_ « J’ai lu avec la plus grande attention, l’article paru récemment sous le titre : « PERPIGNAN/ L’Agglo : Réunion technique des Directeurs Généraux de Services du territoire communautaire ».

Je pense que le passage de l’Agglo à la communauté urbaine est une étape très importante qui ne doit pas se faire dans la précipitation, parce qu’elle exige une organisation plus complexe due aux nouvelles compétences obligatoires.

Elle exige également et surtout des objectifs claires, fixés par une vision stratégique claire .

Parmi ces nouvelles compétences, je peux citer quelques exemples :

En matière de développement et d’aménagement économique, social et culturel de l’espace communautaire : Lycées et collèges dans les mêmes conditions que les départements et les régions, Promotion du tourisme, dont la création d’offices de tourisme, Construction ou aménagement, entretien, gestion et animation d’équipements, de réseaux d’équipements ou d’établissements culturels, socioculturels, socio-éducatifs, sportifs …

En matière d’équilibre social de l’habitat sur le territoire communautaire : Opérations programmées d’amélioration de l’habitat, actions de réhabilitation et résorption de l’habitat insalubre..

En matière de gestion des services d’intérêt collectif : Création, extension et translation des cimetières, ainsi que création et extension des crématoriums et des sites cinéraires, Concessions de la distribution publique d’électricité et de gaz, Création et entretien des infrastructures de charge de véhicules électriques…

Certes, la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles votée en 2013, a abaissé le seuil démographique de création des communautés urbaines de 450 000 habitants à 250 000 habitants, ce qui pourrait permettre à la Communauté d’Agglomération Perpignan Méditerranée de devenir une communauté urbaine, mais cette condition démographique qui n’est pas une condition qualitative ou de performance, ne doit pas nous faire oublier les insuffisances des communes qui composent l’actuelle communauté. Les insuffisances d’aujourd’hui seront les lacunes de demain !

Prenons l’exemple du SCOT qui est une compétence des communautés urbaines et communautaire par nature.

« C’est un projet de territoire visant à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de déplacements et d’équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé. »

Peut-on, alors, parler, aujourd’hui, de cohérence et de complémentarité intelligente entre les communes dans un projet commun, quand on pense à la guéguerre passée, entre certains maires, pour l’obtention de leurs quotas de zones commerciales ?

Peut-on parler d’ambition territoriale quand la vision d’un maire est réduite à espérer que sa commune ressemble un peu plus à La Jonquera ?

Je ne suis pas, non plus, satisfait de la déclaration du président de l’agglo, censée expliquer sa vision (s’il en a une ?) à travers ce projet et fédérer l’ensemble des communes : « c’est un acte fort d’affirmation territoriale dans la grande région administrative qui va naître de la Réforme Territoriale nationale engagée, avec un statut proche de celui des métropoles, Toulouse et Montpellier pour ce qui nous concerne…»

Ce ne sont pas des raisons acceptables. C’est une belle adaptation d’un vieux discours sur le positionnement de Perpignan au sein du triangle Montpellier-Toulouse-Barcelone… qui n’a jamais donné de résultats concrets, parce que nos fondamentaux sont bien maigres et notre économie est largement rentière et peu diversifiée.

Je ne décèle aucune réflexion prospective dans cette déclaration, bien au contraire, elle révèle un retour à l’ancien argumentaire déjà usé par son prédécesseur, sans succès.

Ces coups de pioches dans le passé, on les retrouve également dans cette idée du retour des étudiants au centre-ville, combien de fois citée dans les programmes des anciens candidats ? Même Claude Barate l’avait évoqué.

Le déficit en matière de réflexion est flagrant…

La vérité est que la ville de Perpignan est à la fois un fardeau et un atout majeur pour la communauté d’agglo. La ville a besoin d’être réorganisée et a besoin de corriger ses dysfonctionnements, pour mieux jouer son rôle de locomotive de cette communauté.

Il existe au sein de la ville de réelles compétences, qui méritent d’être encouragées et partagées, à l’instar de la direction de l’habitat et de ses services, qui seront utiles à l’ensemble de la communauté, mais ce n’est, hélas, pas le cas de toutes les directions dont un certain nombre est en sureffectifs et très mal managé.

Tout argument qui laisserait penser que Perpignan pourrait peser sur le cinquième PIB de France (Toulouse) serait exagéré et farfelu.

Cette situation me fait rappeler aussi l’agence de développement économique.

L’ancien président (Ndlr, Jean-Paul Alduy, UDI) voulait une agence de développement économique sauf qu’il n’avait jamais réussi à nous expliquer pourquoi ?… et quand je lui avais fait observer qu’il était nécessaire de travailler d’abord la vision stratégique de développement économique de notre territoire, il m’avait répondu que ma démarche était trop technocrate.

Nous sommes aujourd’hui au même niveau, au même stade… avec un projet de mutation creux, des objectifs incohérents et 1 000 fois hélas, sans la moindre vision stratégique, un peu à l’image de notre Tecnosud occupé par des avocats, huissier de justice, experts comptables… et des concessionnaires auto, peut-être demain, dans Technosud 2.

L’absence de vision stratégique est la source du sous-développement de notre territoire. Elle est également responsable de ce grand désordre qui retarde et affaiblit notre économie.

Nos décideurs politiques n’ont cessé, depuis ces dernières années, de mettre la charrue devant les boeufs… et ils continuent. C’est fort désespérant ! ».