Plus que le « Pujolisme », c’est d’abord et avant tout la fin de « l’Alduyisme » que les Perpignanais ont voulu exprimer, lors du second tour des élections municipales le 28 juin dernier, en tout cas pour celles et ceux qui se sont rendus aux urnes ce jour-là.

Ne tournons pas autour du pot éternellement : les Perpignanais.e.s n’ont pas voté « pour Louis Aliot membre du Rassemblement National », ils ont bel et bien voté « pour Louis Aliot afin de définitivement tourner la page d’un système ».

Pour nombre d’habitants de Perpignan, il était grand temps de mettre un terme à une période alduyiste qui n’avait que trop duré et gangréné tout un pan du fonctionnement municipal depuis plusieurs décennies.

Lorsque le maire battu, Jean-Marc Pujol, attribue sa sévère défaite à son prédécesseur, Jean-Paul Alduy, qui aurait tout fait (la candidature de Romain Grau entr’autre, etc.) pour l’éliminer électoralement s’entend bien sûr, il se trompe.

Aux yeux de la population, lui-même, Jean-Marc Pujol, incarnait la continuité de l’Alduyisme. Et c’est bien pour cette raison, principalement, que les Perpignanais.e.s n’en ont plus voulu. Autour de lui, à la Ville (comme d’ailleurs à la Métropole), à la tête des services et des délégations, nombre de « personnels » avaient été mis en place sous l’ère de l’Alduyisme, dont Jean-Marc Pujol n’a jamais voulu vraiment se débarrasser. Certes, beaucoup de ces fonctionnaires municipaux ou territoriaux, dans leur immense majorité, ont des compétences remarquables qu’on ne saurait mettre en doute. En revanche, malheureusement, une minorité d’entre eux, agissante et trop visible, n’est présente que pour « services rendus », « redevabilité », « renvoie d’ascenseur », « clientélisme familial »… bref, tout ce que l’on rejette aujourd’hui et que les Internautes ne manquent pas de dénoncer sur les réseaux sociaux.

Si demain, lors de leur vote, les 88 délégués communautaires de la métropole Perpignan-Méditerranée (PMM), entérinent la pérennité d’un système rejeté par les Perpignanais.e.s le dimanche 28 juin, cela promet… Quel que soit le successeur de Jean-Marc Pujol à la tête de PMM – Louis Aliot, Alain Ferrand (maire du Barcarès), ou Robert Vila (maire de Saint-Estève) parmi les candidats officiellement déclarés à ce jour – il devra tenir compte du message envoyé par les électeurs de Perpignan qui pèsent environ 45% de la population métropolitaine.

Ce qui est surprenant, c’est que visiblement les partis politiques traditionnels ne l’ont toujours pas compris. Ils continuent, à travers des communiqués de presse, des postures, des réactions plus ou moins surréalistes, des commentaires grandguignolesques, à déverser leurs analyses inutiles de l’Ancien Monde… pour se projeter dans l’avenir et susciter l’Espoir. Ils n’ont toujours pas compris – bis repetita ! – que cet Espoir-là les Perpignanais.e.s l’ont placé dimanche dernier entre les mains d’un certain Louis Aliot. Là est la stricte réalité. Point à la ligne.

Au-delà des partis traditionnels, qui pour les prochaines échéances devront revoir entièrement leur copie (et changer à l’évidence les figures humaines qui localement les incarnent), les pseudos-influenceurs catalanistes ont également du pain sur la planche pour modifier leur stratégie à l’avenir. Les Catalanistes de tous bords, de toutes tendances, étaient présents pratiquement dans 8 des 9 listes en compétition électorale lors du 1er tour de ces municipales sur Perpignan, le 15 mars… A l’arrivée, constatons que la seule liste que les Catalanistes ne soutenaient pas, en l’occurrence celle menée par Louis Aliot, l’a emportée ! Cela démontre aussi qu’on peut être fier d’être Catalan est voter pour un membre du Rassemblement National… qui comme chacun sait n’est pas catalaniste. Sous le soleil du Roussillon, la nuance est importante, les partis et mouvements autonomistes, indépendantistes, séparatistes, devront y réfléchir sérieusement, pour un jour enfin atteindre la représentativité qu’ils méritent (et qui est surtout la leur) dans notre espace républicain démocratique.

L.M.