« Confinement : tolérance zéro pour les funérailles mais achat de la paix sociale dans les quartiers sensibles

Lors d’un contrôle routier des forces de l’ordre le 28 mars, un convoi funéraire se dirigeant vers le crématorium de Canet-en-Roussillon est arrêté. Le conseiller funéraire a oublié son attestation. Bien qu’il accompagne la dépouille, la famille du défunt, et qu’il propose même de revenir avec l’attestation… Rien n’y fait, le conseiller funéraire est verbalisé.

 

 

Cette anecdote reprise dans le quotidien local montrerait bien la « tolérance zéro » souhaitée par les autorités concernant le respect du confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus en France.

La tolérance zéro du confinement même dans les conditions terribles d’un deuil ?

Oui, et encore on s’en sort bien puisque le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé dans un premier temps le 17 mars à la télévision que même si c’était « terrible à entendre » personne ne pourrait assister aux obsèques d’un proche ! Finalement le gouvernement est revenu sur sa décision en autorisant vingt personnes maximum à assister à des funérailles.

Il faut dire que cette décision brutale était peu compréhensible et acceptable car quarante-huit heures avant, ce même Premier ministre incitait des millions de français à se déplacer pour aller voter et des milliers à tenir toute la journée des bureaux de vote.

Mais la verbalisation de cette personne officiant en plein convoi funéraire montre surtout une « tolérance zéro » à géométrie variable.

Pour preuve la déclaration du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez expliquant aux préfets : « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans les quartiers (sensibles) les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements » (compte rendu d’une visioconférence dévoilé par Le Canard Enchaîné le 25 mars).

Verbaliser ce travailleur en plein convoi funéraire alors qu’on laisse des trafiquants et autres commerces illicites exercer leurs activités en France, démontre encore une fois un « deux poids deux mesures » et une mise en danger de la population inacceptables qui met à mal notre sentiment républicain d’application de la même loi pour tous.

Olivier Amiel
Conseiller municipal et communautaire de Perpignan