Nous les avions pointés du doigt comme étant les 8 points chauds du département – hors Perpignan – entre les deux tours de ces élections municipales : la rédaction de Ouillade.eu ne s’est pas trompée !

A Saint-Laurent-de-la-Salanque, en pleine vague bleue au niveau national, le député-maire sortant UMP Fernand Siré est laminé au soir du second tour. Avec 1 794 voix (31,35% des suffrages exprimés), Fernand Siré arrive loin derrière son ex 1er adjoint, Alain Got (Sans Etiquette), qui rassemble sur son nom 2 346 voix (40,99%). Le duo Christian Llense/ Marie-José Amigou – avec à la manœuvre Alain Ferrand (UMP), maire du Barcarès et soutenu par Louis Aliot (FN) – échoue et ferme la marche de cette triangulaire avec 1 583 voix (27,66%).

A y regarder de plus près, les chiffres, qui sont toujours têtus, ne trompent pas : entre les deux tours, alors que la fusion des deux listes Ensemble pour l’Avenir (Marie-José Amigou) et Saint-Laurent Autrement (Christian Llense) constituaient une force potentielle de 1 885 voix, à l’arrivée au soir du second tour le compte n’y est pas : il manque plus de 300 voix ! Incontestablement, ce repli est lié en grande partie au soutien ouvertement exprimé par le maire du Barcarès, Alain Ferrand, qui se fichait comme de l’an Quarante de l’élection du tandem Llense/ Amigou, cherchant tout simplement à éliminer le docteur Fernand Siré & son ex 1er adjoint Alain Got sur fond de règlement de comptes personnel et de Haine. Quand il s’agit de tirer sur son propre camp, Alain Ferrand montre qu’il est encore le meilleur : il est un maire UMP qui a flingué hier un député-maire UMP sortant. Un point c’est tout !

Quand à Alain Got, malgré le flot des dégueulasseries versées sur lui, malgré les saloperies dont on a essayé de le ripoliner, il s’impose très haut la main, gagnant très exactement 663 voix entre les deux tours (à titre comparatif, Fernand Siré n’en a gagné « que » 274 pendant le même laps de temps). Alain Got a gagné cette bataille des élections municipales sur Saint-Laurent-de-la-Salanque, il l’a surtout amplement méritée. Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense.

A Elne, Nicolas Garcia (PCF) est battu à plate couture – 243 voix d’écart – par un illustre inconnu sur la scène politique départementale, Yves Barniol, mais lequel n’en demeure pas moins une personnalité locale estimée. Son élection, qui a déjoué tous les pronostics des plumitifs roussillonnais, en est la preuve. L’une des raisons de l’échec de Nicolas Garcia qui tentait de remporter là un troisième mandat est, paradoxalement, d’avoir nationalisé le débat électoral à Elne au détriment de problèmes locaux qui irritent nombre d’Illibériens. Le problème est que cet échec pourrait entraîner dès l’année prochaine, lors du renouvellement du Conseil général, la perte du canton aujourd’hui encore détenu par le socialiste Marcel Mateu… D’autant que c’est un secret de Polichinelle, les deux hommes de gauche se détestent aimablement.

A Pia, chapeau bas Monsieur Parès. Maire sortant classé à gauche, ce septuagénaire que l’on dit déjà octogénaire – ou vice-versa ? – s’est bel et bien imposé, hier soir, même si ce fut de peu, puisque avec seulement 61 voix d’avance sur son challenger-outsider, Michel Maffre (PS) – alors que 4 250 suffrages exprimés ont été comptabilisés – il est réélu. Sa personnalité certes, mais aussi et surtout son charisme et son implantation ont joué en sa faveur.

A Salses-le-Château, Jean-Jacques Lopez (PS), maire sortant, est réélu avec 973 voix (51,12% des suffrages exprimés) – contre 894 voix (47,88%) à son adversaire, Marie-Claude Conte-Grégoire. Au-delà de sa mairie, hier Jean-Jacques Lopez a certainement sauvé son, ou plutôt « un » canton dans l’escarcelle de la gauche départementale, grâce également à la victoire de son ami Guy Parès à Pia. Sachant, pour être précis sur ce dernier point, que dans la nouvelle carte départementale, qui devrait entrer en fonction dès 2015, la commune de Pia ne sera plus sur le même canton que Rivesaltes, puisque comme les communes de Claira et Peyrestortes elle rejoindrait Saint-Estève… tandis que tout le reste du canton de Rivesaltes fusionnerait avec les cantons de Latour-de-France, Saint-Paul-de-Fenouillet et Sournia (hors la commune de Montalba qui passerait sur le canton de Millas).