Le 25 septembre prochain, environ 1 200 grands électeurs des Pyrénées-Orientales, seront appelés aux urnes pour élire les deux sénateurs du département. Actuellement, les deux sénateurs, élus en 2001, appartiennent à la même famille politique : l’UMP. Ces deux sénateurs sont : Jean-Paul Alduy (né le 7 mai 1942 à Lyon), président de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA) et 1er adjoint de la Ville de Perpignan, candidat à sa propre succession ; et le docteur Paul Blanc (né le 29 janvier 1937 à Ille-sur-Têt), maire de Sournia, qui ne se représente pas.
A l’issue de ce scrutin du 25 septembre 2011, l’UMP pourrait ne plus avoir de sénateur dans les P-O, si Jean-Paul Alduy était réélu et si Christian Bourquin – président de la Région Languedoc-Roussillon et 4e vice-président du Conseil général des Pyrénées-Orientales – l’emportait. Le premier vient de quitter l’UMP pour rejoindre le parti radical de son ami Jean-Louis Borloo (le transfert devrait être effectif et officialisé au soir du 31 décembre 2011). Quand au second, il est un candidat « divers gauche », soutenu par les socialistes de la fédération catalane.
Bref, le seul et unique candidat investi par l’UMP est François Calvet, député-maire de Le Soler, vice-président de l’agglo PMCA, et qui forme pour cette élection un ticket avec un autre élu estampillé UMP, Jean-Pierre Roméro, maire de Port-Vendres.
Depuis quelques jours, tout l’état major départemental de l’UMP s’active pour faire voter massivement François Calvet, certains grands électeurs de la Majorité présidentielle particulièrement influents allant jusqu’à manifester leur préférence pour un vote « Calvet – Bourquin » plutôt que « Calvet – Alduy ». Ce devrait être notamment le cas sur la Côte Vermeille, dans les Albères, les Aspres, le Conflent, en Cerdagne-Capcir, en Salanque… Ces grands électeurs de droite n’apprécient plus du tout les sautes d’humeur « d’un Jean-Paul Alduy incontrôlable » et lui reprochent « des changements de cap politiques permanents » entre deux scrutins. Bref, à droite, le grand ménage a commencé…
De plus, explique-t-on dans certaines sphères locales de l’UMP, en votant « Calvet – Bourquin » , et en ne mettant donc pas tous les oeufs dans le même panier (aussi bien valable à droite qu’à gauche), les grands électeurs sont assurés de renouveler enfin le personnel politique départemental : en écartant Jean-Paul Alduy, ils ouvriraient une nouvelle ère à droite ; l’élection de François Calvet au Sénat libèrerait aussi un siège de député sur la 3ème circonscription (dont le maire du Soler est le député) et permet le renouveau à droite. En envoyant Christian Bourquin au Sénat, les grands électeurs déclencheraient de fait une succession – et non la moindre – au Conseil général des P-O, puisque à cause de la loi anti-cumul de mandats le patron de la Région devenu parlementaire ne pourrait plus siéger au Département.
C’est aussi simple que cela. Plus que jamais, les grands électeurs des P-O ont en mains le destin d’un territoire certes, mais aussi celui d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes motivés pour s’installer aux commandes…