffrance, qu’elles doivent faire leur chemin portées avec toute la détermination nécessaire.
D’où l’idée émergente pour concilier les choses, de faire pétitionner le RIC avec comme première mesure référendaire, l’augmentation des revenus.
Cette dernière proposition à le mérite, à notre avis, de lier les revendications pour n’en faire plus qu’une. Pour montrer sur le terrain, que les différences qui peuvent exister, sont de véritables richesses mises dans le pot commun pour vivre une vie digne à tous les étages.
Pendant les festivités de la fin de l’année, une trêve aura-t-elle lieu ? Les Gilets jaunes, sauront-ils se retrouver par la suite ? Le rond-point du cadran solaire, continuera-t-il de donner la bonne température ?
Les deux semaines à venir seront révélatrices en ce sens. Aujourd’hui, le pari est lancé. Qui osera parier sur la poursuite ou pas du mouvement ?

Joseph JOURDA.