Pays Pyrénées Méditerranée* : cette structure de développement local, inspirée à l’origine des lois Voynet, et LOADDT, crée par Henri Sicre, ex député-maire socialiste de Céret, sur la 4e circonscription, voit le mandat de son actuel président Antoine André, arriver à sa fin…

 

Bref rappel historique : Henri Sicre qui était en 2008 président du Pays Pyrénées-Méditerranée (Pays PM) – par la carte président du Syndicat du Tech qui lui permettait de siéger au conseil de développement et donc d’y être éligible – s’était vu couper l’herbe sous les pieds, lorsque le jeune maire de Les Cluses, Alexandre Puignau, l’affronte et lui ravit la place en le battant sur le vote en 2008.

Francis Manent (PS), maire de Saint-André, profita alors de cette autoroute qui s’ouvrait, après la bataille du Syndicat du Tech, pour se présenter une fois le baron céretan déchu, et deviendra de facto président du Pays PM, avec le soutien et sous la tutelle de Pierre Aylagas (PS), alors maire d’Argelès-sur-Mer. Jean-Luc Pujol et Jean-Jacques Planes, qui ambitionnaient de ravir cet outil, rentraient toutefois dans le rang en acceptant de siéger comme vice-présidents de cette association.

Lors du mandat suivant, Francis Manent décidait de passer la main, c’est donc Antoine André, ancien sous-préfet de l’arrondissement de Céret (de juillet 2008 à août 2011), reconverti un temps en adjoint au maire de la commune vallespirienne Amélie-Les-Bains-Palalda, sous l’ère Alexandre Reynal (PS), qui réussira à obtenir un compromis et le soutien des vieux sages du territoire, René Olive (PS), maire de Thuir, et Pierre Aylagas pour obtenir le graal de la présidence du pays.

Apres avoir fait évoluer les statuts de cette association loi 1901, pour renforcer le poids des EPCI** (qui financent cette structure, avec le produit de nos impôts), et des conseillers départementaux, dans cet organe (cinquante membres y siègent tout de même), au détriment des communes et de la société civile, voilà que cette structure qui, au-delà de son Conseil de développement, est une structure supplémentaire dans le millefeuille territorial, va très prochainement renouveler son instance de gouvernance.

Mais alors qu’un nouveau souffle a chamboulé la gouvernance d’une grande partie des 226 communes du département des P-O (près d’un maire sue deux est « neuf »)… il semblerait qu’Antoine André souhaite remettre le couvert… au grand dam d’une nouvelle génération qui s’impatienterait pour prendre les commandes de ce Pays PM, lequel visiblement n’a pas la sérénité du Plat Pays (qui n’est pas le nôtre c’est aussi vrai) !

N’étant plus partie prenante dans le Collège des élus, c’est ailleurs que Antoine André devra chercher des appuis pour conserver sa place, si cela est réellement son envie comme le charrie la rumeur. En revanche, il pourra compter éventuellement sur le soutien du Collège des associations (15 membres). Peut-être l’association Charles-Flahaut, qui a joué ce rôle par le passé ? A voir.

Cette présidence, qui certes ne fait pas appel à une indemnité, mais qui permet de continuer à participer aux divers « catering » et à rester dans l’establishment local, a bien entendu une utilité. Mais celle-ci reste très fragile car sans statut juridique pérenne et, surtout : l’obligation de création d’un Conseil de développement sur la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-illiberis, présidée par le maire d’Argelès-sur-Mer, Antoine Parra (Divers Gauche), ainsi qu’une éventuelle fusion de communauté de communes sur le territoire concerné… pourraient sonner le glas de cet outil de développement… mais in fine, à y regarder de plus près, un outil plus politique qu’il n’y parait.

Ces pratiques, qui provoquent une kyrielle de gingivites parmi les citoyen.n.e.s, se font encore dans l’opacité, certes, elles seront vraisemblablement acceptées dans un clignement d’oeil par les présidents des communautés de communes concernées et le collège des élus (21 représentants) et, bien sûr, certainement validé par la gouvernance du Conseil Départemental. Nous n’en doutons pas.

Le Conseil Départemental qui avait réduit à portion congrue son soutien au Pays PM, pendant de nombreuses années par la passé, y verra – vous pariez combien ? – un intérêt tout autre avec une présidente, Hermeline Malherbe (PS), que l’on dit être en recherche de consolidation de son parachutage sur le canton de Thuir pour succéder à son mentor des Aspres, René Olive, himself. Sans parler naturellement de la présence de pas moins de six autres conseillers départementaux et de deux conseillers régionaux (tous à gauche)…

Ce Conseil de développement qui n’en aurait que le nom, ne devrait malheureusement pas permettre, cette fois-ci en tout cas, de voir éclore la société civile et les acteurs privés du territoire, comme cela aurait dû être son ambition… La messe est dite, avant l’Heure.

Le plus rigolo dans toutes ces successions (presque) automatiques, familiales (politiquement s’entend), c’est que pendant ce temps là, la droite départementale continue de penser qu’elle est sur le terrain… et qu’Antoine Parra, président de la plus importante communauté de communes du territoire, continu à rêver qu’il peut mener une fronde départementale victorieuse dès l’an prochain.

 

L.M.

 

*Pays Pyrénées-Méditerranée regroupe environ 110 000 habitants répartis dans 58 communes (et quatre EPCIFP). Son siège est à Céret.

**EPCI = Etablissement Public de Coopération Intercommunale.