L’intervention ce mardi 12 février 2019 du député de la 2ème circonscription des P-O, Louis ALIOT (Rassemblement National), dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale :

 

« Monsieur Le Ministre, depuis quelques semaines déjà, la fronde gagne les écoles rurales : élus, enseignants et parents d’élèves protestent contre les nombreuses fermetures de classes prévues pour la rentrée 2019, afin de libérer des postes pour les dédoublements en zone d’éducation prioritaire.

« Les classes rurales sont les sacrifiées de la prochaine rentrée », s’indignent les parents d’élève de l’école d’Estagel dans les Pyrénées-Orientales.

Faute de moyens suffisants pour accompagner le dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire, mesure phare de votre ministère « ce sont les écoles rurales qui vont payer l’addition ».

Les Pyrénées-Orientales n’ont obtenu aucun poste. La carte scolaire s’établira à moyens constants. Les ouvertures compenseront les fermetures et les effectifs par classe augmenteront.

Il est très probable que l’on enlève des professeurs dans le milieu rural pour les affecter dans les zones prioritaires, entraînant ainsi une fragilisation supplémentaire du territoire. Cette accumulation de moyens au profit de certains quartiers est évidemment perçue comme une injustice flagrante par la France périphérique frappée par la paupérisation et le désengagement des pouvoirs publics.

L’école qui était pourtant une priorité du quinquennat devient une inquiétude pour beaucoup. Emmanuel Macron avait pourtant promis qu’il n’y aurait plus de fermetures de classes dans les écoles primaires des territoires les plus ruraux.

Dans les Pyrénées-Orientales, pas moins de 29 fermetures de classes sont ainsi prévues, et les acteurs de l’éducation vous accusent directement d’avoir déshabillé Pierre le rural pour habiller Paul le banlieusard.

Je crois de mon côté que le département des PO est une zone prioritaire trop longtemps oubliée des politiques de développement public. C’est ce sentiment d’abandon territorial que nous retrouvons aussi dans le mouvement des gilets jaunes.

Une classe qui ferme dans la ruralité, c’est un village qui souffre et une parcelle de vie locale qui disparait.

Que comptez-vous faire monsieur le Ministre pour rééquilibrer vos choix politiques qui impactent des territoires déjà lourdement pénalisés ? ».