Christophe Gavat, dimanche soir sur M6, face à la présentatrice Wendy Bouchard.

Dans le cadre de l’émission Zone interdite, diffusée hier soir sur M6 et consacrée aux affaires de flics ripoux, la présentatrice Wendy Bouchard recevait à la fin d’un reportage Christophe Gavat, l’un des six policiers tombés dans l’affaire Neyret, du nom de Michel Neyret, ancien directeur-adjoint à la Direction inter-régionale de la Police judiciaire de Lyon, mis en examen pour « association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, vols de scellés et vol en réunion ». Rien que ça !…

Pourtant, Christophe Gavat, 48 ans, malgré les lourdes présomptions qui pèsent sur lui, au lieu de se faire tout-petit, a choisi de pavoiser dans les médias pour assurer la promotion de son livre, « 96 heures », publié aux éditions Michalon, et dans lequel il raconte ses vingt-cinq années de métier.

Christophe Gavat fut le chef de la Police Judiciaire (PJ) à Perpignan et Grenoble.

Son passage dans le département des Pyrénées-Orientales a été un fiasco. Deux tristes affaires illustrent ce constat : à Saint-Cyprien (l’affaire Bouille du nom de Jacques Bouille ancien maire) et au Barcarès. Les méthodes employées dans ces deux cas par le commissaire Christophe Gavat sont sans aucun doute condamnables car elles salissent l’image de l’institution policière.

Celui, Christophe Gavat, qui déclare (alors qu’il est toujours au centre d’affaires qui sont en cours) dans les médias qui continuent de lui servir la soupe – « Etre arrêté, quand on a été celui qui arrête, c’est terrible »… – a détruit sur le sol roussillonnais des familles entières : dans les années 2000, il n’avait pas hésité à placer en garde à vue des gens innocents, en les affublant d’un pseudo-trafic de cocaïne… Le 18 mars 2010 (ce n’est donc pas si vieux), la Cour d’Appel de Montpellier a taclé avec une extrême sévérité les agissements de Christophe Gavat, en dénonçant son comportement professionnel : « les écoutes téléphoniques et des auditions ainsi que les perquisitions mises en œuvre par Christophe Gavat qui ne révèlent pas une quelconque  implication des personnes interpellées dans le réseau de vente de cocaïne. En conséquence et sans qu’il soit nécessaire d’examiner les autres moyens de nullité, il apparaît que le placement en garde à vue de ces personnes en exécution de la commission rogatoire du 28 novembre 2008 a été effectué en violation des dispositions légales précitées, ce qui porte nécessairement atteinte aux intérêts des personnes concernées. Les procès-verbaux établis dans le cadre de cette garde à vue attentatoire aux droits des intéressés doivent être annulés (…) ».

On peut s’étonner de l’attitude des médias qui reçoivent actuellement Christophe Gavat comme s’il était à l’affiche du prochain Festival de Cannes et qui oublient de rappeler les ravages commis par Christophe Gavat alors qu’il était en fonction dans les P-O ; ce même Christophe Gavat qui a déclaré sur M6 « J’ai été un cocu de la Police » (ses victimes apprécieront…).

Fort heureusement, hier soir, toujours sur M6, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, a recadré Christophe Gavat, en jugeant les dires de Christophe Gavat de « propos inacceptables. C’est inacceptable qu’on jette l’opprobre sur la police et les policiers (…), cela choque… ».

Christophe Gavat, le dimanche 28 avril 2013 en soirée, dans l’émission Zone interdite…