« New EAS : un sauvetage difficile, une situation délicate et beaucoup de questions… »

 

Sous ce titre, le député (RN) de la 2ème circonscription des P-O, Louis ALIOT, conseiller municipal et communautaire (d’Opposition) de la Perpignan, réagit sur le fond du dossier qui concerne l’entreprise de maintenance aéronautique New EAS :

 

« La Société de maintenance aéronautique EAS, entreprise présente sur le territoire de ma circonscription, a connu depuis déjà longtemps des difficultés.

Le député que je suis ne s’en est jamais désintéressé même si les acteurs sociaux, économiques ou patronaux ont mis un soin particulièrement démocratique à m’éviter, ou m’informer. Heureusement que des salariés plus éclairés m’ont informé de l’ensemble des soubresauts internes.

Cette société basée sur notre aéroport vient donc d’être reprise par Sabena Technics. Aujourd’hui propriété de TAT Group, Sabena Technics (2 500 salariés sur 14 sites dans le monde, 400 M€ de chiffre d’affaires) pourrait changer de propriétaire d’ici la fin de l’année. Les fonds Sagard, Bpifrance et TowerBrook, sont entrés en négociation exclusives avec le propriétaire afin de reprendre la majorité des parts de l’entreprise qui, en Occitanie, exploite historiquement deux sites à Toulouse et Nîmes (source Les Echos).

Placée en redressement judiciaire, New EAS (238 salariés) aura donc connu un troisième propriétaire en dix-huit mois. En difficulté chronique, l’entreprise était depuis juillet 2017 dirigée par un propriétaire auvergnat après avoir été gérée par l’actuel député LREM (du 5/11/2014 au 14/07/2017), ancien 1er adjoint à la mairie de Perpignan, énarque et ami d’Emmanuel MACRON, qui avait mené l’entreprise dans des conditions difficiles que d’aucuns jugeront opaques comme en témoignent les rapports des commissaires aux comptes sur les exercices 2015 et 2016 (ci-joints).

Malheureusement et comme toujours, ce sont les salariés qui vont payer les erreurs de ces gestions hasardeuses successives puisque la reprise par Sabena ne se fera pas sans casse. Si 165 salariés resteront à Perpignan et que 30 propositions de reclassement seront faites dans d’autres établissements de Sabena Technics, 35 autres postes seront supprimés. Les syndicats prévoient plus de licenciements, sans compter l’impact pour le territoire de la communauté urbaine, pour les sous-traitants ou les stagiaires de l’AFPA. Le tribunal de commerce a néanmoins jugé l’offre la plus équilibrée et la moins vulnérante pour préserver ce qui pouvait l’être.

Cependant, à la lecture des documents financiers et comptables, les rapports des Commissaires aux comptes pour les années 2015/2016 mentionnent des éléments graves de gestion qui nécessitent des explications au regard du droit et de la situation actuelle de l’entreprise qui frappe durement des ouvriers et salariés.

On peut y lire en conclusion « en raison des faits exposés, nous ne sommes pas en mesure de certifier que les comptes annuels sont, au regard des règles et principes comptables français, réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de votre société à la fin de cet exercice. »

En tant que député et élu de la Communauté Urbaine, je viens d’écrire au ministre de l’Économie et au Président de l’AMF pour leur signifier mon inquiétude sur l’avenir, l’informer de la situation passée et m’étonner que ces carences de gestion et les doutes exprimés par les commissaires aux comptes n’aient fait l’objet d’aucune enquête des services de l’État, de la justice ou autre, cette entreprise ayant bénéficié qui plus est, de l’aide publique par l’intermédiaire du CICE.

Sans parler du silence assourdissant de la presse locale qui en matière d’investigation est plus prompte à voir la paille dans l’œil des opposants au président MACRON que la poutre qui aveugle celle de certains proches du pouvoir…

Si on peut légitimement attendre le meilleur de cette reprise par un grand groupe de maintenance aéronautique pour l’emploi et le territoire, on peut aussi se poser un certain nombre de questions sur la gestion, le respect du droit et le silence qui accompagnent cette affaire.

Au moment où la transparence s’impose partout, les salariés, les élus, les citoyens et les contribuables doivent pouvoir savoir ».

 

Pour accéder au rapport des commissaires aux comptes sur lequel le député Louis ALIOT appuie son propos, cliquez sur le lien ci-dessous et déroulez jusqu’à la 8ème page.

 

CommissaireCompteEAS

 

 

Louis ALIOT, député de la 2ème circonscription des P-O, conseiller municipal et communautaire de Perpignan