1913-2013 : QU’AVONS-NOUS MANQUÉ ?

Sous ci titre, le club de réflexion Perpignan 2020, présidé par Romain Grau (UDI-PR), conseiller municipal  de Perpignan et délégué communautaire PMCA, communique :

– « Il y a 100 ans, les Pyrénées-Orientales donnaient un candidat à l’élection présidentielle, Jules Pams. président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, député, sénateur, ministre de l’Agriculture, futur ministre de l’Intérieur et ami de Georges Clemenceau, ce radical de la Côte Vermeille battu par Raymond Poincaré démontrait la possibilité d’une présence départementale au plus haut niveau national. Une telle performance paraît impossible en 2013, au constat d’une profonde dégradation. Depuis un siècle, qu’avons-nous manqué ? Sans doute, la saignée des deux guerres, le départ des élites, l’attractivité des emplois d’Etat et la crise des vins ont joué un rôle majeur.

Aux yeux de l’Hexagone, notre territoire est devenu le « Sud », autrefois réservé à la carte d’Etat-Major, la Mission d’aménagement touristique Racine consacrant en 1961 un axe économique nouveau, conçu comme moyen de subsistance. Le Roussillon, au  soleil vanté sur la carte météo, a assisté à sa propre dévitalisation en succombant à la fatalité du farniente, transformant ses mentalités.

Pourtant, Edmond Bartissol introduisant l’électricité en 1898 à Perpignan, Salvi Pi fondant la société mondiale de poupées Bella en 1946, ou le formidable succès des chocolats Cantaloup–Catala, aujourd’hui Cemoi, premier fabricant français, ont signalé un extraordinaire bouillonnement.

Le lancement du Cinéma Castillet dès 1911, devenu le réseau de salles Ciné Movida répandu en France, le leadership des papiers à cigarettes JOB, devenus Republic Technologies, les 36 millions de bouteilles de Byrrh inondant le marché planétaire depuis Thuir en 1935 identifient cette dynamique, obtenue sans Internet ni lignes aériennes.

Qu’avons-nous manqué ? Dans les rangs politiques, la dernière lueur d’un président de Conseil général appartient à Léon-Jean Grégory, qui a su, de 1973 à 1982, donner une ambition nouvelle par la maîtrise de l’eau avec les barrages, ou la modernisation de l’arboriculture avec la pêche nectarine. Depuis, l’institution départementale produit des routes, du vent et de l’assistanat appelé « social », au mépris des acquis productifs du territoire.

Mais aujourd’hui, la nouvelle réussite du Roussillon est celle de la société Firebots, à Saint-Cyprien, en confiance directe avec Google, elle est celle du leader français du portail aluminium KSM, à Argelès-sur-mer. Elle est encore Ensto, qui imagine les villes intelligentes depuis Néfiach, elle est la brasserie Milles reconnue par le Japonais Suntory, les papiers médicaux Arjowiggins d’Amélie-les-bains et tant d’autres exemples, souvent discrets. L’envie économique se renouvelle dans la dépression générale, malgré un malicieux manque d’habitude au succès introduit au siècle dernier. A l’heure où l’Etat n’est que Communication, où l’Union européenne et la poussée internationale imposent des solutions territoriales, 1913, date si lointaine et si proche, accompagnée d’une puissante histoire économique, est un puissant repère. Source de confiance pour demain, elle appelle un retour de dignité économique et une volonté fédératrice, pour un siècle libéré des complexes provinciaux et de l’attente de solidarités extérieures qui ne viendront pas, dans une mondialisation qui ne date pas d’aujourd’hui ».

 
 

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