Hier soir, lors de la réunion du Conseil de communauté de l’Agglo PMCA (Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération), convoquée pour la mise en place de l’Agence de Développement Economique (ADE), Fouzi Bouhadi, élu au sein de la Majorité municipale UMP de Perpignan, n’a pas voté la délibération N°5 sur justement l’ADE.
Fouzi Bouhadi s’est levé et a quitté le Conseil de communauté bruyamment… « sans doute pour protester contre la liste très Alduyiste et pro-UPE’66 du conseil d’administration de cette nouvelle Agence , qui est une coquille vide à but électoraliste et qui va coûter plus de 700 000 euros aux contribuables (…) », a confié l’un de ses proches.
Deux heures après, Fouzi Bouhadi détaillait sa position sur sa page facebook, dont nous vous livrons ci-dessous l’intégralité du contenu :
– « Il y a quelques  mois, j’ai voté avec  force et conviction la délibération de principe  pour la création d’une agence de développement économique, et je dois  vous confier que ce jour- là, au fond de moi même, je me suis dit « Enfin!  Mieux vaut tard que jamais ».
Aussi, si vous vous souvenez bien, à cette occasion, j’ai attiré l’attention  de mes collègues les conseillers communautaires de PMCA, sur la  nécessité pour notre agglomération de faire un effort en amont de ce  projet pour établir un travail de réflexion sur la stratégie à adopter !
Une stratégie susceptible d’éclairer cette future agence en termes d’objectifs et de priorités.
J’ai même évoqué durant ce débat sur cette délibération un outil stratégique que tous les experts connaissent et apprécient et qui est « le schéma  directeur de développement économique ».
Depuis, je  constate avec regret mais aussi avec une réelle et profonde inquiétude  qu’aucune réponse n’a été donnée à mes observations…
j »en  déduis donc qu’aucun travail de réflexion stratégique n’a été engagé… Pour preuve, le contenu même de la délibération lue par notre collègue  Romain Grau.
justifier le lancement de cette  agence de développement économique en évoquant la nécessité de  développer le marketing territorial ne peut paraître que léger et  insuffisant à qui veut réussir un tel projet.
En  cet instant, je veux rappeler avec insistance les 5 raisons qui doivent  motiver la création d’une telle agence… D’ailleurs vous pouvez les  consulter en détail sur le site de la CNER (fédération des agences  économiques et des comités d’expansion économique) à l’adresse  cner-France.com.
Les voici ces bonnes raisons ! :
Créer une agence, c’est :
1 -Rassembler tous les acteurs économiques et institutionnels autour d’une même vision
2 -Stimuler l’activité et l’emploi, par l’action d’une équipe légère et opérationnelle (composée d’ingénieurs et d’économistes)
3 -Disposer d’une ingénierie économique et financière
4 -Bénéficier d’un outil souple à gérer…
5 -et à la gouvernance maîtrisée
Vous auriez donc noté que la première raison est donc le rassemblement de  toutes les forces vives économiques locales… Toutes les forces et non  pas une ou deux ou trois et autour de quoi ? Autours d’une vision, et  quelle vision ? Évidemment une vision stratégique d’action, c’est-à-dire ce que souhaite devenir notre communauté au terme de l’horizon de  planification retenu (dans 10, 15, 20 ans, etc.)
Pour développer cette vision, le schéma directeur de développement  économique a l’avantage d’offrir une méthodologie, c’est-à-dire une  démarché rationnelle qui consiste à établir un état des lieux de notre  économie, déceler ses dysfonctionnements et les corriger, puis projeter  dans le futur un système économique qui réponde aux objectifs définis  collégialement par l’ensemble des acteurs économiques.
C’est à partir de ce moment là que l’agence de développement économique intervient avec une véritable lettre de mission qui doit être donnée et surveillée par son conseil d’administration.
L’absence de schéma directeur et de réflexion stratégique nous expose à des  erreurs et à des dépenses qu’on ne peut se permettre en cette période de conjoncture économique… Une période extrêmement difficile pour nos concitoyens, pour l’État,  mais aussi pour toutes les  collectivités… Une période enfin où chaque euro dépensé doit l’être  utilement.
Ceci rappeler, je me permets aussi un autre  avis. Celui portant sur les 4 filières que j’ai lu dans la presse… et  que PMCA envisage de développer… Sauf la filière verte, les autres ne me paraissent pas un bon choix, ou du moins ne me semblent pas  prioritaires
Si la société Catana est considérée comme un atout pour développer un pôle nautique? pourquoi alors ne pas développer un pôle de la sous-traitance aéronautique autours d’EAS, alors que Toulouse est dans notre champs de proximité régionale ?
Pourquoi ne pas développer aussi l’agro-alimentaire alors que Saint-Charles pourrait être un formidable centre d’approvisionnement en fruits et légumes?
Et pourquoi ne pas développer aussi d’autres filières…
Toutes ces questions, je les pose car je voudrais tout simplement dire que les choix stratégiques ne s’improvisent pas, que  les choix stratégiques ne se devinent pas, que les choix stratégiques ne se font pas dans l’à peu prés ou dans l’approximatif…
Ils engagent durablement notre  avenir et doivent être le résultat de réflexions et d’études sérieuses  faites par des organismes sérieux, connus et reconnus comme le cabinet  Andersen Consulting ou KPMG .
Aujourd’hui, j’ai  donc le sentiment que ces délibérations portant sur l’agence de  développement économique ont été fait dans la précipitation et souffrent d’un manque structurel de vision stratégique exposant à une certaine  aventure pour ne pas dire mésaventure et risquant de décevoir  les attentes de notre tissu économique et de nos habitants… Je le dis  avec d’autant plus de force que la situation de l’emploi devient de plus en plus intenable pour notre territoire.
Enfin,   concernant la composition du conseil d’administration, je relève avec  déception et incompréhension la sous représentation des élus de  Perpignan dans ce C.A… Pourtant, qui pourrait parler d’économie au sein  de notre agglomération en reléguant la Ville métropole à une simple  variable…?
Par ces raisons, je n’ai pas donné ma confiance à ces délibérations en m’abstenant. Une abstention qui je le répète  ne met pas en cause le principe de création de cette agence. Elle  nécessite plus que jamais de vraies concertation et réflexion préalables pour dégager in fine, une grande vision et ses moyens pour réussir ! «