UN SOCLE PUBLIC-PRIVÉ POUR LE TOURISME

 

Romain Grau (Parti radical), président du club de réflexion Perpignan-2020.

 

 

Le club Perpignan 2020 a réuni 130 personnes autour du thème « Tourisme subi ou tourisme choisi ? », mercredi 10 avril au restaurant Le Pas Très Sage, passage Robert Doisneau. Ce nouveau forum parmi les 12 organisés en 2013 a permis de cerner les principales problématiques de « l’industrie touristique » à Perpignan, comme la nommait Laurence Herlin-Lemaire, professionnelle du secteur et coordinatrice de cette rencontre publique.

En introduction, le président du club, Romain Grau, fixait une ambition : « Perpignan attire 500.000 touristes par an et plus d’1 million d’excursionnistes, différent des premiers, car ils séjournent chez nous une journée tout au plus, sans nuitées. Mais la dépense moyenne par touriste est de 42 euros, contre 70 euros en Avignon. Il faut changer cela ». Une autre imperfection était pointée du doigt : la rente « solaire et paysagère », citée par M. Grau, précisant que le « tourisme de cueillette », reçu passivement, illustre la « non-stratégie » des Pyrénées-Orientales et de la Région Languedoc-Roussillon, qui « ne tiennent pas compte de la spécificité de Perpignan ».

Une transformation profonde du tourisme a centré le débat, spécialement en matière de provenances, Mme Herlin-Lemaire prônant une ville «davantage visible à l’international », car Perpignan reçoit 12 % d’étrangers pour 88 % de Français. « Visons 45% et 55% en partant séduire à l’étranger, après avoir noué une alliance durable entre la mairie de Perpignan et la myriade d’entreprises de tourisme qui oeuvrent à l’année. Poussons dans le même sens, comme toutes les destinations à succès ».

Ce principe partenarial public-privé, fondé sur l’expérience des professionnels inscrits dans l’économie réelle, était défendu par Cyril Margail, agent de tourisme à Perpignan, pour lequel la « vocation de l’Office de Tourisme » est de « travailler avec les agences réceptives ». Les 200 millions d’euros produits chaque année par la fréquentation touristique à Perpignan sont ainsi un simple plancher mais une « nouvelle croissance du tourisme ferait redémarrer la ville rapidement », selon Romain Grau.

Le président du club revendiquait aussi l’intérêt d’agir sur le « tourisme d’affaires », car les congressistes sont « de bons ambassadeurs à l’extérieur », et de profiter « activement, et non passivement », des « futurs TGV remontant de Madrid et Barcelone et Madrid ».

Présent dans la salle, le Président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, Jean-Paul Alduy, appuyait « visons l’international et résolvons notre faiblesse hôtelière », au constat de la présence de 6 hôtels 4 étoiles dans le périmètre urbain.

Le maire-adjoint Marcel Zidani, en charge du Palais des Congrès, déclarait enfin : « je suis très heureux d’être ici ce soir, car nous avançons ».

Ce forum, qui posait la question inédite du modèle touristique de Perpignan, a permis l’intervention des professionnels Anne Alsina et Bruno Benavall, qui ont cité la force du master en Ingénierie touristique de l’Université de Perpignan et le besoin d’observer les « comportements des touristes consommateurs ».

Ces apports ont confirmé la ferme volonté d’évolution d’un secteur économique majeur à Perpignan.

 

Laurence Herlin et Romain Grau.

 

Vue de l’assistance, lors du forum sur le tourisme…