Louis ALIOT (RN), député de la 2e circonscription des P-O, est intervenu hier lundi 18 novembre 2019, à l’Assemblée Nationale sur le projet de « Loi relatif à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique : Tout un programme ! »

« Projet de loi relatif à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique :
Tout un programme !

Le maire est, de très loin, l’élu le plus plébiscité par les Français. Ils sont ainsi près de 70% des français à répondre que le maire est l’élu qui répond le mieux à leurs préoccupations au quotidien. Une cité est la « communauté de la vie heureuse » disait Aristote.

 

Malheureusement, les maires souffrent et exercent une mission extrêmement difficile au service des Français. D’après les intentions actuelles, un maire sur deux déclare qu’il ne se représentera pas en 2020.
C’est pourtant dans la commune que réside la force des peuples libres disait Tocqueville. « Sans institutions communales, une nation peut se donner un Gouvernement libre, mais elle n’a pas l’esprit de la liberté » ajoutait-il.
Je me félicite donc que ce projet de loi tente de renforcer les pouvoirs du maire, ainsi que les moyens qui accompagnent ceux-ci dans leurs missions les plus difficiles. Un statut des élus serait à terme le bienvenu.
Néanmoins, je regrette que n’y figurent pas un certain nombre de mesures de bon sens que nous préconisons depuis de nombreuses années. Ainsi par exemple l’automatisation du référendum local pour les projets municipaux qui engagent une mairie sur plusieurs mandats pour des sommes importantes. Ce contrôle de l’utilisation des deniers de la commune par les administrés permettrait de consolider un peu plus la confiance avec la mairie et d’éviter certains gaspillages locaux.

Encore faut-il que l’État ne fasse pas n’importe quoi comme avec la fusion des régions qui a conduit par la région Occitanie à dépenser 1millards d’euros de plus que dans les gestions précédentes en aggravant les problèmes sans faire avancer les grands projets structurants tel que celui du TGV Perpignan/Montpellier.
Comment voulez-vous par exemple qu’une ville comme Perpignan puisse se développer en étant à cinq heures de LGV (Ligne à Grande Vitesse) de Paris ou desservie par une ligne aérienne qui ne semble pas être la préoccupation ni de la compagnie aérienne en situation de monopole ni de l’État. Il semble que le sud de la France, de Nîmes à Cerbère, échappe totalement au regard d’un État parisien dont la vision stratégique s’arrête aux portes du grand Paris. Mais le reste de la France ? Qui s’en occupe ?

Les communes sont la richesse de la grande maison France. Elles sont malheureusement en voie d’abandon pour les plus rurales d’entre-elles. Partout, les sous-préfectures et les petites préfectures de province sombrent. « La France perd ce qui a fait l’esprit de ces capitales provinciales historiques – denses centres urbains perdus dans la campagne où des juges jugeaient, où les préfets administraient et les citoyens avaient le choix entre une cinquantaine de variétés de fromages chez le crémier, comme dans les romans de Balzac » ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est un journaliste américain effrayé par ce déclin tout français.

C’est toute notre politique d’aménagement du territoire urbanisme qui doit être repensée. Le maire a un grand rôle à y jouer. Il ne doit pas se faire le complice de la désertification des centres de villes. Trop de grandes surfaces commerciales ont été autorisées au détriment des cœurs de villes et du petit commerce.
Pour exercer correctement ses missions, le maire doit aussi ne pas dépendre d’un contexte trop politisé. On le constate en Occitanie encore, les maires de Beaucaire et de Béziers sont trop souvent les victimes des fatwas politicardes et antirépublicaines de quelques potentats en fin de parcours, à commencer par l’arrogante présidente de la région socialiste Occitanie-Roussillon (NDLR, Carole DELGA – PS) qui ne cesse de pénaliser les maires qui s’opposent à sa folle politique.

Elle a d’ailleurs été, et c’est une première, condamnée par la cour d’appel de Nîmes pour discrimination fondée sur des opinions politiques.

En matière d’intercommunalité, il faudrait plus de démocratie en redonnant des prérogatives aux maires qui subissent un peu trop les oukases d’autres collectivités plus riches ou plus grandes. Il faut œuvrer au compromis plutôt qu’à la contrainte.

En matière de sécurité, le maire doit agir au maximum pour la sécurité de ses administrés. Première des libertés et condition sine qua non du bien vivre, la sécurité est l’ingrédient indispensable pour dynamiser une ville sur le plan économique, de même que la propreté. À Béziers, les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse grâce à quelques mesures de bon sens qui tranquillisent les investisseurs et les entreprises.

J’ai moi-même déposé une proposition de loi visant à étendre les pouvoirs de la police municipale, laquelle est un outil à la disposition du maire qui est de plus en plus obligée de pallier les carences de l’État. J’espère que le ministère de l’Intérieur ne profitera pas de la situation pour entretenir le cercle vicieux, se déchargeant sur les municipalités.

Pour restaurer le bien vivre dans les zones périphériques et rurales, il faut aussi des services publics de proximité. Le gouvernement fait l’inverse en démantelant les centres des finances publiques, en fermant des classes, en laissant les hôpitaux péricliter, ou en ne réglant pas le problème des zones blanches. Les chantiers sont donc colossaux, et les maires bien seuls pour gérer le quotidien. Sans parler des réseaux routiers secondaires dans un état de délabrement avancé ou le ferroviaire régional dans un état préoccupant et qui coute de plus en plus cher au contribuable.

Nous réaffirmons notre attachement au triptyque républicain : État, Département, Commune ! Retrouvons le sens de la république, retrouvons de la proximité entre les citoyens et les décideurs publics et nous retrouverons une démocratie plus riche et plus apaisée ».